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De graves incendies ont touchéla région de Knysna depuis le 7 juin. Les feux sont sous (…)
Les Emirats Arabes Unis ont annoncé lundi 5 juin la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar.

A ce titre, les autorités (…)
Déploiement de l’armée dans la ville de Darjeeling (Bengale occidental)

Le 8 juin 2017, de violentes manifestations ont éclaté dans la (…)
Situation sécuritaire / attaques terroristes à Téhéran (7 juin 2017)

Téhéran a été la cible de deux attaques (Parlement et Mausolée de l’Imam (…)
Daech est une organisation terroriste aujourd’hui implantée en Syrie et en Irak, qui cherche à exporter son système de terreur au-delà du Levant (Libye, Egypte, Afghanistan…). Issue de la branche irakienne d’Al-Qaida, elle s’est développée en Irak dès 2006 ; puis en Syrie, à la faveur du chaos généré par la répression continue du régime syrien depuis 2011.
La majorité des membres de Daech sont de nationalité irakienne et syrienne, mais de nombreux combattants sont également issus des populations d’Afrique du Nord, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Asie méridionale et du Caucase.
DAECH est l’acronyme, en langue arabe, de « Etat Islamique en Irak et au Levant » – mais ce groupe terroriste n’est pas un Etat (ce dont atteste notamment son absence de reconnaissance par la communauté internationale). Ses actions terroristes et barbares constituent par ailleurs un dévoiement de la religion dont il se prévaut, comme le rappellent les condamnations répétées émanant du monde musulman et des autorités religieuses reconnues en Afrique, au Moyen-Orient ou en Europe.
Daech exerce son autorité par l’emploi d’une extrême violence sur des territoires conquis par la force. Il survit pour l’essentiel grâce à divers trafics mafieux, en particulier la contrebande de pétrole et d’antiquités, et grâce à l’extorsion des populations locales. Le groupeterroriste tire aussi des revenus du trafic d’êtres humains ; il réduit en esclavage – notamment à des fins sexuelles – des femmes et des jeunes filles appartenant à des minorités. Enfin, Daech recrute de force de jeunes garçons pour devenir des enfants soldats.
Le groupe terroriste fait usage d’une propagande élaborée et met en avant le soutien de certaines tribus en Irak et en Syrie. En réalité, Daech ne fait qu’imposer ses vues à une population qui n’est pas extrémiste, mais reste dans des zones sous son contrôle à défaut d’alternative sûre : en Syrie, par crainte notamment des bombardements massifs du régime dans les régions tenues par l’opposition modérée ; en Irak, par crainte de représailles dans un contexte de tensions interconfessionnelles récurrentes.
Dans les faits, ses victimes les plus nombreuses sont les musulmans eux-mêmes (chiites et sunnites), à l’encontre desquels Daech pratique une politique de terreur qui n’épargne ni les femmes, ni les enfants. Les membres de minorités ethniques et religieuses font l’objet de persécutions systématiques.
De plus, Daech détruit délibérément le patrimoine mondial de l’Humanité, comme en témoignent ses actions criminelles dans les cités antiques de Palmyre, Nimroud et Hatra, ainsi que la destruction du musée de Mossoul.
Dans la rhétorique de Daech, l’Irak et la Syrie ne sont que le point de départ d’un « Califat » fondé sur une interprétation fondamentaliste de la religion et qui aurait vocation à s’étendre à l’ensemble du monde musulman, voire au-delà. D’où sa stratégie consistant à rechercher l’allégeance de groupes jihadistes en dehors du théâtre syro-irakien (Libye, Egypte, Algérie, Yémen, Nigéria, Caucase, Afghanistan, Pakistan…) et à présenter certains de ces groupes comme des « provinces du Califat ». Les faits invalident ce discours : Daech est contenu, voire recule en Syrie et en Irak, et ses « provinces » à l’étranger, dépourvues dans la plupart des cas de réelle emprise territoriale, s’apparentent à des groupes terroristes ordinaires.
Par ailleurs, Daech cherche à semer la terreur dans le monde entier par sa stratégie de communication mettant en scène ses exactions et ses menaces et par ses projets d’attentats (qu’ils soient commandités directement par l’organisation ou perpétrés de façon autonome par des individus radicalisés revendiquant un lien avec Daech).
Daech fait peser une triple menace :

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Signification du terme DAECH utilisé par les médias
Citation jediscequejepense a écrit:je m’appel Léo g 14 ans c peut-être jeune pour vous mais ce n est pas pour ça que je ne doit pas donner MON opinion;
Citation LeMask a écrit:Euh, wé bien sûr, c’est facile… DAECH veut dire « Dawla al islamiya fi al 3irak (irak) wa a’cham. » c’est à dire, l’état Islamique (EI) dans l’Iraq et la Syrie. Les djihadistes ne disent pas Iraq et Syrie, ils utilisent une carte différente où les états nations ne sont pas vraiment reconnus. Et ca correspond aux vieux noms de ces pays. Comme l’Iraq, qu’on appelle « bilad a rafidayn »,un clin d’oeil aux Tigre et à l’Euphrate (des lacs important) . Et Bilad a Sham, c’est la Syrie. …
Citation LeMask a écrit:Euh, wé bien sûr, c’est facile… DAECH veut dire « Dawla al islamiya fi al 3irak (irak) wa a’cham. » c’est à dire, l’état Islamique (EI) dans l’Iraq et la Syrie. Les djihadistes ne disent pas Iraq et Syrie, ils utilisent une carte différente où les états nations ne sont pas vraiment reconnus. Et ca correspond aux vieux noms de ces pays. Comme l’Iraq, qu’on appelle « bilad a rafidayn », un clin d’oeil aux Tigre et à l’Euphrate (des lacs important). Et Bilad a Sham, c’est la Syrie. Mais soyons plus précis. Bilad al sham, c’est pas juste la Syrie. C’est tout le Machrek, moins l’Irak. Donc, c’est… De tête… Le Liban, la Jordanie, la Syrie et la Palestine (évidemment). C’est donc la « grande Syrie ». Comme si je te disais le grand Maroc, en prenant l’Andalousie, une large partie de l’Algérie, et peut être une partie du Sénégal en passant par tout un tas d’autres pays qui ont rien demandé… Voilà. Et bien sûr, pour les autres, voici ma définition du Daech. Des brutes épaisses et sanguinaires, manipulées par l’Occident, et dignes représentants de l’Islam si on utilise la définition des pires ennemis de l’Islam. Et qui pensent qu’ils peuvent gagner des guerres avec des idiots suicidaires, incultes et sous kétamine… Et qui pensent qu’ils peuvent conquérir le monde en violant des petites filles de 14ans et en décapitant les familles qui refusent de les rejoindre et de laisser leurs garçons rejoindre leur rangs et leurs filles épouser leurs combattants…
Citation MusulmanGéo a écrit:Désolé, mais le Tigre et l’Euphrate ne sont pas des lacs mais deux fleuves dont le premier (Tigre) prend naissance en Turquie et fini en Irak en passant par les territoires kurdes et le 2ème (Euphrate), prend naissance en Turquie travers la Syrie et fini en Irak aussi.
Citation fifi_maroc a écrit:Bonjour ne voulant pas mourrir idiote, j’aimerai savoir ce que signifie le terme DAECH. Je sais qu’il est utilisé pour désigné l’Etat Islamique, mais j’ai appris qu’il était l’acronyme d’un nom arabe. Quelqu’un a t il la signification du mot ? est-ce un sigle ?
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Daechoudaeshen anglais est l’acronyme (sigle formé d’initiales) de “Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham” que l’on traduirait de l’arabe au français par “L’Etat islamique en Irak et au Levant” (en anglais, on parle d’ISIS).
Cette organisation militaire, politique et terroriste d’idéologie salafiste existe depuis 2006 et ce groupe djihadiste dissident d’al-Qaïda s’est auto-proclamé état islamique. Le 29 juin 2014, il a proclamé un Califat puis a pris le contrôle d’un territoire grand comme la moitié de la France situé à cheval sur la Syrie et l’Irak. Appeler communément état islamique, il n’a pas de frontières fixes et officielles et il a conquis son territoire par la force.
Depuis la prise de Mossoul, ville située au nord de l’Irak, le 6 juin 2014, Daech a récupéré près de 500 millions d’euros de cash dans les banques de la ville. De plus, l’organisation a fait main basse sur les puits de pétrole, des réserves de gaz naturel, de phosphate et de blé d’orge.  De plus, Daech est lourdement armé et est fort d’une véritable armée très entraînée. Les combattants utilisent des armes et des munitions fabriquées entre 1945 et 2014 dans 21 pays différents (Etats Unis, Chine et Russie/URSS) a analysé une étude publiée le 6 octobre par Conflict Armament Research (CAR), un groupe indépendant basé à Londres.
Depuis les terrifiants attentats de Paris qui ont coûté la vie à 130 personnes et fait 352 blessés, une coalition composée de la France et des Etats-Unis bombardent les sites des djihadistes basés en Syrie.

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Daechoudaeshen anglais est l’acronyme (sigle formé d’initiales) de “Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham” que l’on traduirait de l’arabe au français par “L’Etat islamique en Irak et au Levant”.
Cette organisation militaire, politique et terroriste d’idéologie salafiste existe depuis 2006 et ce groupe djihadiste dissident d’al-Qaïda s’est auto-proclamé état islamique. Le 29 juin 2014, il a proclamé un Califat puis a pris le contrôle d’un territoire grand comme la moitié de la France situé à cheval sur la Syrie et l’Irak. Appeler communément état islamique, il n’a pas de frontières fixes et officielles et il a conquis son territoire par la force.
Depuis la prise de Mossoul, ville située au nord de l’Irak, le 6 juin 2014, Daech a récupéré près de 500 millions d’euros de cash dans les banques de la ville. De plus, l’organisation a fait main basse sur les puits de pétrole, des réserves de gaz naturel, de phosphate et de blé d’orge.  De plus, Daech est lourdement armé et est fort d’une véritable armée très entraînée. Les combattants utilisent des armes et des munitions fabriquées entre 1945 et 2014 dans 21 pays différents (Etats Unis, Chine et Russie/URSS) a analysé une étude publiée le 6 octobre par Conflict Armament Research (CAR), un groupe indépendant basé à Londres.
Depuis les terrifiants attentats de Paris qui ont coûté la vie à 130 personnes et fait 352 blessés, une coalition composée de la France et des Etats-Unis bombardent les situations des djihadistes basées en Syrie.
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Le monde entier a été choqué par les attentats meurtriers perpétrés le 13 novembre en plein Paris et aux abords du stade de France à Saint Denis (Seine-Saint-Denis). Le lendemain,Daech (aussi écrit Daesh) revendiquait ces attaques sanglantes .
Pour comprendre ce que signifie Daech, il faut remonter en 2006, lorsque plusieurs groupes djihadistes se réunissent pour proclamer l’Etat Islamique d’Irak et revendiquent un État à part entière sur les terres qu’ils contrôlent. L’organisation étend peu à peu son emprise en Syrie et déclarela création de l’État Islamique en juin 2014sous la forme d’un califat.
La plupart des nations refuse alors de reconnaitre cet « État ». Pour marquer leur opposition, elles décident de ne pas utiliser le mot « État » pour désigner cette organisation. Il faut donc trouver une autre manière de la désigner.
Les occidentaux et la France en particulier se mettent alors à reprendre le terme Daesh. Un terme qui a initialement été utilisé dans le monde arabe et principalement par les opposants à l’État Islamique auto-proclamé.
Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, déclarait dès septembre 2014 : «  Le groupe terroriste dont il s’agit n’est pas un état.Il voudrait l’être, il ne l’est pas et c’est lui faire un cadeau que de l’appeler état. De la même façon, je recommande de ne pas utiliser l’expression État islamique car cela occasionne une confusion islam, islamisme, musulman.Il s’agit de ce que les arabes appellent Daech  »
Plusieurs sources indiquent que Daech est l’acronyme de « Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham ». Il s’agit du nom arabe de « l’État islamique en Irak et au levant ». Mais d’autres réfutent cette hypothèse.
Pour ces derniers, ce terme est un nom inventé de toute pièce. Il a été adopté par les opposants à l’organisation islamique pour sa connotation négative. Celle-ci sonne comme les mots arabes « Daes » – qui écrase avec son pied – ou « Dahes » – qui sème la discorde.
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Irak : ne dites plus « Etat islamique », dites « Daech »
PETIT ROBERT – Laurent Fabius et François Hollande refusent désormais de faire aux djihadistes qui sévissent en Irak et en Syrie le « cadeau » de l’appellation « Etat islamique ». On vous explique pourquoi, et ce que signifie l’acronyme qui la remplace.
2014-09-15T20:10:00.000Z Le service METRONEWS
« Dache » par-ci, « dache » par là… Mais quel est ce nouveau mot qui est apparu très récemment dans le vocabulaire de François Hollande ? Ce lundi encore, en ouverture
de la conférence à Paris
sur la paix et la sécurité en Irak, il l’a prononcé six fois. Eh bien c’est tout simplement « Daech », pour désigner le mouvement djihadiste d’Abou Bakr al-Baghdadi, qui a la prétention d’établir un califat islamique en Syrie, en Irak, et à terme bien au-delà.
Jusqu’à il y a encore peu, Daech était connu sous le nom d’ »Etatislamique ».C’est celui que s’est donné ce mouvement djihadiste en juindernier,au moment de la proclamation d’un « califat » sur les territoiresconquisen Syrie et en Irak. Auparavant, cette émanation d’Al-Qaïdas’était aussi fait appeler « Etat islamique en Irak et auLevant ». Maisc’était encore trop réducteur, au vu de ses ambitionsgéographiquesqui paraissent sans limites.
LIRE AUSSI
>> Renseignement, armement… Que fait la France en Irak ?

Reprenant d’abord cette appellation, les dirigeants occidentaux -comme les journalistes, d’ailleurs – ont fini par s’apercevoir qu’ilsvalidaient ce faisant l’idéologie des djihadistes. Un raisonnement qu’aexpliqué Laurent Fabius mercredi dernier à l’Assemblée : « Le groupeterroriste dont il s’agit n’est pas un Etat, il voudrait l’être mais nel’est pas, et c’est lui faire un cadeau que de l’appeler Etat. De lamême façon, je recommande de ne pas utiliser l’expression ‘Etatislamique’ car cela occasionne une confusion avec islam, islamisme,musulmans. » Et de proposer même, n’ayant pas de mots assez durs face auxexactions menées en Irak et en Syrie : « Les égorgeurs de Daech ! »
Outre-Atlantique, la réflexion a également eu lieu. Et Barack Obama estarrivé aux mêmes conclusions. Mercredi, le président américain a, commeFrançois Hollande, soigneusement évité dans son discours de parlerd’Etat islamique, utilisant uniquement « Isil », initiales en anglais d’“Etat islamique en Irak et au Levant”. « Ce groupe se fait appeler ‘Etatislamique’ mais il faut que deux choses soient claires :Isiln’est pasislamique. Aucune religion ne cautionne le meurtre d’innocents et lamajorité des victimes d’Isilsont des musulmans.Isiln’estcertainement pas un Etat. Il était auparavant la branche d’Al-Qaïda enIrak », a-t-il mis au point.

Alors, que signifie « Daech » ? Eh bien, c’est l’acronyme en arabe de « Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham »,c’est-à-dire… « l’Etat Islamique enIrak et au levant ». Le sens est exactement le même. Mais l’idéologie n’est plus affichée. Albert Camus ne disait-il pas que « mal nommer leschoses, c’est ajouter au malheur du monde » ?
« COVFEFE »: la célèbre faute de frappe de Donald Trump veut enfin dire quelque chose
États-Unis: Une proposition de loi « covfefe » pour archiver tous les tweets de Trump
États-Unis: deux fillettes meurent après avoir passé 15 heures dans une voiture
Russie: l’opposant Alexeï Navalny condamné à 30 jours de prison, 1 500 de ses supporters arrêtés
Irak, Syrie : comment nos forces spéciales traquent les djihadistes français qui tentent de rentrer
PARIS, LONDRES, TÉHÉRAN : LA PIEUVRE DAESH – Répondez à notre instantané du jour !
PARIS, LONDRES, TÉHÉRAN : LA PIEUVRE DAESH – Posez toutes vos questions à Yves Calvi et ses invités !
A trois ans et demi, il a vu ses parents être assasinés par un terroriste
Un élu américain a présenté une proposition de loi surnommée « covfefe », afin d’archiver les tweets du président…
Notre envoyée spéciale à Los Angeles a une petite surprise pour les gamers…

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Accueil>Moyen-Orient> Le mot du jour : que signifie l’acronyme « Daech » ?
Publié le3 juillet 2016dansMoyen-OrientetReste du monde .Fermé
Aujourd’hui, cela fait exactement 2 ans que l’organisation Etat islamique a auto-proclamé l’instauration d’un califat en Syrie et en Irak. L’occasion de faire le point sur l’origine de ce terme.
Les commentaires sont fermés pour l’instant.
Ce mardi soir, trois kamikazes se sont fait exploser à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, en Turquie, causant la mort de 41 personnes et blessant 239 autres. Tout porte à croire que l’organisation Etat islamique en est à l’origine, alors même qu’elle n’a toujours pas, comme à son habitude, revendiqué l’attentat terroriste par voie de presse. Mais au fait, que signifie cette appellation? Explications.
Le terme Daech est l’acronyme de l’expression « Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham », qui signifie « Etat islamique en Irak et au Levant » (EEIL). Il désigne le mouvement djihadiste d’Abou Bakr al-Baghdadi, qui prétend faire régner la loi de la charia dans tous les domaines de la société des Etats qu’il compte conquérir. Au départ, cette organisation politique terroriste, émanation d’Al Qaïda, se faisait effectivement appeler  »Etat islamique en Irak et au Levant ». Elle a supprimé de son langage les deux localités pour accroître l’idée de pouvoir qui allait bien au-delà de ces frontières.
Deux termes qui veulent dire la même chose
Un réel débat sémantique s’est donc instauré entre les dirigeants occidentaux qui réfutent cette appellation, car elle accrédite la thèse selon laquelle l’organisation a atteint le statut d’Etat. Or, les frontières de son étendue géographique ne sont ni définies, ni officielles par rapport aux organisations internationales. Le glissement s’est donc opéré dans les discours officiels des chefs d’Etat, qui ont peu à peu remplacé ce terme par « Daech ».
A ce sujet, Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, précisait en 2014 à l’Assemblée nationale: « Je recommande de ne pas utiliser l’expression Etat islamique car cela occasionne une confusion avec islam, islamisme, musulmans ». Pourtant, les deux expressions (« EEIL » et « Daech ») veulent dire strictement la même chose.
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DAECH est l’acronyme, en langue arabe, de « Etat Islamique en Irak et au Levant » – mais ce groupe terroriste n’est pas un Etat (ce dont atteste notamment son absence de reconnaissance par la communauté internationale). Ses actions terroristes et barbares constituent par ailleurs un dévoiement de la religion dont il se prévaut, comme le rappellent les condamnations répétées émanant du monde musulman et des autorités religieuses reconnues en Afrique, au Moyen-Orient ou en Europe.
Daech exerce son autorité par l’emploi d’une extrême violence sur des territoires conquis par la force. Il survit pour l’essentiel grâce à divers trafics mafieux, en particulier la contrebande de pétrole et d’antiquités, et grâce à l’extorsion des populations locales. Le groupeterroriste tire aussi des revenus du trafic d’êtres humains ; il réduit en esclavage – notamment à des fins sexuelles – des femmes et des jeunes filles appartenant à des minorités. Enfin, Daech recrute de force de jeunes garçons pour devenir des enfants soldats.
Le groupe terroriste fait usage d’une propagande élaborée et met en avant le soutien de certaines tribus en Irak et en Syrie. En réalité, Daech ne fait qu’imposer ses vues à une population qui n’est pas extrémiste, mais reste dans des zones sous son contrôle à défaut d’alternative sûre : en Syrie, par crainte notamment des bombardements massifs du régime dans les régions tenues par l’opposition modérée ; en Irak, par crainte de représailles dans un contexte de tensions interconfessionnelles récurrentes.
Dans les faits, ses victimes les plus nombreuses sont les musulmans eux-mêmes (chiites et sunnites), à l’encontre desquels Daech pratique une politique de terreur qui n’épargne ni les femmes, ni les enfants. Les membres de minorités ethniques et religieuses font l’objet de persécutions systématiques.
De plus, Daech détruit délibérément le patrimoine mondial de l’Humanité, comme en témoignent ses actions criminelles dans les cités antiques de Palmyre, Nimroud et Hatra, ainsi que la destruction du musée de Mossoul.
Dans la rhétorique de Daech, l’Irak et la Syrie ne sont que le point de départ d’un « Califat » fondé sur une interprétation fondamentaliste de la religion et qui aurait vocation à s’étendre à l’ensemble du monde musulman, voire au-delà. D’où sa stratégie consistant à rechercher l’allégeance de groupes jihadistes en dehors du théâtre syro-irakien (Libye, Egypte, Algérie, Yémen, Nigéria, Caucase, Afghanistan, Pakistan…) et à présenter certains de ces groupes comme des « provinces du Califat ». Les faits invalident ce discours : Daech est contenu, voire recule en Syrie et en Irak, et ses « provinces » à l’étranger, dépourvues dans la plupart des cas de réelle emprise territoriale, s’apparentent à des groupes terroristes ordinaires.
Par ailleurs, Daech cherche à semer la terreur dans le monde entier par sa stratégie de communication mettant en scène ses exactions et ses menaces et par ses projets d’attentats (qu’ils soient commandités directement par l’organisation ou perpétrés de façon autonome par des individus radicalisés revendiquant un lien avec Daech).
Daech fait peser une triple menace :

que veut dire daech
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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que veut dire daech

https://www.yabiladi.com/forum/signification-terme-daech-utilise…

DAECH veut dire « Dawla al islamiya fi al 3irak (irak) wa a’cham. » … Les monarchies arabes du CCG se déchirent, que fera le Maroc ? Charte à respecter. Sujet :

https://que-signifie.org/actualite/que-signifie-daech-daesh

Que veut dire Daech (ou Daesh) ? Synonyme de l’État Islamique, que signifie vraiment Daech ? … Il s’agit de ce que les arabes appellent Daech …
www.larousse.fr/dictionnaires/francais-arabe/dire
que veut dire ce mot en arabe ? ماذا تَعْني هَذِهِ الكَلِمةُ في …
www.programme-tv.net/news/buzz/74977-que-veut-dire-daech-daesh
Daech ou daesh en anglais est l’acronyme (sigle formé d’initiales) de “Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham” que l’on traduirait de l’arabe au français par …
laosophie.over-blog.com/2015/03/daech-a-ete-cree-par-la-cia-pour…
… leur allégeance à la CIA Que signifie « Daech … veut dire « l’Etat … à la CIA Que signifie « Daech», son acronyme d’abord en arabe est de …

que veut dire daech
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Cet article concerne l’organisation djihadiste. Pour le régime politique, voirÉtat islamique .
Article détaillé :Bataille de Tikrit .
Article principal :Guerre civile syrienne .
Situation actuelle
( carte détaillée )

      Territoire contrôlé par les loyalistes.
      Territoire contrôlé par lesHouthiset les pro- Saleh .
      Territoire contrôlé par les djihadistes d’ AQPAet d’Ansar al-Charia
      Territoire contrôlé par les djihadistes de l’État islamique au Yémen

↑ SelonMathieu Guidère ,linguisteet spécialiste duProche-Orient , leLevantdésigne laSyrieet leLibandurant l’ occupation coloniale françaiseet dénote une visionethnocentriste .
↑ Voir par exemple cette carte de mai 2015«  En carte : l’avancée de l’Etat islamique en Irak et en Syrie  » , surLeMonde.fr ,22 mai 2015 (consulté le10 août 2015 )

« Les djihadistes du groupe État islamique ont mis en ligne mardi une vidéo de l’exécution du pilote jordanien qui était retenu en otage. Les autorités jordaniennes ont confirmé le décès de leur ressortissant. »
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L’ État islamique(en arabeالدولة الإسلامية ,ad-dawla al-islāmiyya ), abrégé enEI , est une organisationterroriste , militaire et politique, d’idéologiesalafiste djihadiste , qui a proclamé le29 juin 2014l’instauration d’uncalifatsurles territoiresqu’il contrôle. Depuis2014 , il est considéré comme unproto-Étatde typetotalitaire . Son essor est notamment lié aux déstabilisations géopolitiques causées par les guerresen Irakpuisen Syrie .
Sa création remonte à2006 , lorsqu’ Al-Qaïda en Irakforme avec cinq autres groupes djihadistes leConseil consultatif des moudjahidines en Irak . Le13 octobre 2006 , le Conseil consultatif proclame l’ État islamique d’Irak(en abrégéEII  ; en arabeالدولة العراق الإسلامية ,ad-dawla al-ʿirāq al-islāmiyya ), lequel se considère à partir de cette date comme le véritableÉtatirakien.
En2012 , l’EII commence à s’étendre enSyrieet le9 avril 2013 , il devient l’ État islamique en Irak et auLevant( EIIL ) (en arabeالدولة الاسلامية في العراق والشام ,ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām , littéralement « État islamique en Irak et dans leCham  »), en anglaisISIS( Islamic State of Iraq and Sham ), parfois désigné par l’acronyme arabeDaech(en arabeداعش ,Dāʿiš [ ˈ d a ː ʕ i ʃ  ] , en anglaisDaesh ) utilisé par ses opposants.
Le29 juin 2014 , l’EIIL annonce le rétablissement du califat sous le nom d’ État islamiquedans lesterritoires sous son contrôleetAbou Bakr al-Baghdadise proclamecalife , successeur deMahomet , sous le nom d’ Ibrahim . Désormais rival d’ Al-Qaïda , avec qui il est en conflit depuisjanvier 2014 , l’État islamique voit son influence s’étendre à plusieurs pays dumonde musulmanavec l’ allégeance de nombreux groupes djihadistes  ; les plus importants étantBoko HaramauNigeria ,Ansar Bait al-Maqdisdans leSinaï égyptienet leMajilis Choura Chabab al-IslamenLibye . Il apparait également enAfghanistanoù il tente de supplanter lestalibans . À partir de2015 , l’État islamique mène des attentats jusqu’enEuropeet enAmérique du Nord .
En Irak et en Syrie, l’État islamique atteint son expansion territoriale maximale en2014avec la prise de nombreuses villes commeFalloujah ,Raqqa ,Manbij ,Boukamal ,Mossoul ,Tall Afar ,Al-Qaim ,Tikrit ,HitetRamadi . À partir de2015 , avec une première défaite symbolique àKobané , l’EI commence à perdre une partie de ses conquêtes sous la pression de ses nombreux adversaires : les forces armées des gouvernements de l’Irak et de la Syrie, les rebelles syriens, les milices chiites parrainées par l’ Iran , lespeshmergasduGRK , les groupes kurdes desYPGet duPKKet diverses autres milices. Depuisaoût 2014 , unecoalition internationalede vingt-deux pays menée par lesÉtats-Unisa entamé unecampagne de frappes aériennescontre l’EI. LaRussieestintervenueà son tour en Syrie enseptembre 2015 .
L’État islamique est classé comme organisationterroristepar de nombreux États et est accusé par lesNations unies , laLigue arabe , lesÉtats-Uniset l’ Union européenned’être responsable decrimes de guerre , decrimes contre l’humanité , denettoyage ethniqueet degénocide . Il pratique également ladestruction de vestiges archéologiquesmillénaires dans les territoires qu’il contrôle.
Selon le quotidien britanniqueThe Guardian , citant une source anonyme, c’est derrière les murs de la prison américaine deCamp Buccasituée dans la ville de Garma, perdue dans le désert irakien, que les futurs leaders de l’organisation ont ébauché leur réseau à partir de 2004, en inscrivant les coordonnées de leurs codétenus sur l’élastique de leurs boxers aux fins de reprise de contact à leur sortie de prison en 2009 [ 28 ] , [ 29 ] , [ 30 ] . Richard Barret, spécialiste du contre-terrorisme, analyse que l’enfermement favorisant la radicalisation, de hauts gradés baasistes de l’armée deSaddam Husseinse sont retrouvés aux côtés de terroristes chevronnés d’ Al-Qaïdaet les deux groupes, s’ils ont des méthodes différentes, se sont découvert une communauté d’intérêt et se sont échangé leurs compétences [ 31 ] .
L’État islamique d’Irak est créé le13 octobre 2006 [ 32 ] , [ 33 ]par leConseil consultatif des Moudjahidines en Irak(une alliance de groupes armés djihadistes dont fait partieAl-Qaïda en Irak ) et cinq autres groupes djihadistes irakiens [ 34 ] , avec une trentaine de tribus sunnites représentant environ 70 % de la population de la province d’ al-Anbar(ouest de l’Irak) [ 35 ] .
Progressivement, la branche irakienne d’Al-Qaïda est absorbée dans l’État islamique ; son chef,Abou Hamza al-Mouhajer , prête d’ailleurs serment d’allégeance àAbou Omar al-Baghdadi , émir de l’État islamique d’Irak. En2007 ,Ayman al-Zaouahiriannonce qu’ « Al-Qaïda en Irak n’existe plus » . Les combattants de ce mouvement ont rejoint pour la plupart l’État islamique d’Irak [ 36 ] , [ 37 ] .
Le9 avril 2013 , l’EII devient l’État islamique en Irak et auLevant(EIIL) ou État islamique en Irak etal-Sham(EIIS) [ 38 ] , [ note 1 ](arabe :الدولة الاسلامية في العراق والشام , « ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām ») [ 39 ] , parfois désigné par l’ acronymeanglais ISIS [ 40 ] , [ 41 ]ou par l’acronyme arabe Daech / Daesh ( داعش ), principalement par les opposants à l’EI [ 42 ] , [ 43 ] , [ 44 ] , [ 45 ] .
Les relations entre l’État islamique etAl-Qaïda , dirigé depuis la mort d’ Oussama ben LadenparAyman al-Zawahiri , ont évolué depuis la création de l’organisation en 2006. Initialement liés, les deux mouvements sont devenus rivaux.
Le9 avril 2013 ,Abou Bakr al-Baghdadidéclare que leFront al-Nosraest une branche de l’État islamique d’Irak enSyrieet annonce la fusion de l’EII et du Front al-Nosra pour former l’État islamique en Irak et auLevant(EIIL). Cependant, le chef d’al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani, bien qu’il reconnaisse avoir combattu enIraksous les ordres d’al-Baghdadi puis avoir bénéficié de son aide en Syrie, ne répond pas favorablement à l’appel de celui-ci et renouvelle son allégeance à Ayman al-Zawahiri, émir d’Al-Qaïda [ 36 ] .
Enjuin 2013et ennovembre 2013 , Ayman al-Zawahiri demande à l’EIIL de renoncer à ses prétentions sur la Syrie, estimant qu’Abou Bakr al-Baghdadi« a fait une erreur en établissant l’EIIL »sans lui en avoir demandé la permission ni même l’avoir informé. Il annonce que« l’État islamique en Irak et en Syrie va être supprimé, alors que l’État islamique en Irak reste opérationnel » . Pour al-Zawahiri, le Front al-Nosra demeure la seule branche d’Al-Qaïda en Syrie [ 46 ] .
À son tour, al-Baghdadi rejette les déclarations d’al-Zawahiri [ 36 ] . En réalité, l’EIIL se considère comme unÉtat indépendantet ne souhaite prêter aucune allégeance à Al-Qaïda, ni à aucune autre structure [ 37 ] .
D’autres divergences opposent Al-Qaïda et l’EIIL : les premiers considèrent que ledjihaddoit être mené prioritairement contre lesÉtats-Unis ,Israël , lespays occidentauxet leurs alliés régionaux, alors que de son côté, depuis le départ des Américains d’Irak, l’EIIL considère que l’ennemi principal est désormais l’ Iranet leschiites [ 36 ] .
En2014 , Al-Qaïda et l’EIIL entrent en conflit direct. Le6 janvier , lesrebelles syriensse révoltent contre l’EIIL, et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, prend part à l’offensive, principalement àRaqqa .Abou Mohammed al-Joulani , le chef d’al-Nosra, estime que l’EIIL a une forte responsabilité dans le déclenchement du conflit mais appelle à uncessez-le-feu [ 47 ] . Cependant, le 11 ou le 12 janvier, à Raqqa, l’EIIL exécute99 prisonniersmembres du Front al-Nosra et d’ Ahrar al-Shamselon l’ OSDH [ 48 ] , [ 49 ] .
Le2 février 2014 , Al-Qaïda publie un communiqué dans lequel il condamne les actions de l’EIIL et confirme que ce mouvement« n’est pas une branche d’Al-Qaïda, n’a aucun lien organisationnel »avec eux et qu’il« n’est pas responsable de ses actions » [ 50 ] .
Le4 avril 2014 , Ayman al-Zaouahiri appelle à un« arbitrage indépendant en vertu de laloi islamique  »afin de mettre fin aux combats qui opposent en Syrie l’État islamique en Irak au Levant et le Front al-Nosra. SelonRomain Caillet , chercheur à l’ Institut français du Proche-Orientet spécialiste de la mouvance salafiste, le projet soutenu par al-Zaouahiri aurait pour conséquence de former une seule instance juridique, placée au-dessus de toutes les autres. L’autorité de l’EIIL, sur les territoires qu’il contrôle, serait alors dissoute. C’est la principale raison pour laquelle l’EIIL, qui se voit comme un véritable État, refuse cette solution et préfère celle dite des «  tribunauxconjoints », où le jury serait composé pour moitié de membres de l’EIIL et pour l’autre de la brigade plaignante [ 51 ] .
Le2 mai 2014 , Ayman al-Zaouahiri donne l’ordre au Front al-Nosra de cesser de combattre d’autres groupes djihadistes et de« se consacrer au combat contre les ennemis de l’islam, en l’occurrence les baasistes, les chiites et leurs alliés » . Il appelle également Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EIIL à se concentrer sur l’Irak [ 52 ] . Ces instructions ne sont pas suivies : à cette même période, labataille d’Al-Busayrahs’engage entre Al-Nosra et l’EIIL, près deDeir ez-Zor [ 53 ] .
Le12 mai ,Abou Mohammed al-Adnani , chef de l’EIIL en Syrie, qualifie les messages de Ayman al-Zaouahiri de« déraisonnables, irréalistes et illégitimes » . Il déclare à ce dernier dans un enregistrement :« Vous avez provoqué la tristesse des moudjahidines et l’exultation de leur ennemi en soutenant le traître (Abou Mohammad al-Joulani, chef d’al-Nosra). Le cheikh Oussama (c’est-à-dire :Oussama ben Laden , ancien chef d’Al-Qaïda) avait rassemblé tous les moudjahidines avec une seule parole, mais vous les avez divisés et déchirés. […] Vous êtes à l’origine de la querelle, vous devez y mettre fin [ 54 ] . »
Le29 juin 2014 , premier jour duramadan , l’État islamique en Irak et au Levant annonce l’établissement d’un califat sur les territoires syriens et irakiens qu’il contrôle. L’émirAbou Bakr al-Baghdadiest proclamé calife sous le nom d’ Ibrahimet l’organisation prend le nom d’État islamique (EI) [ 55 ] . L’EI se revendique comme le successeur des précédents califats, le derniercalife ,Abdülmecid II , ayant été déposé en1924lorsque laGrande assemblée nationale de Turquieabolit leCalifat [ 56 ] .Abou Mohammed al-Adnani , porte-parole de l’EI, déclare qu’il est du « devoir » de tous les musulmans du monde de prêter allégeance au nouveau calife Ibrahim :« Musulmans (…) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l’Occident. Revenez à votre religion » [ 57 ] .
Selon Charles Lister, chercheur associé au Brookings Doha Centre :« D’un point de vue géographique, l’État islamique est déjà parfaitement opérationnel enIraket enSyrie . Il est en outre présent — mais caché — dans le sud de la Turquie, semble avoir établi une présence auLiban , et a des partisans enJordanie , àGaza , dans leSinaï , enIndonésie ,Arabie saouditeet ailleurs » [ 57 ] . Pour Shashank Joshi, duRoyal United Services Instituteà Londres, la proclamation du califat« ne change rien matériellement » , mais« ce qui change réellement c’est (…) l’ambition »de l’État islamique, qui montre sa confiance dans sa force et défie Al-Qaïda [ 57 ] .
Par cette proclamation l’EI tient à montrer sa puissance et menace le pouvoir d’Al-Qaïda sur les mouvements armés djihadistes salafistes. Pour Charles Lister :« Tous les groupes liés à Al-Qaïda et les mouvements djihadistes indépendants vont devoir décider s’ils soutiennent l’État islamique ou s’ils s’opposent à lui » [ 58 ] . Dans un communiqué, l’EI ordonne à Al-Qaïda et aux groupes armés islamistes de se soumettre à son autorité [ 56 ] . Plus généralement, l’EI déclare qu’Abou Bakr al-Baghdadi est devenu le « chef des musulmans partout » dans le monde [ 59 ] .
SelonHenry Laurens , historien du monde arabe auCollège de France , ce califat est de l’ordre de l’ « invention de la tradition »au sens où il« est aussi imaginaire que la façon dont Hollywood représente le Moyen Âge […] on est en plein imaginaire de seconde zone […] puisque ça n’a rien à voir avec la réalité historique du califat » [ 60 ] .
Le 8 août 2014, lesÉtats-Unisinterviennent à nouveau en Irak en engageant leurs forces aériennes contre l’EI dans leKurdistan irakien [ 61 ] . À partir de septembre, laFrance , leRoyaume-Uni , leCanada , l’ Australie , lesPays-Bas , leDanemark , laBelgique , leMarocet l’ Italieengagent leurs aviations et des forces spéciales en Irak.
La nuit du 22 au 23 septembre, soit quelques semaines après les premières frappes en Irak, les forces aériennesaméricaines , de l’ Arabie saoudite , de laJordaniedesÉmirats arabes unis , duQataret deBahreïncommencent en urgence une campagne de bombardements contre l’État islamique en Syrie [ 62 ] .
Par la suite, la Russie a dit vouloir monter une coalition contre Daech. Toutefois les États parties prenantes ont des intérêts divergents, notamment sur des points politiques tel que le départ de Bachar al-Assad.
À la suite desattentats de Paris du 13 novembre 2015mais aussi deBeyrouthet d’autres, leConseil de sécurité de l’ONUadopte à l’unanimité le 20 novembre une résolution proposée par la France dans laquelle il appelle tous les États qui le peuvent à lutter contre Daech (EIIL). Par cette résolution, le Conseil demande aux « États qui ont la capacité de le faire » de mettre un terme aux actes de terrorisme commis par Daech,Front al-NosraetAl-Qaïdaet d’éliminer le sanctuaire qu’ils ont créé ». Il invite les États « intensifier leurs efforts pour endiguer le flux de combattants terroristes étrangers qui se rendent en Iraq et en Syrie et empêcher et éliminer le financement du terrorisme » [ 63 ] .
Dès2014 , l’État islamique (EI ouDaesh ) appelle tous les autres mouvements djihadistes à lui prêter allégeance. L’EIIL fait aussi de la grande ville deMossoul , à l’est de l’Irak, une sorte de capitalereligieuse et intellectuelle [réf. nécessaire]alors que la ville deRaqqa(chef-lieu de province dans le centre de la Syrie) devient sa capitale politique et militaire implantée au sein des territoires syriens nouvellement conquis [ 64 ] .
Selon le géographe Patrick Poncet, il ne convient de représenter la cartographie de Daesh« ni comme une grande zone uniforme entre Syrie et Irak, ni par un territoire formé de provinces » . Cet espace ressemble davantage à la représentation qu’en fait le journalLe Monde [ note 2 ]  : un« écheveau ténu de traits réunissant un petit nombre de bourgades aux confins de la Syrie et de l’Irak » , comme un« rhizome, c’est-à-dire le tout début de la territorialisation d’un réseau, car c’est bien là qu’est l’enjeu spatial de ce qui se joue dans cette zone de la planète : le réseau des terroristes du Moyen-Orient peut-il muter et se transformer en un territoire ? » [ 65 ] .
Pour contrer les offensives kurdes et les bombardements occidentaux, les djihadistes de l’État islamique se redéploient périodiquement. Ils laissent la gestion administrative et policière des villes et villages conquis à des personnalités localessunniteset à des administrateurs civils formés et compétents. Les militaires djihadistes nomadisent aux frontières d’un territoire conquis étendu à son maximum à la taille duRoyaume-Uni(soit environ 40 % de l’Irak, pour170 000km 2 , et 33 % de la Syrie, pour60 000km 2 ). Leurs camps d’entraînement se déplacent sans cesse. Ils ont aussi évacué et éparpillé les dépôts d’armes de certaines de leurs bases militaires, notamment de la province d’ Idleb(nord-ouest de la Syrie), selon l’ OSDH [ 66 ] . Se déplaçant par petits groupes d’un front vers un autre, selon les besoins, les combattants de Front islamique sont ainsi difficiles à repérer et à cibler.
L’État islamique cesse son expansion enIraket enSyriepour connaître une phase de recul à partir de l’année2015 . Selon l’IHS Conflict Monitor, de janvier 2015 à mars 2016, l’EI perd 22 % de son territoire dans ces deux pays [ 67 ] . Dans une étude publiée le19 janvier 2017 , le cabinet d’analyse britanniqueIHS Markitestime qu’en deux ans, l’État islamique à perdu un tiers de son territoire passant d’environ91 000km 2à60 000km 2 [ 68 ] .
SelonThe New York Timesqui se base sur la Global Terrorism Database, de2004à2013 , l’État islamique aurait commis 1 452 attentats en Irak, dont 51 en2004 , 58 en2005 , 5 en2006 , 56 en2007 , 62 en2008 , 78 en2009 , 86 en2010 , 34 en2011 , 603 en2012et 419 en2013 [ 69 ] .
Jusqu’en2011 , l’ambition de l’État islamique d’Irak provoque toutefois des tensions et des affrontements avec d’autres groupes armés rebelles comme lesBrigades de la révolution de 1920 , Ansar al-Sunnah, ou l’ Armée islamique en Irak [ 70 ] . Un bref cessez-le-feu annoncé enjuin 2007avec l’Armée islamique en Irak s’est ainsi dissout à la suite d’affrontements dans la région deSamarra( 125kmaunorddeBagdad ) enoctobreetnovembre 2007 [ 71 ] . En2007 , plusieurs dirigeants de l’Armée islamique se seraient même alliés avec lePentagone , pour contrer l’influence de l’État islamique d’Irak [ 72 ] . Mais ce sont surtout lesSahwa , des milices sunnites formées fin 2006, constituées en grande partie d’anciens insurgés et financées par lesÉtats-Uniset l’ Arabie saoudite , qui contribuent à marginaliser l’État islamique d’Irak et à instaurer à partir de 2009 une relative accalmie en Irak, surtout dans laprovince d’Al-Anbarqui était la région où l’insurrection sunnite était la plus forte et où les violences baissent le plus sensiblement [ 73 ] , [ 74 ] , [ 75 ] .
Le18 avril 2010 ,Abou Omar al-Baghdadiémir de l’ État islamique en Irak , est tué par les forces américaines et irakiennes, ainsi queAbou Hamza al-Mouhajer , ancien chef d’ Al-Qaïdaen Irak devenu ministre de la guerre de l’État islamique. Le16 mai 2010 , l’émirAbou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashiprend la tête de cette organisation [ 36 ] , [ 76 ] .
Pour la période entrenovembre 2012etnovembre 2013 , l’État islamique (EIIL) publiera le31 mars 2014 , un rapport de 400 pages sur ses opérations en Irak : il y revendique notamment1 083 assassinats , 4 465 explosions d’engins piégés, huit villes conquises et plusieurs centaines de prisonniers délivrés [ 77 ] .
À fin2013 , la politique sectaire du premier ministre chiiteNouri al-Malikiprovoque peu à peu l’insurrection de tribus sunnites d’Irak (celles de laprovince d’Al-Anbaren premier) [ 78 ] . L’ État islamique en Irak et au Levantainsi soutenu militairement par des tribus sunnites peut accroitre sa progression territoriale en direction des régions pétrolières et même de la capitaleBagdad . Bon nombre de sunnites, exaspérés par les exactions commises par l’armée irakienne, accueillent les djihadistes de l’EI en libérateurs [ 79 ] .
Dès 2014, l’État islamique s’empare de plusieurs zones stratégiques en Irak dont le fief sunnite symbolique etmartyr de Falloujah [ 80 ]qui est conquis dès le 4 janvier. Suivront plusieurs zones telles qu’Al-Boubali, Garma, Khaldiyah etRamadi . Le 19 janvier,Abou Bakr al-Baghdadiappelle les insurgés à progresser au sud vers la capitaleBagdadet à avancer à l’est surMossoul [ 81 ] .
Le 9 juin 2014, Mossoul, ville de près de deux millions d’habitants est prise et contrôlée [ 82 ] . Dans la foulée, c’est ensuite la région deKirkouk , riche engisements pétroliersqui est directement menacée [ 83 ] . Selon le professeur de sciences politiquesAziz Jabr , cette progression rapide pourrait avoir été facilitée par l’infiltration de rebelles au sein des forces armées [ 84 ] . Une bonne partie des500 000 réfugiéscivils, ainsi que10 000 militairesirakiens, trouvent refuge auKurdistan irakien , dont le territoire est sous la garde des kurdesPeshmergas [ 85 ] , [ 86 ] .
Puis le 21 juin 2014, l’EIIL s’empare de l’ouest de la province deKirkouk , et du nord de la province deSalah ad-Din . Les insurgés prennent égalementAl-Qa’imet son poste-frontière. Le 23, c’estTall Afarqui tombe [ 87 ] , [ 88 ] .
L’éventualité d’une partition à terme de l’Irak est alors évoquée.Michael Hayden , directeur de laNSAde1999à2005 , puis de laCIAde2006à2009 , déclare ainsi le 30 juin 2014 :« Avec la conquête par les insurgés de la majeure partie du territoire sunnite, l’Irak a déjà pratiquement cessé d’exister. La partition est inévitable » [ 89 ] .Massoud Barzani , président de larégion autonome du Kurdistan irakien , envisage pour sa part de soumettre à référendum l’indépendance de la région [ 90 ] .
Au début du mois d’août, les djihadistes de l’État islamique avancent rapidement vers le nord-est irakien et occupent les provinces pétrolières et gazières deNinawa , deSalah ad-Dinet d’ Al-Anbar . Ils s’emparent ensuite deQaraqosh , la plus grande ville chrétienne d’Irak (à l’est de Mossoul). En urgence, le Conseil de sécurité de l’ ONUest alors mis en alerte par des pays occidentaux désireux de préserver d’urgence leurs intérêts économiques en matières premières et d’aider enfin deschrétiensirakiens (les chrétiens syriens n’avaient pas reçu d’aide un an plus tôt) [ 91 ] .
Le17 mai 2015 , et au terme de plus d’une année d’affrontements, l’EI conquiertRamadià quelques centaines de kilomètres deBagdad , malgré les bombardements aériens de la coalition anti-EI et la présence au sol de l’armée irakienne [ 92 ] . En mai, toujours, l’EI consolide son emprise sur la frontière entre la Syrie et l’Irak [ 93 ] .
La situation évolue quelque peu et l’EIIL perd du terrain en Irak. En raison des nombreuses frappes de la coalitions(près de3 244 frappesaériennes depuis août 2014) , aux milices chiites etaux Forces Irakiennes , l’EI a perdu près de 30% de terrain en Irak depuis son apogée en août 2014 et a notamment perdu, le 31 mars 2015,Tikrit , ville symbole puisque fief deSaddam Hussein [ 94 ] .
Le 12 novembre 2015, les peshmergas kurdes lancent une offensive [ 95 ]au nord de l’Irak et s’emparent deSinjar , coupant ainsi la route reliantMossoulau reste des territoires sous contrôle de l’EI. Le recul de l’EI sur le terrain militaire est confirmé le 28 décembre 2015 par la reprise de la ville deRamadi , chef-lieu de la province d’Al-Anbar, par l’armée irakienne.
En 2016, le porte-parole duPentagonePeter Cook estime que l’État Islamique a perdu 45 % des territoires qu’il contrôlait en Irak depuis sa grande offensive en 2014 [ 96 ] .
Le 22 mai, l’ armée irakiennelance l’offensive contreFalloujah  ; après plus d’un mois de combats et plusieurs milliers de morts, la ville est reprise le 26 juin [ 97 ] .
À partir de2013 , l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) intervient dans laguerre civile syrienne . De nombreux combattants d’ al-Nosraet la plupart des djihadistes étrangers rallient rapidement le mouvement [ 36 ]qui s’implante dans le centre-est du pays, en particulier àJerablusetRaqqa . Il disposerait à ses débuts en Syrie de 7 000 hommes [ 36 ] .
En Syrie, les forces de l’État islamique en Irak et au Levant sont commandées parAbou Mohammed al-Adnani [ 98 ] . Un autre chef important, l’Irakien Chaker Wahiyib al-Fahdaoui combat également en Syrie, sa présence étant révélée en août 2013 après la publication d’une vidéo où il exécute à visage découvert trois chauffeurs routiersalaouites [ 99 ] . Ennovembre 2013 , un combattant d’ Ahrar al-Shamaurait été décapité par des djihadistes de l’EIIL qui l’auraient pris pour unchiite . Le porte-parole du mouvement présentera ses excuses [ 100 ] .
Initialement, l’EIIL a rapidement joui d’une forte popularité, notamment en distribuant de l’aide alimentaire à la population et en organisant des milices policières chargées de l’ordre. Cependant l’EIIL se distingue aussi par sa violence et à plusieurs reprises, des soldats ennemis alaouites sont exécutés sur la place publique par les combattants djihadistes [ 98 ] . Plusieurs observateurs occidentaux considèrent l’EIIL comme plus extrémiste que le Front al-Nosra [ 37 ] . Mais surtout, plus que sa radicalité, les ambitions territoriales de l’EIIL lui attirent progressivement l’hostilité des occidentaux et des autres mouvements rebelles syriens:
Dans les premiers jours dejanvier 2014 , la mort de Hussein al-Suleiman, un médecin respecté, et d’un commandant d’ Ahrar al-Shamexécutés par l’EIIL, met le feu au poudre [ 101 ] , [ 102 ] . LeFront islamique , leFront al-Nosra , leFront révolutionnaire syrienet l’Armée des Moujahidines décident de lancer une offensive contre l’EIIL [ 103 ] , [ 104 ] , [ 37 ] .
La guerre est déclarée entre les rebelles et les djihadistes d’al-Baghdadi. Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole de l’EIIL, appelle ses hommes à anéantir les rebelles et déclare à ces derniers :« Aucun de vous ne survivra, et nous ferons de vous un exemple pour tous ceux qui pensent suivre le même chemin » . Le mouvement se considère désormais également en guerre contre leConseil national syrien  :« Chaque membre de cette entité est une cible légitime pour nous, à moins qu’il ne déclare publiquement son refus de […] combattre les moudjahidines » [ 105 ] .
Enfévrier 2014 , l’EIIL est repoussé temporairement dugouvernorat de Deir ez-Zorpar le Front Al-Nosra, le Front islamique et d’autres brigades rebelles unies [ 106 ] . L’EIIL reprendra l’ouest de la province au début du mois de mai [ 107 ] . Mais à la mi-mai, il lance une contre-offensive depuis legouvernorat de Raqqaavec3 000 hommeset reprend en juillet la quasi-totalité dugouvernorat de Deir ez-Zor [ 108 ] , [ 109 ] . Certaines tribus locales et une partie des rebelles islamistes changent d’allégeance et rallient l’État islamique [ 110 ] , notamment Abou Youssouf al-Masri, commandant du Front al-Nosra àAbou Kamal , qui le25 juin 2014fait défection et rallie l’EIIL avec ses hommes [ 111 ] . Outre l’est du pays, l’État islamique contrôle principalement la campagne orientale dugouvernorat d’Alep(au nord de la Syrie) [ 112 ] , et plus au sud, legouvernorat de Raqqaetcelui de Deir ez-Zor [ 113 ] , [ 114 ] , ainsi qu’une partie decelui d’Hassaké(nord-est du pays) [ 115 ] .
Seules à l’ouest de la ville de Deir ez-Zor, les forces loyalistes assadistes résistent et tiennent toujours la zone très stratégique de l’aéroport et de la base militaire de Deir ez-Zor (verrou protégeant le sud-ouest du pays) [ 116 ] .
La déclaration du califat du29 juin 2014est rejetée par les rebelles syriens duFront islamique(considérés comme une des branches modérées) et les djihadistes duFront al-Nosra(branche d’al-Qaïda) qui déclarent considérer cette proclamation« comme nulle et non avenue, légalement et logiquement » [ 117 ] .
Dèsjuillet 2014 , l’État islamique consolide ses annexions. Elle s’étend bientôt vers le sud en direction de lafrontière jordano-irakienneet vers le nord sur une partie duKurdistan syrien(en direction de lafrontière turque ) [ 118 ]Sur son front ouest, l’État islamique progresse également et bouscule les forces duFront islamiqueet s’empare des villes de Turkmen Bareh et d’Akhtarine en direction de la grande ville d’ Alep [ 119 ] .
Le 24 juillet, les djihadistes prennent d’assaut la base de la division-17 au nord deRaqqa . Les forces du régime assadiste perdent ainsi un de leurs derniers bastions dans legouvernorat de Raqqa [ 120 ] .
Un mois plus tard, le 24 août, la base aérienne de Tabqa (province de Raqqa) est à son tour prise d’assaut par les djihadistes au terme d’une bataille particulièrement violente [ 121 ] , [ 122 ] .
Le16 septembre 2014 , lesdjihadistesde l’État islamique lancent une grande offensive dans le nord syrien, en direction de la frontière turquo-syrienne. La ville deKobané(Aïn al-Arab) est défendue par les forces kurdes desYPGqui avaient repoussé en juillet un premier assaut dans le sud de la région [ 123 ] , [ 98 ] , [ 124 ] . Après plusieurs jours de combats et la prise de plusieurs dizaines de villages, lesdjihadistesde l’EIIL atteignent la ville de Kobané dont ils prennent la partie sud. Les combats les plus meurtriers dusiège de Kobanéont lieu dans les deux premières semaines d’octobre. Le siège de la ville par l’EI s’enlise au cours de l’hiver 2014-2015. Le 27 janvier 2015, les forces kurdes reprennent le contrôle de Kobané [ 125 ] . Puis les combattants de l’État islamique se concentrent à une centaine de kilomètres au sud de Kobané, sur la région duLac el-Assad(alimentés par le fleuveEuphrate ), de sesbarrages de Tichrinet deTabqaqui étaient aux mains des djihadistes du Front al-Nosra. L’État islamique qui est déjà maître en Irak du lac Thartar et du barrage de Falloujah, contrôle en son entier la région stratégique du Lac el-Assad qui alimente en eau la ville deRaqqaet une grande partie des plaines fertiles de Syrie [ 126 ] .
En avril 2015, l’EIIL commence les combats dans la périphérie deDamaset affirme avoir pris le contrôle total de l’Est d’ Al-Hajar al-Aswad , plus précisément àYalda   (en) [ 127 ] . Le régime syrien, appuyé par des auxiliaires palestiniens, rétablit rapidement la situation en particulier dans le camp de Yarmouk.
Après sa défaite àKobané , l’État islamique va ensuite subir une succession de défaites contre les Kurdes desYPG , alliés à des brigades de l’ Armée syrienne libreet fortement soutenus par lesfrappes aériennesde lacoalition internationale . Le21 janvier 2015 , les YPG lancent une offensive à l’est dugouvernorat d’Hassaké ,Tall Hamisest prise le 27 février, suivie deTell Brakle lendemain [ 128 ] , [ 129 ] . L’État islamique réplique en avançant vers Tall Tamer etRas al-Aïn , à l’ouest d’ Hassaké , et s’empare de plusieurs villages chrétiens. L’offensive est cependant repoussée fin mai par les Kurdes et leMFS [ 130 ] .
Le21 mai 2015cependant, l’EI s’empare de la ville dePalmyreet contrôle tous les poste-frontières entre la Syrie et l’Irak. D’après l’ OSDH , l’EI contrôlerait alors la moitié du territoire syrien [ 131 ] .
Fin mai, lesYPGet l’ Armée syrienne librefont une offensive surTall Abyad , située sur la frontière turque entreKobanéetRas al-Aïn [ 132 ] . La ville est prise le 16 juin [ 133 ] , [ 134 ] , l’État islamique subit alors sa plus grande défaite stratégique en Syrie depuis la proclamation du califat un an plus tôt en perdant un important point de passage des djihadistes étrangers vers laSyrieet un axe de la contrebande de pétrole vers laTurquie [ 135 ] , [ 136 ] . Les YPG se rapprochent ensuite deRaqqaen prenant la base de la Brigade 93 le 22 juin, suivie le lendemain de la petite ville deAïn Issa [ 137 ] . Le 5 juillet, les djihadistes livrent un assaut pour tenter de la reprendre, mais il est repoussé le 10 [ 138 ] . Puis le 27 juillet, l’EI perd la petite ville deSarrine , au sud deKobané [ 139 ] .
En juin et juillet, l’État islamique tente également de s’emparer d’ Hassaké , tenue au sud par le régime syrien et au nord par lesYPG . Deux batailles sont livrées mais les djihadistes finissent à chaque fois par être repoussés [ 140 ] , [ 141 ] , [ 142 ] , [ 143 ] .
Le 6 août 2015, les djihadistes de l’EI prennent la ville d’ Al-Qaryatayn , au sud-est deHoms , après une faible résistance des forces du régime [ 144 ] . En octobre, peu visé par l’ intervention russequi a débuté le 30 septembre, l’EI progresse dans la région deHomsen s’emparant dans la nuit du 31 octobre au1 ernovembre deMahinqui se situe sur la route reliant Homs àPalmyre , ce qui va retarder l’offensive prévue par les forces du régime syrien, avec l’aide de l’aviation russe, pour reprendre Palmyre à l’EI [ 145 ] , [ 146 ] . Mahin est reprise par les loyalistes le 23 novembre [ 147 ] , puis à nouveau reconquise par l’EI le 10 décembre [ 148 ]et encore reprise par le régime le 29 décembre [ 149 ] .
Les 10 novembre 2015, l’armée syrienne remporte une victoire contre l’EI à l’est d’Alep, en brisant le siège de l’aéroport de Kweires, encerclé depuis avril 2013 [ 150 ] , [ 151 ] , et la seconde au sud d’Alep contre les rebelles, en s’emparant de la ville d’Al Hader [ 152 ] , [ 153 ] .
Le 23 décembre 2015, lesForces démocratiques syriennes(FDS), soutenues par la coalition, lancent une offensive au sud deKobané , le long de la rive est de l’Euphrate, et réussissent à s’emparer de plusieurs villages et dubarrage de Tichrine [ 154 ] , situé sur le fleuve. La prise est stratégique car elle permet de franchir l’Euphrate et coupe ainsi la route reliant Manbij à Raqqa, et isolant ainsi cette dernière ville, fief de l’État islamique. En février, lesForces démocratiques syriennesreprennent également leurs offensives dans le gouvernorat d’Hassaké et prennent la ville d’ Al-Chaddadehle 19 février [ 155 ] . Les forces kurdes coupent ainsi deux principales routes de ravitaillement à l’EI, celle reliant Chadadi àMossoulen Irak voisin et une autre menant jusqu’àRaqqa , bastion de l’EI enSyrie .
Lors de labataille de Palmyre de mars 2016 , l’EI perd le contrôle de la ville face à l’armée syrienne soutenue par la Russie et le Hezbollah. Il s’agit de la victoire la plus importante du régime face à l’EI depuis le début de l’ intervention russeet, selon l’ OSDH , du« bilan le plus lourd pour l’EI dans une seule bataille depuis son émergence »avec au moins 400 hommes tués. D’après l’OSDH, avec cette défaite,« l’EI perd automatiquement le grand désert syrien » , ce qui permet au régime d’avancer vers la frontière avec l’Irak, contrôlée en grande partie par les djihadistes [ 156 ] .
Le 24 mai, lesForces démocratiques syriennessoutenues par lacoalitionlancent une nouvelle offensive contre l’État islamique [ 157 ] . Le 31 mai, elles franchissent l’ Euphrateprès deSarrineet sur lebarrage de Tichrineet font mouvement sur la ville deManbij , dans legouvernorat d’Alep , qui est encerclée le 10 juin mais les djihadistes opposent une forte résistance [ 158 ] , [ 159 ] , [ 160 ] . De leur côté, les forces du régime syrien mènent également une offensive contre la ville deTabqaen juin, mais cette dernière échoue [ 161 ] , [ 162 ] .
Le Mouvement pour le Califat et le Jihad, auPakistan , sa rallie à l’EI le7 juillet 2014 , puis le bataillon al-Tawheed, enAfghanistan , enseptembre 2014et la Brigade de l’Islam dans le Khorosan, en Afghanistan [ 163 ] , [ 7 ] .
Le4 octobre 2014 , leTehrik-e-Taliban Pakistanannonce apporter son soutien à l’État islamique, indiquant qu’ils allaient leur « fournir des moudjahidines ». Le TTP appelle également les autres groupes djihadistes à mettre de côtés leurs rivalités et à s’unir [ 164 ] . Des dissidences du TTP comme leJamaat-ul-Ahraret le Tehreek-e-Khilafat apportent également leur soutien à l’EI. Ces groupes appellent aussi à la réconciliation entre l’État islamique etal-Qaïda [ 165 ] , [ 166 ] , [ 7 ] .
En octobre 2014, six chefs talibans font allégeance à l’État islamique, dont Abou Omar Maqbool, dit Shahidullah Shahid, porte-parole du TTP, qui est aussitôt destitué [ 7 ] , [ 166 ] . Le10 janvier 2015 , dix commandants talibans pakistanais et afghans annoncent ou renouvellent leur allégeance à l’EI [ 167 ] .
Cette implantation de l’EI, bien qu’encore embryonnaire, est cependant mal vue par lestalibans afghansqui, le16 juin 2015 , écrivent une lettre àAbou Bakr al-Baghdadipour lui demander de cesser ses « ingérences » enAfghanistan , où des combats ont opposé les deux groupes en certaines occasions [ 168 ] , [ 169 ] . En se proclamant «  émir des croyants  »Abou Bakr al-Baghdadiest entré en concurrence avec lemollah Omar , également considéré comme tel par lestalibansetal-Qaïda [ 166 ] , [ 170 ] .
Début juillet 2015, Hafez Saïd, chef de l’État islamique en Afghanistan et au Pakistan et Shahidullah Shahid, numéro deux, sont annoncés tués par des frappes de drone [ 171 ] , [ 172 ] . Mais Hafez Saïd est annoncé mort une deuxième fois par un tir de drone américain le 26 juillet 2016 [ 173 ] .
En septembre 2015, un rapport de l’ONU estime qu’environ 10 % des insurgés afghans ont prêté allégeance à l’EI. Des groupes ayant fait allégeance à l’EI ou qui s’en déclarent proches ont été signalés dans 25 des 34 provinces du pays [ 174 ] . Début 2016, l’armée américaine estime que l’EI compte entre 1 000 et 3 000 combattants en Afghanistan [ 175 ] .
Jamaah Ansharut Tauhid et son chef Abou Baker Ba’asyir enIndonésie , se rallient à l’EI enjuillet 2014 , mais une partie du mouvement fait scission en réaction [ 163 ] , [ 7 ] . L’organisation indonésienne « Moudjahidine de l’Est indonésien » (MIT) a fait allégeance à L’État islamique en 2014. Cette organisation a été fondée par Syaikh Abu Wardah Santoso, tué dans le département dePoso(province duSulawesi central ) le 18 juillet 2016 par les forces spéciales indonésiennes [ 176 ] .
Enaoût 2014 , auxPhilippines ,Abu Sayyaf , Ansar al-Khilafah dit aussi Ansarul Khilafa [ 163 ] , [ 7 ]et lesCombattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro   (en) , font allégeance à l’État islamique [ 177 ] . En revanche leFront Moro islamique de libération , qui se revendique comme modéré, dénonce l’extrémisme de l’EI et condamne« tout acte barbare et sauvage, qu’il soit le fait d’autres groupes dont l’Etat islamique (EI) ou de ses membres » [ 177 ] . Le leader et fondateur d’Ansar al-Khalfa, Mohammad Jaafar Maguid, 32 ans, est abattu le5 janvier 2017sur l’île de Mindanao [ 178 ]
En octobre 2015, un des principaux chefsAl-Shabbaab , Abdiqadir Mumin, annonce prêter allégeance à l’État islamique [ 179 ] , [ 180 ] . Mais la scission est peu importante, Abdiqadir Mumin ne rallie qu’une cinquantaine ou une centaine de combattants et doit s’enfuir dans lePuntland , sous la pression des shebabs [ 181 ] , [ 182 ] .
En2016 , un certain nombre de Kényans rejoignent l’État islamique [ 183 ] . En avril 2016, un nouveau groupe baptisé « Jahba East Africa », composé d’anciensshebabs , prête allégeance à l’État islamique et annonce son intention de s’en prendre à des cibles enSomalie , auKenya , enTanzanieet enOuganda [ 181 ] .
Jund al-Khilafah enÉgypte , se rallie à l’EI le23 septembre 2014 [ 163 ] , [ 7 ] .
Ansar Bait al-Maqdis , le plus important groupe armé djihadisteégyptien , annonce son allégeance à l’État islamique le10 novembre 2014 , et prend le nom deWilayat Sinaï . Le groupe est principalement implanté dans leSinaï [ 184 ] .
Le10 septembre 2015 , l’ Armée de l’islam , àGaza , annonce son allégeance à l’État islamique [ 185 ] .
Le 4 août 2016, l’armée égyptienne annonce, jeudi, avoir mené des frappes durant lesquelles a été tué un homme qu’elle présente comme le chef de la branche de l’organisation État islamique dans la péninsule du Sinaï [ 186 ] .
EnLibye , le groupeMajilis Choura Chabab al-Islam(Conseil consultatif de la jeunesse islamique), actif àDerna , annonce apporter son soutien à l’EI en juin 2014 [ 187 ] . Le3 octobre 2014 , leMajilis Choura Chabab al-Islam , qui contrôle une partie de la ville deDerna , prête allégeance à l’État islamique [ 7 ] . Le14 février 2015 , le groupe prend le contrôle d’une partie de la ville côtière deSyrte [ 188 ] , [ 189 ] , ville à l’est deTripoli , où à la mi-mars des combats l’opposent àFajr Libya [ 190 ] . Finmai 2015 , le groupe prend le contrôle de l’aéroport de Syrte [ 191 ] . Début juin 2015, l’ensemble de la ville de Syrte est sous contrôle. Mais après des combats en juin et juillet, l’État islamique est chassé deDernapar des groupes djihadistes rivaux [ 192 ] , [ 193 ] . Le5 décembre 2016 , l’EI est finalement vaincue à Syrte après six mois de combats [ 194 ] .
Le4 juillet 2014 ,Al-Qaïda au Maghreb islamique(AQMI) publie un communiqué dans lequel il rejette lecalifatde l’EI. Il dénonce une proclamation faite« sans consultation avec les chefs des moujahidines »et demande à l’EI quel sort il réserve aux émirats autoproclamés, comme l’ Émirat islamique d’Afghanistanet l’ Émirat islamique du Caucase . AQMI déclare« vouloir un califat, dans la voie de la prophétie, sur la base de la choura (la consultation), et qui cherche à unir les musulmans et à épargner leur sang » [ 195 ] . Cependant en septembre, un groupe de combattants menés par Gouri Abdelmalek, ditKhaled Abou Souleïmane , émir de la région centrale enAlgérie , fait scission d’AQMI et rallie l’EI. Le groupe se nommeJund al-Khilafa(« Les Soldats du califat ») [ 196 ] . Et, quelques jours plus tard, la katibaOkba Ibn Nafaâ , active enTunisieet liée à AQMI, annonce apporter son soutien à l’EI [ 197 ] , [ 198 ] . Ce groupe perd rapidement son chef,Abdelmalek Gouri , tué par l’armée algérienne le22 décembre 2014 [ 199 ] . Son successeur, Abou Abdallah Othman al-Asimi, est tué à son tour le19 mai 2015 [ 200 ] , [ 201 ] .
Le13 mai 2015 , une partie du groupe djihadisteAl-Mourabitoune , issue duMUJAO , annonce prêter allégeance à l’État islamique dans un communiqué signé parAdnane Abou Walid Al-Sahraoui [ 202 ] , [ 203 ] , [ 204 ] . Mais deux jours plus tard,Mokhtar Belmokhtardément l’allégeance d’Al-Mourabitoune à l’EI et déclare que le communiqué d’Al-Sahraoui« n’émane pas du Conseil de la Choura » [ 205 ] . Al-Mourabitoune se retrouve alors divisée en deux tendances, une centaine de combattants prêtent allégeance à l’EI [ 206 ] . Adnane Abou Walid Al-Sahraoui baptise son groupe « État islamique dans le Grand Sahara », mais pendant plus d’une année il ne fait l’objet d’aucune reconnaissance de la part du califat [ 181 ] . La première attaque revendiquée par Al-Sahraoui après son allégeance est commise le1 er septembre 2016àMarkoye , à la frontière duMaliet duBurkina Faso , où un douanier et un civil sont tués [ 207 ] , [ 208 ] . Puis le 17 octobre, son groupe mène un assaut qui échoue contre la prison de Koutoukalé, auNiger [ 209 ] . L’État islamique reconnaît officiellement l’allégeance du groupe d’Al-Sahraoui le30 octobre 2016 [ 210 ] , [ 211 ] .
AuNigeria , jusqu’en mars 2015,Boko Haramne prend pas parti entre l’EI et al-Qaïda. Dans une vidéo diffusée le13 juillet 2014 ,Abubakar Shekauapporte son soutien à la fois àAbou Bakr al-Baghdadi ,califede l’État islamique, àAyman al-Zaouahiri ,émird’ Al-Qaïdaet auMollah Omar , chef desTalibans [ 212 ] . Finalement, le7 mars 2015 ,Abubakar Shekauprête allégeance à l’EI [ 213 ] . Il tient alors plusieurs villes dans le Nord-Est duNigeria , principalement dans l’ État de Borno , avec des incursions auCameroun , auNigeret plus rarement auTchad . Depuis janvier, les djihadistes nigérians font alors face à une offensive des arméesnigérianes ,tchadiennes ,camerounaisesetnigériennes [ 213 ] , [ 214 ] . Le1 eraoût 2016, d’après le journalLe Monde ,« selon certains services de renseignement occidentaux, Daech aurait récemment reproché à son « disciple » son oisiveté » . L’État islamique voudrait voir Boko Haram étendre son rayon d’action au sud du Nigeria, plus cosmopolite et plus fréquenté par les expatriés du monde entier [ 215 ] .
Enaoût 2016 , l’État islamique en Afrique de l’Ouest se scinde en deux. Le 2 août, l’État islamique présenteAbou Mosab al-Barnaouicomme leWaliet le chef de ses forces en Afrique de l’Ouest [ 216 ] .Abubakar Shekau , l’ancien chef deBoko Haram , jugé trop extrémiste, est écarté par l’EI [ 217 ] , [ 218 ] . Mais Shekau refuse sa défection. Dans une vidéo rendue public le 7 août, il se présente en tant que chef du Groupe sunnite pour la prédication et le djihad, l’ancien nom officiel deBoko Haram [ 219 ] . S’il reconnaît toujoursAbou Bakr al-Baghdadicomme le« calife des musulmans » , il critique Abou Mosab al-Barnaoui qu’il qualifie de« déviant »et affirme qu’il ne suivra plus« aveuglément »certains émissaires de l’EI [ 220 ] . La plupart des combattants de l’ex-Boko Haram prennent cependant le parti d’al-Barnaoui [ 217 ] .
Le24 juin 2015 , une partie de l’ Émirat du Caucaseannonce prêter allégeance à l’État islamique.Abou Mohamed al-Adnani , porte-parole de l’EI, annonce dès le 23 juin que l’allégeance est acceptée [ 221 ] , [ 222 ] . Cependant, cette déclaration fut rejetée par les dirigeants de l’Émirat [ 223 ] .
Les31 juilletet6 août 2015 , leMouvement islamique d’Ouzbékistanpublie deux vidéos dans lesquelles il annonce prêter allégeance à l’État islamique [ 224 ] , [ 225 ] .
Le 11 août 2016, lesservices de sécurité russe(FSB) ont annoncé avoir saisi le 27 juillet« des explosifs et des armes lors de perquisitions dans les régions de Sverdlosk,TioumenetTchéliabinskdans le cadre du démantèlement d’un vaste groupe de propagande en ligne de l’organisation Etat islamique » . Selon eux, cette communauté en ligne regroupait« plus de 100 000 membres dispersés en Russie, en Asie centrale et au Proche-Orient ayant pour but de recruter des combattants terroristes et recueillir des dons afin de financer le groupe terroriste » [ 226 ] .
Ansar Dawlat al-islammiyya, auYémen , se rallie à l’EI le3 septembre 2014 [ 163 ] , [ 7 ] .
Débutjanvier 2016 , l’EI prend le contrôle de la ville de Lawdar, près d’Aden [ 227 ] .
Ansar Dawlat al-Khilafah auLiban , al-I’tisam du Coran et de la Sounna auSoudan [ 163 ] , [ 7 ]et Ansar al-Tawheed enIndese sont ralliés à l’État islamique [ 163 ] , [ 7 ] .
L’EI est un mouvementsalafiste djihadiste , particulièrement hostile auxchiites . Son objectif est le rétablissement ducalifat des Abbassides , c’est-à-dire un État musulman s’étendant de l’ Afrique du Nordà l’ Asie centrale [ 228 ] . PourAlain Marsaud , ancien chef central de la lutte antiterroriste, « Daesh est en train de créer unsunniteland [ 229 ]  ».
Cette idéologie s’inscrit dans une mutation des États arabes, d’unmodèle laïquevers desmodèles confessionnelset communautaristes : le régimebaasistedeSaddam Hussein , initialement laïc, a commencé à se présenter comme le défenseur de l’islamsunnitecontre l’« hérésie »chiiteà partir de laguerre Iran-Irak . Cette idéologie s’est radicalisée au cours des décisions politiques des gouvernements suivants [ 230 ] , [ 231 ] .
Les salafistes djihadistes de l’État islamique sont également qualifiés de «  takfiri  » ou de «  kharidjites  » par leurs adversaires musulmans, en particulier par leschiiteset les salafistes quiétistes [ 232 ] , [ 233 ] , [ 234 ] . Des termes que les membres de l’État islamique rejettent [ 235 ] .
L’historien spécialiste de l’antisémitismeGeorges Bensoussanpense que le termeislamo-fascisten’est pas adapté pour qualifier l’État islamique, car le fascisme est un concept européen qui ne rend pas compte de l’aspect complètement étranger de Daech ; mais reconnait que l’idéologietotalitaireest un trait commun à laGestapoet à l’État islamique [ 236 ] .
La stratégie de l’État islamique n’est pas uniquement le résultat de concours de circonstances, ni de pulsions destructrices de ses combattants, elle découle d’une réflexion sur le long terme, inscrite dans l’histoire des mouvements djihadistes. Et c’est en appuyant sur ce point que, progressivement, l’EI chercherait à se construire une autorité, et démontrer qu’il fonctionne en 2016, non pas comme un groupe, une jamâ’a, mais bien comme unÉtat [ 237 ] , [ 238 ] , [ 239 ] , [ 240 ] .
L’EI suit une stratégie élaborée par des idéologues islamistes depuis le début des années 2000 et diffusée sur des sites d’internet. Un opuscule rédigé entre 2002 et 2004 par un certain Abu Bakr al-Naji et intitulé « L’ administration de la sauvagerie  : l’étape la plus critique à franchir par la Oumma », a un succès particulièrement important parmi les mouvements djihadistes. L’auteur détaille la stratégie grâce à laquelle les groupes djihadistes seront selon lui en mesure de s’imposer territorialement face aux régimes arabes et musulmans, d’une part, face aux Américains et aux Occidentaux, d’autre part [ 237 ] , [ 240 ] . Selon Wladimir Glasman [ 241 ] , ancien diplomate et auteur d’études sur les mouvements islamiques :
« L’ouvrage soutient qu’en provoquant un déchaînement de violence dans les pays musulmans, les djihadistes contribueront à l’épuisement des structures étatiques et à l’instauration d’une situation de chaos ou de sauvagerie. Les populations perdront confiance en leurs gouvernants, qui, dépassés, ne sauront répondre à la violence que par une violence supérieure. Les djihadistes devront se saisir de la situation de chaos qu’ils auront provoquée et obtenir le soutien populaire en s’imposant comme la seule alternative. En rétablissant la sécurité, en remettant en route les services sociaux, en distribuant nourriture et médicaments, et en prenant en charge l’administration des territoires, ils géreront ce chaos, conformément à un schéma de construction étatique hobbesien. À mesure que les « territoires du chaos » s’étendront, les régions administrées par les djihadistes se multiplieront, formant le noyau de leur futur califat. Convaincues ou non, les populations accepteront cette gouvernance islamique [ 237 ] . »
Le plan d’Abu Bakr al-Naji obéit à trois étapes ; la première, harceler l’ennemi continuellement, notamment par le biais d’attentats, pour l’affaiblir moralement et matériellement. La deuxième, « l’administration de la sauvagerie », est la plus importante, elle doit avoir lieu après la chute d’un ou de plusieurs États, et de la période de chaos qui suit. Selon Nabil Mouline, chargé de recherche auCNRS  :
« Pour reconstituer l’unité originelle de la communauté islamique […] les leaders jihadistes devront recourir essentiellement à trois ingrédients : la violence extrême, la bonne gestion des territoires soumis et la propagande. Terroriser les ennemis et les populations soumises serait l’un des meilleurs moyens pour conquérir des territoires et les conserver. Il serait donc licite d’employer les techniques les plus terrifiantes (massacre, enlèvement, décapitation, crucifixion, flagellation, amputation, bûcher, lapidation, etc.) pour la cause.

Une fois la plateforme sanctuarisée, il faudrait bien l’administrer en assurant la sécurité, la nourriture, la santé, la justice et l’enseignement. Autrement dit, créer une structure étatique qui aurait pour principale mission de faire appliquer la charia dans tous les domaines.

Afin de légitimer la politique de la terreur et donner à voir la bonne gouvernance du chaos, la propagande serait l’outil privilégié. Tout doit être fait pour frapper les esprits et catalyser l’imaginaire du plus grand nombre. La maîtrise des outils de communication les plus modernes par les membres de l’organisation Etat islamique laisse penser que ce conseil, comme le premier d’ailleurs, a été pris très au sérieux [ 240 ]  ! »
La troisième et la dernière étape est la proclamation ducalifat [ 240 ] .
SelonMyriam Benraad , la violence de l’État islamique a pour origine l’ humiliationdont la communauté sunnite estime avoir été victime depuis l’invasion américaine, dans une logique selon laquelle le groupe entend« rendre la violence dans des proportions équivalentes à celle qu’il estime lui avoir été infligée » . Elle souligne d’une manière générale« la capacité des courants islamistes à incarner une alternative »face à l’humiliation ressentie par les populations du Moyen-Orient et du monde arabe et musulman,« en réaction à des régimes autoritaires et répressifs, ainsi qu’à des influences extérieures jugées indésirables et néfastes » [ 242 ] .
L’autre axe stratégique, selon Pierre-Jean Luizard, est une internationalisation du conflit. Pour ne pas se contenter des poches du territoire communautaire et confessionnel arabe sunnite initialement contrôlé en Irak, l’EI choisit d’une part d’occuper les zones frontalières avec la Syrie, l’Arabie Saoudite, et la Jordanie, et d’autre part de provoquer l’Occident à travers la politique du pire et les atteintes aux droits des minorités (religieuses, femmes, homosexuels) pour l’impliquer dans le conflit. Ces actes s’accompagnent d’ attentats islamistes réalisés dans des pays en paix . Les actes s’accompagnent aussi d’une propagande insistant sur l’histoire coloniale, pour présenter les musulmans comme les éternelles victimes de l’Occident, permettant de dépasser les bases territoriales locales, et de présenter comme un universalisme séduisant l’opposition entre musulmans et mécréants. Finalement, l’un des objectifs est atteint, avec la formation« d’unecoalition militaire dirigée par les Américains , et ce, avant même que cette coalition ait pu définir le moindre objectif politique pour la région » [ 243 ] .
Le programme de gouvernance islamique serait axé sur trois points principaux : développer la religiosité des masses, faire de la religion l’ordre social et politique, et former militairement les jeunes afin de constituer une société militarisée. Aucune place ne devant être laissée à la contestation, le but n’étant pas de gagner la sympathie des masses, mais a minima de neutraliser leur opposition et d’interdire leur rejet, le temps et les circonstances faisant qu’à terme elles n’auront pas d’autre choix que de se rallier à cette administration [ 237 ] .
Face aux difficultés d’application sur le terrain, en 2010 un complément stratégique a été rédigé, planifiant la reconquête des territoires éventuellement perdus : « le Plan stratégique pour renforcer la position politique de l’État islamique d’Irak ». Ce plan insiste sur : la nécessité de se faire des alliés idéologiques locaux ou tribaux, ce qui semble en bonne voie en Irak, mais pas en Syrie ; recommande de faire de l’ennemi « intérieur » la priorité, en faisant peur par la médiatisation d’exécutions sommaires ; mener une politique de la terre brûlée sur les territoires où ses ennemis sont présents ; organiser des assassinats ciblés de personnalités influentes et de leaders militaires ; développer une véritable stratégie médiatique, visant entre autres à faire de l’émir de l’EI un dirigeant médiatiquement exemplaire ayant une légitimité politique et, plus encore, religieuse tout en donnant l’impression d’une structure froide, ayant l’apparence d’un État et dont la mort du chef ne signifierait pas la fin ; rassurer les non-musulmans, ce qui est un échec jusqu’à présent [ 237 ] .
En cohérence avec cette stratégie explicitée, l’EI ne ferait pas des attaques terroristes aux quatre coins du globe sa priorité mais souhaiterait, avant tout, recruter des « citoyens » pour son État, des immigrants — muhâdjirûn —, afin qu’ils participent à la construction du califat. Le public visé par sa propagande ne se réduit pas aux hommes aptes à combattre, mais aussi « aux juges, aux personnes ayant une expertise dans les domaines militaire et administratif ou dans les services, aux médecins et aux ingénieurs de toutes spécialités ». L’objectif est d’organiser et d’administrer ceproto-Étatqu’est concrètement devenu l’EI en 2015 [ 237 ] .
Selon l’historien Stéphane Mantoux :« Militairement, l’EI est un objet inclassable, hybride pour les spécialistes : ni guérilla ou insurrection, ni armée régulière, mais une tactique qui se situe quelque part entre les deux » . L’organisation djihadiste a recours à de petites escouades très autonomes. Les assauts sont généralement menés par desvéhicules-suicides blindés— lessuicide vehicle-borne improvised explosive device(SVBIED) — conduits par deskamikazes , suivis par des combattants d’élite, lesInghimasi , équipés d’armes légères et deceintures explosivesqu’ils peuvent actionner en dernier recours. Ces assauts coûtent cependant de lourdes pertes, d’autant que les djihadistes engagent généralement leurs troupes d’élite en première ligne et n’hésitent pas à attaquer un adversaire largement supérieur en nombre. Ils sont également vulnérables aux forces aériennes, contre lesquelles ils n’ont pas d’armement efficace. Pour Stéphane Mantoux,« il faut noter cependant que l’EI est capable d’affronter des adversaires très différents sur une quantité de fronts importante, et de souvent faire jeu égal » [ 244 ] , [ 245 ] .
En mai2014 ,Christophe Ayad , journaliste auMonde , évalue les forces de l’EIIL à environ10 000 hommesenIraket 7 000 à 8 000 enSyrie [ 246 ] .
Début2014 , Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Centre, estime que l’EIIL compte de 5 000 à6 000 combattantsen Irak et de 6 000 à 7 000 en Syrie [ 16 ] .
Selon Romain Caillet, le mouvement compte 8 000 à10 000 hommesen Irak [ 247 ] . Il précise :« En Irak, il s’agit à 90 % d’Irakiens, tandis qu’en Syrie on a 50 % de combattants locaux auxquels s’ajoutent des étrangers venus du Maghreb, du Golfe, de la diaspora tchétchène et des Occidentaux venus d’Europe ou des États-Unis » [ 248 ] . Parmi ces djihadistes étrangers se trouvent des personnes venant de pays musulmans ( Pakistan ,Tchétchénie ) ou à majorité musulmane ( Indonésie ) qui représentent 10 % des combattants en Syrie. Mais on dénombre aussi des djihadistes européens qui viennent surtout deBelgique , deFranceet duRoyaume-Uni(ils sont environ 2 000) [ 249 ] .
En juillet 2014, Romain Caillet revoit ses estimations à la hausse, il déclare que :« avant la prise de Mossoul, l’EI comptait environ20 000 hommes , en Syrie et en Irak. Étant donné qu’il a libéré de nombreux prisonniers et qu’il a bénéficié de ralliements, il a sans doute environ25 000 hommesà l’heure actuelle » [ 250 ] . Puis en mai 2015, il estime que l’EI compte désormais 65 000 à 80 000 hommes, forces en Libye et au Sinaï incluses [ 22 ] .
Débutjuillet 2014 , le journal britanniqueThe Daily Telegraphindique que selon Hisham al-Hashimi, un analyste irakien ayant eu accès à des documents de l’État islamique saisis par les forces de sécurités irakiennes, environ25 000 combattantsauraient prêté allégeance en Irak à l’État islamique [ 17 ] .
Enaoût 2014 , Yves Boyer, professeur de relations internationales à l’ École polytechniqueet directeur-adjoint à laFRS , estime entre20 000 et 30 000le nombre des combattants de l’EI [ 251 ] .
Le19 août , l’ Observatoire syrien des droits de l’homme(OSDH) affirme que les effectifs de l’État islamique sont désormais de 50 000 hommes enSyrie . Parmi ceux-ci 20 000 sont étrangers et 6 000 ont été recrutés pour le seul mois de juillet [ 19 ] .
Vers le milieu de l’année2014 , laCIAestime les forces de l’EI de 20 000 à 31 000 combattants en Syrie et en Irak [ 18 ] . À l’été2015 , cette estimation monte à environ 30 000 ou 40 000 combattants [ 21 ] .
Selon Hisham al-Hashimi, expert en sécurité et conseiller militaire du gouvernement irakien l’État islamique a 100 000 hommes en2014 [ 22 ] . À l’été2015 , il estime que l’EI compte 100 000 à 125 000 hommes en Irak et en Syrie, dont environ 50 000 militaires, et les autres qui assurent les soutiens logistiques [ 23 ] , [ 252 ] .
En novembre 2014, Fuad Hussein, chef du cabinet deMassoud Barzani , donne dans une interview au journal britanniqueThe Independentle nombre de 200 000, soit l’estimation la plus haute [ 22 ] .
L’EI compte de nombreux combattants étrangers. Pour leDépartement d’État des États-Unis , 12 000 volontaires venus de 50 pays ont combattu au sein du mouvement de2011à2014 , dont une centaine d’Américains. Enaoût 2014 , l’ OSDHindique que les combattants étrangers qu’il évalue à 20 000 viennent principalement des pays duGolfe , deTchétchénie , d’ Europeou même deChine [ 253 ] .The Washington Postestime enoctobre 2014que l’EI compte environ 16 000 combattants non-Syriens et qu’environ 1 000 volontaires étrangers entrent chaque mois en Syrie pour se joindre aux djihadistes [ 254 ]à la même période, l’ONU considère que l’EI compte 15 000 combattants étrangers originaires de 80 pays [ 255 ] . Le 27 septembre 2015, d’après leNew York Timesles services américains estiment 30 000 djihadistes étrangers originaires de 100 pays se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011. L’État islamique recruterait de son côté en moyenne 1 000 combattants par mois [ 256 ] .
Il n’y a pas de « profil type » des combattants étrangers recrutés par l’EI. Ils sont issus de milieux sociaux variés parmi lesquels on trouve une minorité de diplômés. La majorité d’entre eux ont cependant moins30ans , près de 10 % avaient également déjà fait de la prison [ 257 ] . Ils ne sont généralement pas issus de familles musulmanes pratiquantes, bon nombre sont des nouveaux convertis, ou des personnes qui ne se sont mises à pratiquer leur religion que très récemment [ 258 ] . Un rapport d’ Europol , en date du 18 janvier 2016, mentionne la« portion significative de combattants étrangers [à avoir rejoint les rangs de l’État islamique] auxquels ont été diagnostiqués des troubles mentaux » , citant une source qui évalue à 20 % du contingent ce type d’individus [ 259 ] .
Le 8 décembre 2015, le Soufan group, un institut spécialisé dans le renseignement basé àNew York , publie un rapport dans lequel il estime le nombre de volontaires étrangers ayant rejoints des groupes djihadistes en Irak et en Syrie entre 27 000 et 31 000. Parmi ces derniers 8 240 viennent duMoyen-Orient— dont 2 500Saoudiens , 2 100Turcs , 2 000Jordaniens , 900Libanaiset 600Égyptiens— 8 000 viennent duMaghreb— dont 6 000Tunisienset 1 200Marocains— 5 000 d’ Europe Occidentale— dont 1 700Français , 760Allemands , 760Britanniqueset 470Belges— 4 700 de l’ex- Union soviétique— dont 2 400Russes— 900 d’ Asie du Sud-Est— dont 700Indonésiens— 875 desBalkanset 280 d’ Amérique du Nord [ 260 ] , [ 261 ] , [ 262 ] . Ces chiffres incluent cependant également les combattants tués et ceux rentrés dans leurs pays [ 263 ] . Pour le journaliste David Thomson,« ces chiffres sont imprécis et paraissent très gonflés à la hausse, mais les tendances qui ressortent de ce rapport sont exactes » [ 262 ] .
Les combattants qui tentent dedésertersont généralement exécutés. Ainsi selon le témoignage d’un activiste syrien rapporté le19 décembre 2014par leFinancial Times , une centaine de djihadistes étrangers ont été exécutés par une police militaire de l’EI, àRaqqa , alors qu’ils tentaient de fuir les combats [ 264 ] , [ 265 ] , [ 266 ] .
Le 9 mars 2016, la chaîne britanniqueSkyNewsaffirme avoir reçu un document contenant des informations et les noms de plus de 22 000 djihadistes qui auraient été recrutés par Daech. Ce dossier, fourni par un repenti de l’organisation, contient des noms, prénoms et pays d’origine, et a été appelé leDaechleaks [ 267 ] . Le jour même, l’ancien patron du contre-terrorisme au sein du renseignement extérieur britannique, Richard Barrett, a estimé que ce serait uneressource inestimable [ 268 ] . D’autres analystes ont estimé qu’il s’agissait plutôt d’un montage de divers sources au contenu en grande partie connu par les services occidentaux et dont la valeur a été surestimée pour être chèrement vendu à la chaîne Sky News [ 269 ] .
Le 3 août 2016, leNew York Timespublie une enquête [ 270 ]sur la cellule responsable des opérations extérieures de l’organisation, Emni, créée en 2014 dont le rôle initial consistait à synchroniser les forces de police internes et lecontre-espionnage . Cette enquête se fonde sur des éléments provenant deservices secretseuropéens dont les belges, français et allemands, de témoignages d’officiels américains, et d’informations collectées auprès d’un membre de l’organisation, Harry Sarfo, emprisonné àBrêmeen Allemagne. Dirigée parAbou Mohammed al-Adnani , porte-parole et responsable de la propagande, Emni comporterait trois zones géographiques d’action: Asie, monde arabe et Europe. Chacune d’elle est attribuée à des lieutenants d’Al-Adnani. L’un d’eux, Abou Souleymane, serait directement lié auxattaques de Paris du 13 novembre 2015en tant que coordinateur. Le choix des cibles, la sélection des combattants et l’organisation de la logistique. Emni serait à l’origine des attaques perpétrées en Tunisie, àSousseet aumusée du Bardo . Sarfo, mentionne plus d’une centaine de terroristes renvoyés vers l’Europe avec l’aide d’intermédiaires sans liens apparents et donc décelables avec l’islam radical. Ces retours sont orientés principalement vers l’Allemagne ou la Grande-Bretagne mais aussi en direction de l’Autriche, de l’Espagne, du Liban, de la Tunisie, du Bangladesh, de l’Indonésie et de la Malaisie. Très peu vers la France. « Ne t’inquiète pas pour la France », auraient dit des responsables de la cellule à un ami de Sarfo qui s’était porté volontaire pour y être envoyé[ 271 ] .
SelonSlate , l’EI forme des enfants d’à peine 6 ans à des fins militaires. L’organisation a mis sur pieds un système qui permet de recruter et d’endoctriner les enfants. Les enfants soit sont enlevés soit rejoignent « consciemment » l’organisation. Ils rejoignent après des camps d’entraînement où ils sont endoctrinés et sont formés aux maniement des armes. Les enfants servent ensuite de fantassins, de « mouchards », de kamikazes, et leur sang est utilisé pour des transfusions [ 272 ] . Plusieurs vidéos diffusées par l’État islamique montrent l’entraînement militaire d’enfants [ 273 ] , [ 274 ] .
Selon l’OSDH, l’État islamique recrute enSyrieau moins 400 enfants de décembre 2014 à mars 2015. Surnommés les « lionceaux du califat », les plus jeunes ont environ 8 ans, ils sont soumis à des entraînements militaires et certains participent à des exécutions de prisonniers. Arrivés à l’âge de 15 ans, ils peuvent être envoyés au front [ 275 ] , [ 276 ] , [ 277 ] . Parmi ces derniers figurent notamment des jeunesyézidisconvertis de force à l’islam [ 278 ] . L’un d’entre eux apparaît ainsi dans une vidéo de propagande de l’EI, égorgeant un prisonnier accusé par l’organisation d’être un espion du régime syrien [ 279 ] .
Selon l’ONU, l’EI utilise des enfants dans les attentats-suicide [ 280 ] .
En mai 2015, le chercheurRomain Cailletestime que les pertes de l’EI en Irak et en Syrie pourraient être d’environ 20 000 tués, dont la moitié dans les frappes de la coalition [ 22 ] . En juin 2016, son confrère Dominique Thomas estime de son côté que l’EI aurait perdu 22 000 hommes en Irak et en Syrie depuis 2014 [ 281 ] .
En juin 2015, l’ Observatoire syrien des droits de l’hommeestime que l’État islamique a perdu 8 000 hommes enSyrie , dont plus de 2 600 tués par lesfrappes de la coalition [ 282 ] , [ 283 ] .
Le3 août 2015 , Airwars, un collectif de journalistes d’investigation, publie un rapport dans lequel il indique entre autres que la coalition a mené 4 924 frappes aériennes enIraket enSyrieentre le23 septembre 2014et le30 juin 2015et que selon des estimations officielles les pertes de Daesh seraient de 10 000 à 13 000 morts [ 284 ] , [ 285 ] .
Le10 août 2016 , le général Sean MacFarland, commandant de lacoalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie , prétend que 45 000 hommes de l’État islamique ont été tués par les frappes aériennes de la coalition en deux ans d’opérations [ 286 ] . Un bilan probablement très exagéré [ 287 ] . De leur côté les Russes soutiennent en mai 2016 avoir tué 28 000 djihadistes depuis le début de leur intervention — tout en n’attribuant que 5 000 morts aux Américains — une estimation qui semble tout autant exagérée [ 288 ] .
Une partie de l’armement a été récupérée sur les lieux du conflit : équipement militaire américain récupéré de l’armée irakienne, dont de l’artillerie lourde à Mossoul, ou avions russes récupérés sur la base de Deir ez-Zor [ 289 ] .
Selon le ministre français de la DéfenseJean-Yves Le Drian , l’EI disposerait de 3 000Humvee , 50 chars lourds, 150 blindés légers et 60 000 armes individuelles [ 290 ] .
Une analyse duNew York Timesindique que la Chine, la Russie, l’ex-Union soviétique, les États-Unis et la Serbie auraient fourni plus de 80 % des armes, sur la base d’un échantillon constitué de 1700 cartouches et balles réunies par les enquêteurs de l’organisation de contrôle des armes Conflict Armament Research [ 291 ] .
Le17 octobre 2014 , l’ OSDHaffirme que l’État islamique dispose de trois avions de chasse enSyriepilotés par destransfugesde l’ armée irakienne . Deux de ces appareils ont été capturés lors de labataille de Tabqa , ils seraient probablement de typeMiG-21ouMiG-23 [ 292 ] . Des témoins ont affirmé avoir vu des avions volant à basse altitude afin d’éviter lesdétections radarsprès de Jarrah [ 293 ] .
En janvier 2015, l’armée américaine estime que 60 chars et 200 Humvee ont été détruits par les frappes aériennes de la coalition [ 21 ] .
Le 21 août 2015, selon l’ OIAC , l’EI aurait utilisé dugaz moutarde , tiré à l’aide de mortiers, pendant ses combats près deMarea , dans legouvernorat d’Alep , enSyrie . Ce jour là, au cours de labataille de Marea , des rebelles affrontant les djihadistes furent touchés par le gaz de combat, en outre des médecins de la Syrian American Medical Society (SAMS) ont identifié l’agent et confirmé l’attaque [ 294 ] , [ 295 ] . Du chlore ( bertholite ) aurait aussi pu être utilisé selon l’ OSDH [ 296 ] . SelonAhmet Üzümcü , directeur général de l’OIAC, les djihadistes de l’État islamique ont« la technologie, le savoir-faire et l’accès aux substances »qui leur permet de fabriquer leurs propres armes chimiques [ 297 ] .
L’ OIACconfirme également le 15 février 2016 que du gaz moutarde a également été utilisé enIrak , en août 2015, contre des zones tenues par lespeshmergas , près des villes deGweyretMakhmour , au sud-ouest d’ Erbil , faisant 35 blessés. Cependant le gaz moutarde n’a pas été utilisé en assez grande quantité pour être mortel. La fabrication semble être artisanale, laCIAestime alors à cette date que l’EI est en mesure de concevoir de lachlorineet du gaz moutarde, mais en petite quantité. Contrairement ausarin , le gaz moutarde est facile à fabriquer [ 298 ] .
En janvier 2015, lesÉtats-Unisannoncent que Saleh Jassim Mohammed Falah Al-Sabaawi, dit « Abou Malik », présenté comme « l’expert en armes chimiques de l’État islamique » a été tué par un raid aérien près deMossoul [ 298 ] .
Abou Bakr al-Baghdadien2004 , photographié par les Américains lors de sa détention àcamp Bucca .
Abou Muslim al-Turkmeni , chargé de la gestion des provinces irakiennes. Tué par l’aviation américaine le18 août 2015 [ 299 ] .
Adnan Latif Hamid al-Sweidawi, ditAbou Ayman al-Iraki , commandant militaire de l’EI. Possiblement tué à labataille d’al-Anbaren2014par une frappe de la coalition [ 300 ] .
Abou Ahmed al-Alwani , membre du conseil militaire de l’EI.
Abou Fatma al-Jaheishi , gouverneur de l’Euphrate central et méridional
Le numéro 2 de l’État islamique seraitAbou Ali al-Anbari , aussi appelé Abou Alaa al-Afari, selon le gouvernement irakien [ 301 ] , [ 302 ] . Ce dernier est tué près deRaqqa , le 24 mars 2017, par les forces spéciales américaines [ 303 ] , [ 304 ] .Abou Wahib , présenté comme le chef de l’État islamique pour laprovince d’al-Anbar , tué le 6 mai 2016 par une frappe aérienne de la coalition [ 305 ] .
L’État islamique dispose également d’un « Ministre de la Guerre », qui est le chef de la force militaire de l’organisation. Ces derniers sont :Abou Abdel Rahman al-Bilaoui , tué en juin 2014 à lapremière bataille de Mossoul [ 306 ]  ;Abou Omar al-Chichani , tué enjuillet 2016à al-Charqa [ 307 ] , [ 308 ]  ; etGulmurod Khalimov , possiblement tué enavril 2017à ladeuxième bataille de Mossoul [ 309 ] .
Parmi les autres chefs importants figurentAbou Mohammed al-Adnani , à la foisporte-parole , chef militaire et responsable des opérationsterroristesextérieures de l’État islamique [ 310 ] . Il est tué près d’ Al-Bable30 août 2016 , par un bombardement américain [ 310 ] . Le7 septembre 2016 , Wa’il Adil Hasan Salman Al-Fayad, présenté par lePentagonecomme le « ministre de l’information », est tué par un raid aérien américain [ 311 ] .
Les documents analysés par Hisham al-Hashimi ont également permis une meilleure connaissance de l’organisation interne du groupe [ 312 ] . Autour d’Abou Bakr al-Baghdadi, sept hommes composent le « gouvernement » de l’État islamique en Irak et au Levant :
Deux adjoints se partagent les affaires syriennes et irakiennes :
Existe également un conseil de guerre, composé de trois membres :
Progressivement, alors que l’organisation occupe « un territoire grand comme la Jordanie » et poursuit sa progression militaire dans le Kurdistan syrien, les djihadistes jettent les bases institutionnelles « d’un véritable État » [ 314 ] , avec des structures de gouvernement et de personnalités dirigeantes bien définies.
En dépit de ses structures institutionnelles, du strict point de vue du droit international, l’« État » relevant de l’organisation EIIL « reste en gestation ». Bien qu’il contrôle ou revendique un territoire précis correspondant à la zone de peuplement sunnite d’Irak et de Syrie, il lui manque « des frontières reconnues par l’ONU et la communauté internationale, […] la possibilité de frapper monnaie, […] et le pouvoir de délivrer des papiers d’identité. » [ 314 ]
Au cours de l’année 2015, l’État islamique est considéré par nombre de spécialistes ou responsables politiques comme unproto-État [ 315 ] , [ 316 ] , [ 317 ] , [ 318 ] , [ 319 ] , [ 320 ] . Quant àFrédéric Encel , il estime même que si ce n’est pas un État,« ça y ressemble furieusement »car il présente« les prérogatives et réalités d’un État : structure exécutive de commandement, espace sous contrôle, administration civile et militaire, monnaie « nationale » ayant cours sur cet espace, système économique cohérent, force militaire structurée » [ 321 ] .
Selon le chercheurRomain Caillet  ;« En dehors de la reconnaissance par le droit international, l’EI a tous les attributs d’un État. C’est ce qui manque pour qualifier clairement l’État islamique d’État. L’EI a une administration qui est bien plus développée que beaucoup de pays africains, en dehors des pays arabes. Il a une police, des tribunaux, collecte l’impôt, a un état civil et enregistre les mariages, les divorces, les indemnités d’après-divorce. Les membres de l’EI enregistrent les plaintes. Ils ont fait une vidéo récemment sur le code de la route et la pratique des feux rouges. Ils ont undiwande la santé, un diwan de sûreté générale, un diwan du pétrole, un pour l’agriculture et la pêche, un de l’enseignement et ils vont même produire des programmes scolaires et des manuels. Ils ont donc tous les attributs régaliens, sauf celui nécessaire à notre époque contemporaine du droit international et de la reconnaissance par les autres pays. » [ 322 ] .
Selon le chercheur Jean-Yves Moisseron,« Daesh est plus fragile qu’il n’en a l’air. Ce n’est pas vraiment un État. C’est une série d’agglomérats divers, des tribus, des régions, des chefs de clan qui font allégeance à une structure centrale. Il gère de manière un peu féodale son territoire. Il n’a pas les moyens d’un État moderne. Ces allégeances sont fragiles. Elles peuvent se retourner demain par exemple, si l’armée syrienne occupe une partie du territoire. C’est un système fragile aussi parce que son financement repose en large partie sur le pétrole et la vente d’objets d’art » [ 323 ] .
D’un point de vue politique, le «  califat  » fondé par l’État islamique est dirigé parAbou Bakr al-Baghdadi , qui s’est attribué le titre de « calife Ibrahim ».
« [Chef] religieux et politique du territoire de l’EI »,al-Baghdadiest à la fois à la tête dupouvoir exécutifet dupouvoir judiciaire . Il est secondé par deux anciens généraux irakiens : « Abu Muslim al-Turkmani, qui régit les opérations en territoire irakien, et Abu Ali al-Anbari, qui s’occupe du territoire syrien ». Le pouvoir exécutif comprend également un « cabinet », qui « conseille al-Baghdadi à propos des décisions de l’État » dont la composition reste méconnue.
Pour l’exercice du pouvoir judiciaire, le calife est appuyé par un « conseil consultatif » [ 324 ] .
Il n’y a pas depouvoir législatif , au sens d’institutions politiques établies discutant et votant des lois (Assemblée, Sénat, Parlement), l’État islamique considérant que « laloi islamiqueest la seule loi applicable » [ 324 ] .
Sur le plan administratif, l’État islamique dispose de réelles « structures [administratives et] bureaucratiques ». Il se divise en « septvilayets , ou provinces », sortes de « comités locaux » [ 314 ] , avec à leur tête des gouverneurs. S’appuyant à leur tour sur des dirigeants locaux, et sur « les populations sunnites délaissées par le gouvernement précédent d’ al-Maliki  » [ 314 ] , ils assurent le maintien des services publics et de l’ordre quotidien (« bureau de poste, […] contraventions de stationnement »…). Ainsi, selon leHuffington Post , si l’État islamique ne peut être considéré comme un « État légitime », « [avec] son nombre de conseils en charge des finances, des stratégies média et de l’action militaire, c’est une société civile semi-fonctionnelle qui impose des lois brutales et sévères à toute la population » [ 324 ] .
L’État islamique met en place une police, appelée la «  Hisba  », chargée de faire appliquer lachariaet qui dispose d’une branche féminine [ 325 ] . Celle-ci prend le nom de katibaal-Khansa , du nom d’une poétesse duVII esiècle [ 326 ] , [ 327 ] .
L’EI instaure également un nouveau système éducatif qui entre en vigueur le11 novembre 2015 . Le groupe affirme que 600 000 élèves âgés de 6 à 15 ans sont scolarisés et que 50 000 professeurs sont inscrits. L’enseignement comprend les « règles de la charia », ainsi que l’arabe, les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’anglais et l’informatique [ 325 ] .
Du point de vue de ses structures budgétaires, les ressources de l’organisation étant devenues progressivement indissociables des territoires et des populations qu’elle contrôle, on peut parler de revenus et de trésorerie proto-étatiques. En pratique, l’État islamique dispose sur son territoire « de leviers financiers récurrents » [ 314 ]ne dépendant que de lui, « avec la prise de contrôle de puits de pétrole, de succursales de la Banque centrale, de villes importantes commeMossoul , forte d’un million d’habitants, et aussi et surtout en commençant à prélever des impôts, en l’occurrence des taxes sur les minorités chrétiennes » [ 314 ] .
Les djihadistes de l’État islamique reçoivent un salaire régulier : 100 à150 dollarspour les simples combattants et environ50 dollarspour les non combattants chargés des fonctions administratives. Une somme cumulable de50 dollarspar femme est versée au mari, ainsi que35 dollarspar enfant et35 dollarspar esclave. Des primes sont également versées, notamment pour des mariages ou après des victoires militaires [ 328 ] .
L’EI, qui cherche toujours plus à s’affirmer comme un véritable État annonce en novembre 2014 vouloir frapper ses propres pièces dans le cadre d’unsystème monétairebasé sur les systèmes monétaires des califats médiévaux [ 329 ] , et cette rumeur est reprise en avril 2015 par un blog [ 330 ]ou sur les médias sociaux, puis l’annonce effective de frappe des premières pièces est réaffirmée par l’EI le 29 août 2015 [ 331 ] . Les pièces seraient les suivantes :
Il s’agit d’une monnaie métal : la valeur d’une pièce serait celle de la valeur intrinsèque du métal qui la compose, limitant ainsi son emploi, en raison des variations du cours des métaux, aux seuls territoires contrôlés par l’EI, sans convertibilité d’une telle monnaie [ 331 ] . Cependant, lors de sa création, l’État islamique annonçait un taux de change de 139$USpour un 1 dinar d’or, et une parité du dirham d’argent avec la monnaie américaine [ 332 ] .
Selon un rapport deJean-Charles BrisardetDamien Martinezpublié parReutersennovembre 2014 , les ressources dans les territoires contrôlés par l’EI lui ont rapporté 2,906 milliards de dollars : 38 % de ces revenus viennent du commerce dupétrole , 17 % dugaz naturel , 12 % d’impôts et d’ extorsionsde fonds, 10 % de la production dephosphate , 10 % de la vente deciment , 7 % de l’agriculture, 4 % desrançonset 2 % de donations privées [ 24 ] . Selon les études duGAFIet duCongrès américain , en 2015, la proportion de revenus liés à l’impôt révolutionnaire apparait supérieure, de l’ordre de 30 %, et celle sur l’agriculture également (20 %). Il est estimé qu’environ 40 % de la production irakienne de blé et d’orge est aux mains des djihadistes, qui le vendent au marché noir et en retireraient 200 millions de recettes [ 333 ] .
Jean-Charles Brisardconsidère, en février 2015, qu’ « il sera très difficile à l’EI de remplir sa mission d’État. Ses revenus sont insuffisants pour assurer les services d’un État » [ 334 ] . Plusieurs enquêtes et analystes font état en 2015 d’une nette baisse des revenus de l’EI, notamment issus du pétrole, conduisant à une baisse de la qualité des services rendus à la population et à la hausse des taxes, impôts, extorsions,rapineset trafics en tout genre. Francis Perrin, directeur de la revuePétrole et gaz arabes , estime cependant que« tant qu’il [l’EI] garde le contrôle d’une base territoriale, il pourra s’autofinancer » [ 335 ] .
Fin 2015, l’EI annonce « un budget de 2 milliards de dollars pour l’année 2015, avec un excédent escompté de 250 millions », et selon des experts américains du pentagone « les donations étrangères ne représentaient que 5 % de ses recettes entre 2005 et 2010, la part des contributions issues de généreux donateurs du Golfe ou du détournement d’actions humanitaires n’a pas évolué de façon significative après l’établissement ducalifaten juin 2014 » ; mais on estime que « les agences antiterroristes et les experts ont une vision encore parcellaire des finances de l’EI ». Un document, de janvier 2015, interne à l’EI de la province deDeir ez-Zor , affirme que« sur 8,5 millions de dollars de recettes mensuelles de la province, 44,7 % proviennent des confiscations, 27,7 % du pétrole et 23,7 % des taxes. Plus de 5,5  millions ont été dépensés, ventilés entre salaires des combattants (43,6 %), bases militaires (19,8 %), services à la population (17,7 %), police islamique (10,4 %), aides (5,7 %) et médias (2,8 %) » [ 336 ] .
Nécessité faisant loi, l’EI fait commerce avec ses ennemis (dont l’État syrien et les rebelles syriens) : les besoins des uns et des autres sont ainsi satisfaits en pétrole, gaz, électricité, et des agents de l’État syriens sont toujours payés par celui-ci quand ils sont sous contrôle de l’EI, qui se charge de taxer leurs salaires. L’EI contrôle des puits de pétrole, avec du matériel en mauvais état, mais ne peut le raffiner, et vend du pétrole brut pour avoir des rentrées d’argent, et achète de l’essence. Des installations électriques ou gazières sont co-gérées par l’EI et l’État syrien [ 336 ] .
L’EI contrôle des puits de pétrole en Syrie et organise des trafics d’armes et de carburant. Ses combattants lèvent des impôts dans les zones placées sous leur contrôle et pratiquent occasionnellement vols, kidnappings et extorsions de fonds. Selon leCouncil on Foreign Relationset leWashington Post , l’EIIL récoltait en un mois 8 millions de dollars, soit près de 100 millions de dollars par an [ 16 ] . Selon une étude deIraqoilreportpubliée le 9 juillet 2014, l’État islamique gagnerait 1 à 3 million de dollars par jour rien qu’avec la contrebande de pétrole [ 337 ] , [ 338 ] . Le cabinet américainIHSestime quant à lui que la production de pétrole rapporte à l’EI 800 millions de dollars par an, soit l’équivalent de 2 millions de dollars par jour [ 339 ] . Alors que toutes les autres activités de l’EI sont largementdéconcentrées , la production, les livraisons, les ventes sont étroitement contrôlées par l’EI selon plusieurs études [ 335 ] .
D’après les estimations des experts de l’ONU, l’EI conserve environ la moitié environ de sa production pétrolière pour ses besoins propres (équipements militaires, approvisionnement de la population, fonctionnement des centrales électriques et des groupes électrogènes sur les territoires placés sous son contrôle) [ 335 ] . L’autre partie, vendue bon marché, est rachetée principalement par laTurquie , mais aussi parfois par lerégime syrienou par lesKurdes [ 340 ] . En novembre 2015,Laurent Fabius , ministre français des Affaires étrangères, dit avoir« des soupçons »sur le fait« qu’une partie [du] pétrole [de l’EI] est revendu à M. Bachar al-Assad » [ 341 ] . Débutseptembre 2014l’ambassadrice de l’ Union européenneen Irak, Jana Hybaskova, a affirmé devant des députés de la commission des affaires étrangères duParlement européen , que« malheureusement, des États membres de l’UE achètent ce pétrole » . Cette affirmation est contestée bien que le fait que du pétrole de l’EI se retrouve en Europe via des réseaux parallèles turcs ne soit pas impossible [ 342 ] . D’aprèsMartine Orange ,« les experts du monde pétrolier ne croient guère à ces accusations. Car le marché pétrolier, contrairement aux apparences, est contrôlé. Chaque pétrole a sa carte d’identité, son ADN. En fonction de sa qualité, de sa teneur en soufre ou autre, il est possible, à partir d’une simple analyse, d’en déterminer l’origine, d’établir le gisement dont il provient. Des sociétés de certification contrôlent toutes les cargaisons. Les grands groupes pétroliers risquent des sanctions graves en cas de violation. […] Les enquêtes et les études publiées sur le trafic du pétrole de Daech mettent plutôt en lumière une contrebande locale et régionale » [ 335 ] .
Cependant pour Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur au Centre pluridisciplinaire d’ Herzliyaet au Forum américain du Moyen-Orient, les revenus pétroliers de l’EI seraient surestimés. Il se serait procuré un rapport budgétaire mensuel de laprovince de Deir ez-Zord’après lequel la contrebande de pétrole n’aurait rapporté que 2 millions de dollars en un mois, soit très loin de certaines estimations qui donnaient jusqu’à 3 millions de dollars par jour. Selon al-Tamimi ce seraient les taxes imposées à la population qui constituerait la principale ressource de l’EI soit 70 % de l’argent collecté [ 343 ] . Le géopolitologueFrédéric Encelsouligne que« lesraffineriessituées en territoire conquis par l’EI ayant été bombardées, il ne peut vendre de l’ essenceet doit se contenter d’exporter des huiles non traitées. Cela rapporte forcément moins » [ 344 ] .
Sur les 11 000 attaques répertoriées depuis l’engagement de lacoalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie , en juin 2014, jusqu’à septembre 2015, 196 seulement ont visé des infrastructures pétrolières, selon les chiffres publiés par leFinancial Times [ 335 ] . Celles-ci sont ensuite davantage prises pour cible, en particulier après lesattentats du 13 novembre 2015 en Franceet le rapprochement de la coalition avec la Russie [ 335 ] . Le 16 novembre 2015, la coalition bombarde pour la première fois descamions-citernesqui acheminent le pétrole issu des champs pétroliers contrôlés par l’EI [ 335 ] . Les bombardements des infrastructures pétrolières sous contrôle de l’EI par la coalition affaiblissent peu à peu les revenus que l’EI en tire. Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), indique en novembre 2015 indique que« Daech a désormais du mal à faire vivre son « État » avec cette manne financière, il a même des difficultés à se fournir lui-même en pétrole » [ 345 ] . Camille Grand, directeur de laFondation pour la recherche stratégique , indique que les frappes de la coalition sur les convois de camions-citernes« sont désormais, et depuis le 13 novembre, régulières et portent un coup sévère à l’une des principales ressources de Daech » [ 346 ] .
LeFinancial Timesrévèle en octobre 2015 des accords secrets entre Daech et le régime syrien, en particulier dans le gaz, qui génère environ 90 % de l’électricité des deux entités. Ainsi, la centrale à gaz de Tuweinan, au nord dePalmyre , est opérée encoentreprisepar le gouvernement d’Assad et les hommes de Daech [ 347 ] , [ 348 ] .
Le10 juin 2014 , après laprise de Mossoul , l’EIIL s’empare des réserves d’argent liquide des banques de la ville, soit 425 millions de dollars [ 349 ] . SelonMathieu Guidère , cet argent représenterait la capacité d’accueil du système bancaire local et non pas la somme saisie par des djihadistes : « l’argent n’est pas directement dans leurs mains, mais dans celles de leurs alliés de la tribu des Shammar, dont est issu le gouverneur de la banque centrale de Mossoul » qui a assuré ne pas détenir le tiers de cette somme [ 350 ] . Pour Pierre-Jean Luizard, il s’agit bien de 313 millions d’euros, sous forme de billets en dollars et en lingots d’or [ 351 ] . Ces sommes s’accompagnent de récupérations de fonds auprès d’alliés et clients du régime. L’EI a a ainsi mis en scène sur une vidéo en septembre 2014 la saisie de « plusieurs tonnes d’or » dans le « palais » d’Oussama al-Noujayfi, un politicien de Mossoul rallié à Bagdad et accusé de corruption par l’EI [ 352 ] .
D’autres banques irakiennes sont pillées et, enjuin 2014 , l’EIIL dispose d’un capital de plus de 2,3 milliards de dollars, ce qui en fait le groupe terroriste le plus riche au monde [ 247 ] . Il dépasse les Talibans afghans (400 millions de dollars), leHezbollah(entre 200 et 500 millions de dollars) et lesFARC(entre 80 et 350 millions de dollars) [ 353 ] .
À côté de ces réquisitions forcées, l’EI a mis en place en février 2014 un système d’imposition. Trois de ces taxes sont lazakât , qui représente l’aumône légale, lajizya , qui est l’impôt payé par lesdhimmis(non-mulsulmans) pour avoir le droit de rester sur place, et lasadaqa , aumône volontaire [ 354 ] . Selon les sources, ces sommes sont considérées comme des taxes islamiques permettant de payer les fonctionnaires et d’organiser des baisses des prix de première nécessité [ 354 ]ou au contraire sont perçues comme une forme de racket qui n’atteint pas ses objectifs et enfonce les populations dans la misère [ 355 ] .
SelonThe GuardianetThe New York Times , l’EI pratique également le trafic d’œuvres d’art. Les pillages dans la région d’al-Nabuk lui auraient rapporté à eux seuls l’équivalent de 28 millions d’euros [ 338 ] . En 2015, Hosham Dawod, ancien directeur de l’ Institut français du Proche-Orienten Irak estime que « la deuxième rentrée financière des islamistes radicaux, après le pétrole, c’est le trafic archéologique » [ 356 ] . CependantJean-Charles Brisardjuge « biscornue » les rumeurs de trafic d’œuvres archéologiques, ainsi que celles de trafic d’organes [ 357 ] .
L’État islamique n’est soutenu par aucun État étranger mais le groupe a reçu des aides financières de la part de riches donateurs individuels, pour la plupart originaires des pays du Golfe. L’organisation aurait également mis en place des collectes caritatives dont elle détournerait les fonds [ 350 ] . PourMathieu Guidère , aucun État ne soutient l’État islamique, il affirme enjuin 2014que« personne ne laissera les jihadistes »constituer un État islamique à cheval sur l’Irak et la Syrie,« ni l’Iran, ni la Turquie, ni la Syrie ne laisseront faire » [ 358 ] .
Pour des raisons stratégiques, le groupe a cependant pu bénéficier d’aides ponctuelles. Ainsi au cours de laguerre d’Irak , laSyriefavorise le passage de combattants étrangers qui franchissent la frontière pour rejoindreAl-Qaïda en Irak , puis l’État islamique d’Irak, alors en lutte avec les Américains [ 359 ] .
Jusqu’en2013 , lors de laguerre civile syrienne , l’EI bénéficie de soutiens financiers venus de l’ Arabie saoudite . Ces aides viennent d’acteurs privés, d’associations, de personnalités politiques ou d’hommes d’affaires, parfois liés à la famille royale, qui profitent d’un certain laisser-aller de l’État qui soutient alors l’ensemble de la rébellion syrienne. L’Arabie saoudite réagit enjanvier 2014lorsque l’EIIL entre en guerre contre les autres groupes rebelles syriens duFront islamique , duFront al-Nosraet de l’ Armée syrienne libre , qui sont également financés par les pays du Golfe [ 360 ] , [ 361 ] , [ 362 ] . Enmars 2014 , l’ Arabie saouditeclasse l’État islamique comme « organisation terroriste » [ 338 ] .
LaTurquieest également accusée par certains mouvements politiques et des journalistes de soutenir l’État islamique. SelonLe Monde , de2012àseptembre 2014 , « la Turquie a mené une politique de soutien aux groupes qui combattaient les Kurdes et le régime de Bachar Al-Assad, dont plusieurs organisations djihadistes. Elle les laissait notamment transiter par son territoire, qui leur sert également de base de repli, et en facilitant le passage d’armes et d’équipements. Pour de nombreux observateurs, cette dynamique permissive a directement favorisé l’essor de l’EI sur ce territoire [ 363 ]  » ; selonDaniel Pipes , journaliste américain pour leWashington Times « les Turcs ont offert bien plus qu’un passage aisé de la frontière : ils ont fourni le gros des fonds, de la logistique, de l’entraînement et des armes de l’EIIL. Les Turcs résidant non loin de la frontière syrienne parlent d’ambulances turques se rendant dans les zones de combats entre les Kurdes et l’EIIL pour évacuer les blessés de l’EIIL vers des hôpitaux turcs » [ 364 ] . En Turquie, leParti républicain du peupleaccuse également le gouvernement de soutenir l’EI [ 365 ] . Le premier ministre turcRecep Tayyip Erdoğannie cependant toute alliance avec les groupes armés islamistes enSyrieet enIrak [ 366 ] .
En novembre 2014, la presse israélienne affirme que des combattants duFront al-Nosraet de l’État islamique sont soignés en Israël [ 367 ] , [ 368 ] . Ces informations sont reprises en mars 2015 dans leWall Street Journalet commentées dans la presse internationale [ 369 ] , [ 370 ] , [ 371 ] . Par la suite, un officier deTsahalaffirme à la presse israélienne que seul un petit nombre de membres d’al-Nosra sont parvenus à « s’infiltrer » pour recevoir un traitement médical, il n’évoque pas l’État islamique et déclare que les hôpitaux n’accueillent plus de djihadistes depuis début juin 2015 [ 372 ] .
Selon un rapport du Centre international d’étude sur la radicalisation (ICSR), un centre de recherche duKing’s College de Londres , publié le 17 février 2017, les ressources de l’EI baissent fortement entre 2014 et 2017, en passant de 1,9 milliard de dollars en 2014 à 870 millions de dollars en 2016. Ces ressources sont de trois ordres : (1) les impôts et les péages (2) le pétrole (3) les confiscations et les amendes [ 373 ] .
Au début du mois deseptembre 2014 , après les grandes offensives de l’été à Samara, Mossoul et Deir ez-Zor, le spécialiste des questions liées au terrorismeJean-Charles Brisardconsidérait que l’État islamique avait « environ huit millions d’habitants sous son contrôle. » [ 374 ]
Après sa progression en territoire kurde et dans le sud de la Syrie, au début du mois d’ octobre 2014 , en Syrie, l’État islamique contrôlait presque entièrement les gouvernorats à majoritésunnitedeRaqqaetDeir ez-Zor , une grande partie du gouvernorat d’ Alep , et il progressait dans celuid’Hassaké , notamment autour de la zone frontière duKurdistan . En Irak, pour la même période, l’État islamique contrôlait presque entièrement les provinces à majorité sunnite d’ Al-Anbar , deSalah ad-Dinet deNinive .
Si l’on se fonde sur le recensement syrien de2010 , et si l’on considère que le gouvernorat de Raqqa était peuplé avant le début de laguerre civile syriennede921 000 habitants , celui de Deir ez-Zor de2 200 000 habitants , celui d’Alep de6 100 000 habitantset celui d’Hassaké3 477 000 habitants , on peut estimer, en pondérant ces chiffres avec les trois millions de réfugiés et de déplacés dus aux combats [ 375 ] , que l’État islamique exerce son contrôle sur un territoire peuplé d’environ 5 millions de personnes sur le sol syrien.
En Irak, si l’on se fonde sur les recensements de 1999, 2003 et sur les estimations de2008 , et si l’on considère que, la province d’ Al-Anbarétait peuplée de1 432 717 habitants , celle deSalah ad-Dinde 1 146 500habitants (2003)et celle deNinivede4 000 000 habitants ( 2008 ) , on peut estimer, en pondérant ces chiffres avec les départs de centaines de milliers de réfugiés et de déplacés dus aux combats [ 376 ] , que l’État islamique exerce son contrôle sur une région peuplée de 5 à 6 500 000 personnes sur le sol irakien.
À l’automne2014 , l’État islamique exercerait donc son autorité sur environ 10 millions de personnes, sur des territoires ruraux et urbains à majorité sunnite d’Irak et de Syrie.
La population dugouvernorat de Raqqa— centre de décision du califat autoproclamé, l’un des deux gouvernorats de Syrie presque entièrement contrôlé par l’EI — est, selon les dernières données, l’une des plus pauvre deSyrie . Elle compte un tiers d’analphabètes, un taux de fécondité de 8 enfants par femme et plus de 50% de sa population active travaille dans l’agriculture [ 377 ] .
L’État islamique prétend être unÉtat théocratiqueprônant unrégimebasé sur une interprétation rigoureuse de lacharia , la loiislamique . Il estdirigéparAbou Bakr al-Baghdadiqui s’est proclamé «  calife  » et appelle tous lessunnitesà lui prêterallégeance . L’EI rejette ladémocratie , lalaïcitéet lenationalisme , qualifiés d’ «  orduresde l’ Occident  » [ 57 ] . Depuis ledépart des Américainsd’ Irak , l’EI considère l’ Irancomme son principal ennemi et se montre particulièrement hostile auxchiites [ 36 ] . Les témoignages permettent d’affirmer que l’organisation « règne par la peur » sur le territoire qu’elle contrôle [ 378 ] .
Le11 juin 2014 , àMossoul , l’État islamique en Irak et au Levant rend publique unechartede16 articlesrégissant la vie à l’intérieur de la ville. Parmi ces points, il menace ses opposants de« l’ homicide , lacrucifixion , l’ amputationdesbrasou (et) desjambes , ou l’ exil  »( article 5 ). L’ alcool , letabacet lesdroguessont interdits ( article 8 ). Toutes les manifestations publiques, considérées comme contraires à l’islam, sont interdites ( article 10 ). L’EIIL promet également la destruction desstatuesédifiées avant l’ avènement de l’islam( article 13 ). Lesfemmesne peuvent sortir que vêtues d’unniqabet accompagnées d’un membre de leur famille ( article 14 ) [ 379 ] .
À partir de début de 2015, en Irak, les femmes non vêtues d’un niqab, ou ne le portant pas de manière réglementaire, sont soumises à une peine de «  morsure  », commise par une femme de lahisba , parfois avec un appareil en métal aiguisé, graduée en fonction de la « gravité » du « délit » [ 326 ] , [ 327 ] .
L’EI entend aussi imposer ses vues en matière d’ enseignement . Dans les territoires qu’il contrôle, il a déjà interdit des cours d’ histoire , dephilosophieet dechimie . L’enseignement desthéories de Charles Darwinest prohibé sous prétexte « d’éliminer l’ignorance » et labiologiemoderne est bannie des salles de classe au profit des «  sciences religieuses  » [ 380 ] .
Auprès des populations, l’EI prend le relais des services publics et des États absents ou défaillants, distribue de la nourriture aux habitants, des mesures sont prises pour faire vendre le pain à prix modique et l’eau est fournie gratuitement aux agriculteurs [ 377 ] .
Ennovembre 2014 , le groupe annonce qu’il va frapper de lamonnaiesous forme depiècesd’ or , d’ argentet decuivre [ 381 ] .
Le1 er juin 2015 , àMossoul , l’État islamique impose le port de la barbe [ 382 ] . Dans cette même ville, les femmes ont cependant l’autorisation de conduire une voiture. SelonGeorges Malbrunot , journaliste duFigaro  ;« Ironie de l’histoire : sur cette question, Daech se montre plus « libéral » que la très rigoristeArabie saoudite  » [ 383 ] .
L’EI rétablit le statut dedhimmipour leschrétienset lesjuifs . ÀMossoul , la minorité chrétienne doit notamment payer ledjizîa , unecapitationspéciale équivalent à250dollarspar personne [ 384 ] . Selon lepatriarche chaldéen Louis Sako , la population chrétienne deMossoulau début du mois de juillet de l’année2014est de 25 000 personnes [ 385 ] .
Dans le nord de l’Irak, leschrétiens , lesTurkmènes , lesShabakset lesYézidissont victimes d’exactions de la part de l’EI. ÀMossoul , environ 200 membres des minorités sont enlevés en juin et en juillet et au moins 11 sont assassinés. Selon Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord àHuman Rights Watch  :« Le simple fait d’être un Turkmène, un Shabak, un Yézidi, ou un chrétien dans la région contrôlée par l’EIIL peut signifier la perte d’un emploi, de la liberté ou même de la vie » [ 386 ] .
Le18 juilletàMossoul , l’EI lance un ultimatum aux habitants chrétiens. Les djihadistes s’adressent à ceux qui refusent de se convertir à l’islam ou de payer ledjizîaet leurs ordonnent de quitter la ville avant le lendemain, faute de quoi ils seront mis à mort. Dans un communiqué distribué à Mossoul, l’EI déclare :« Nous leur proposons trois choix : l’islam, ladhimmaet, s’ils refusent ces deux choix, il ne reste que le glaive » . Cette annonce provoque l’exode de nombreux chrétiens en direction deDahuketErbil , dans leKurdistan irakien [ 385 ] , [ 387 ] .
Selon un rapport deMinority Rights Group International , l’EI encouragerait l’ esclavagedes non-musulmanes, qu’elles soientenfantsou adultes [ 388 ] . Le viol est pratiqué comme arme de guerre, et son encouragement est utilisé pour séduire de futures recrues issues de milieux très conservateurs où le sexe hors mariage est tabou [ 389 ] .
Environ 2 500 à 7 000yézidissont capturés par l’État islamique lors desmassacres de Sinjaret parmi lesquels plusieurs centaines ou plusieurs milliers de femmes sont réduites à l’ esclavage sexuel [ 390 ] , [ 391 ] . LesYézidiesforment la grande majorité des victimes, mais des femmes issues des communautésshabak ,turkmène ,chiites , etchrétiennessont également capturées, bien qu’en plus petit nombre [ 390 ] . Selon Myriam Benraad, politologue française spécialiste de l’Irak,« Pour l’État islamique les femmes doivent être assujetties et déshumanisées. Les combattants les considèrent comme des objets commerciaux et sexuels. Ils les capturent, les enferment et en font des butins de guerre. Dans le califat proclamé, la femme n’est pas une citoyenne, mais une esclave domestique et sexuelle à la merci de son mari. » [ 392 ] . Selon le témoignage d’une famille habitant Mossoul et réfugiée à Paris, 700 femmes yézidies ont été vendues le 16 août 2014 sur la place publique au prix moyen de 150dollars [ 393 ] .
Enoctobre 2014 , dans son magazine de propagandeDabiq , l’EI justifie la mise en esclavage des femmes et des enfants yézidis comme «  butins de guerre  ». D’après ce texte qui s’appuierait sur laloi islamique , les chrétiennes et les juives échappent à ce traitement à condition que leur famille paye ladjizîa . Un combattant de l’État islamique déclare àRFI  :« Elles sont achetées pour les tâches ménagères, elles s’occupent de la maison. […] Ces femmes ne sont pas des esclaves sexuelles, ce sont des esclaves tout court. Des esclaves avec lesquelles leurs maîtres peuvent avoir des rapports sexuels et si des enfants naissent de ces unions, EI les considère comme musulmans » . Plusieurs femmes yézidies préfèrent se suicider plutôt que de rester à l’état d’esclaves [ 394 ] .Dabiqcite également en exemple les enlèvements — notamment l’ enlèvement des lycéennes de Chibok—opérés parBoko HaramauNigeria [ 395 ] . Nazand Bagikhany, conseiller du gouvernement régional kurde, indique que ces femmes subissent notamment « des viols systématiques et un esclavage sexuel », certaines femmes vendues portaient des étiquettes de prix sur les marchés de Raqqa et de Mossoul [ 396 ] .
En octobre2014 , selonHuman Rights Watch « l’organisation islamiste détiendrait au moins 366 personnes mais ce nombre pourrait s’avérer plus de trois fois supérieur » . Elle dénonce les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes yézidies achetées et vendues par des djihadistes. Elle estime que« l’enlèvement et les abus systématiques dont font l’objet les civils yézidis peuvent constituer descrimes contre l’humanité  » [ 397 ] , cet avis est officiellement partagé par l’ ONUdepuis le21 octobre 2014 [ 398 ] .
Selon un document daté du16 octobre 2014 , présenté par l’agence de presseIraqi news [ 399 ] , l’État islamique aurait fixé le prix de vente des femmes yézidis ou chrétiennes, comme esclaves, entre 138 et35 euros .« Une fillette âgée de 1 à 9 ans coûterait 200 000 dinars (soit 138 euros), une fille de 10 à 20 ans 150 000 dinars (104 euros), une femme entre 20 et 30 ans 100 000 dinars (69 euros), une femme entre 30 et 40 ans 75 000 dinars (52 euros) et une femme âgée de 40 à 50 ans 50 000 dinars (35 euros) » . Le document stipule l’interdiction« d’acheter plus de trois femmes » , sauf pour les« Turcs, les Syriens ou les Arabes du Golfe » [ 400 ] .
Le3 décembre 2014 , le« Département des prisonniers et des affaires de la femme »de l’État islamique publie un document expliquant comment traiter une femme esclave sexuelle :« quand la battre, dans quelles circonstances son viol est justifié ou combien elle coûte » . Les« polythéistes, chrétiennes et juives »sont particulièrement concernées, car elles sont« autorisées à devenir esclaves » . Il est ainsi stipulé que ces femmes peuvent être emprisonnées et violées quotidiennement, en précisant que« les filles vierges peuvent être violées immédiatement après avoir été achetées par leur propriétaire » , mais que« celles qui ont déjà eu des rapports sexuels doivent avoir leur utérus « purifié » en premier » . Le document affirme également qu’il est« légal d’ avoir des relations sexuelles avec une enfant pré-pubère  » . Le conseil religieux ayant produit ce texte — le Conseil Shura —, dit se baser sur le Coran pour le justifier, et notamment sur ce passage :« Allah récompense les musulmans qui sont chastes avec leurs femmes et ce qu’ils possèdent » , le« ce qu’ils possèdent »signifiant, selon ce conseil, les femmes capturées et mises en esclavage. Des règles sont fixées sur la propriété des prisonnières :« une femme enceinte de son maître »ne peut pas être vendue et il n’est pas possible de« séparer une mère d’une fille, à moins qu’elle ne soit déjà mûre » . Les prisonnières peuvent être battues par mesure disciplinaire, bien que selon le guide il est interdit de les frapper au visage ou de« les frapper uniquement pour des fins agréables ou de torture » . Aucune punition spécifique n’est établie contre des esclaves qui parviendraient à s’enfuir, mais selon le guide de l’EI, il s’agit de« l’un des péchés les plus graves »et« elles doivent être punies pour dissuader les autres de s’échapper [ 401 ] , [ 402 ] . »
Ce statut d’esclave est soutenu par le «Centre de recherches et de fatwas» de Daech qui a établi que ces pratiques existaient déjà au Moyen Âge, avant que l’esclavage ne soit aboli [ 403 ] .
Dans un rapport publié en février 2017,Human Rights Watchfait également état de nombreux cas de viols et de mariages forcés commis contre des femmes musulmanessunnites [ 404 ] .
Le soir du 17 juillet 2014, l’Archevêché syriaque catholique de Mossoul est incendié par les djihadistes [ 405 ] . L’EI commet également des destructions contre des sites religieux considérés comme « hérétiques ». Le24 juillet , àMossoul , la tombe du prophèteJonas (commun aux 3 monothéismes) , construite entre leIV eet leVIII e  siècle , est détruite [ 406 ] , [ 407 ] . En février 2015, des membres de l’État islamique détruisent dans lemusée de Mossoulune collection de statues et de sculptures, dont certaines d’entre elles remontent auVII esiècle avant Jésus-Christ, sous prétexte de combattre une (hypothétique) «  idolâtrie  », « péché impardonnable » dans l’islam dit fondamentaliste, qui se veut iconoclaste en proscrivant toute représentation figurative des « êtres ayant une âme » [ 408 ] , [ 409 ] .
Le5 mars 2015 , les djihadistes détruisent les statues et les bas-reliefs le long des murailles du site antique deNimrod [ 410 ] . Deux jours plus tard, les statues et les hauts-reliefs du site deHatrasont détruits à leur tour [ 411 ] , [ 412 ]
Cette amputation prive ainsi les générations futures de l’accès à leur histoire, comme à celle de l’Humanité [ 413 ] , [ 414 ] , [ 415 ] . L’ Unescoa assimilé cette destruction du patrimoine à un crime de guerre [ 412 ] .
Pour le philosopheGérard Leclerc , l’éradication du passé cherche à permettre aux djihadistes de créer une« société nouvelle et un homme nouveau » , débarrassé de ses racines qui le rendraient moins malléable. C’est le résultat nihiliste d’ « une rage iconoclaste » [ 416 ] .
En août 2015, l’État islamique détruit le temple deBaalshaminàPalmyreen Syrie [ 417 ] , [ 418 ] .
En janvier 2015, l’EIIL envahit laBibliothèque centrale de Mossoulet le réputéMusée de la ville , puis détruit par le feu des centaines de manuscrits (dont certains préservés depuis 5000 ans et plus) [ 413 ] ,vandalisantde nombreuses œuvres antiques, et des reliquats de journaux (essentiellement des livres pour enfants, de poésie, de philosophie, de santé, de sport et de sciences), et épargnant vaguement les livres traitants de l’islam [ 419 ] . Le 22 février 2015 rien n’est épargné : 8 000 livres rares de la bibliothèque sont livrés aux flammes d’un bombardement. L’ AFPindique alors que selon des responsables locaux, 100 000 livres auraient été victimes de campagnes d’autodafés dans laprovince d’al-Anbar [ 420 ] .
Des alertes sur cesautodaféssont émises dès le mois de janvier 2015 ; début février, par la voix de sa directrice généraleIrina Bokova , l’ UNESCOdéclare que« si ces informations se confirment, il s’agirait d’une des plus grandes destructions intentionnelles d’ouvrages de l’histoire humaine [ 421 ] . »Une amputation confirmée depuis cette alerte [ 422 ] , [ 423 ] , [ 424 ] .
Reporters sans frontièresrecense, dans un bilan dressé le 23 octobre 2014, deux journalistes étrangers, huit journalistes syriens et deux irakiens tués par le groupe djihadiste. À ceux-là s’ajoutent un journaliste étranger détenu en otage, neuf journalistes irakiens enlevés en Irak par l’EI et près de vingt journalistes syriens portés disparus ou enlevés par différents groupes armés, dont l’organisation EI en Syrie. ÀMossoul , « les journalistes auraient reçu l’ordre de l’EI de ne plus couvrir les événements au risque d’être tués », selon le groupe de médias Syria Deeply, l’EI a défini onze règles non négociables pour les journalistes souhaitant couvrir ses activités dans la province syrienne de Deir Ezzor, notamment de prêter allégeance au calife Abu Bakral-Baghdadi, de ne rien publier sans validation du bureau de presse de l’organisation ; les contrevenants risquant d’être tués.Reporters sans frontièresvoit les régions détenues par l’EI comme des « trous noirs de l’information » qui rendent difficile l’établissement de données sûres et exhaustives [ 425 ] .
Finoctobre 2014 , le président duComité international de la Croix-Rouge(CICR),Peter Maurer , souligne que « En Irak et en Syrie, nous négocions avec toutes les autorités, y compris l’État islamique », affirmant que « l’État islamique n’est pas une organisation avec une direction clairement identifiée qui dispose d’une porte à laquelle on peut frapper […] en Irak et en Syrie, ces négociations se font en partie avec les tribus qui nous amènent auprès d’interlocuteurs qui sont considérés comme des représentants de l’EI [ 426 ]  ».
Mouvement particulièrement violent, l’État islamique est responsable de nombreuxmassacres [ 427 ] , [ 428 ] , [ 429 ] , [ 430 ] . Pendant laguerre d’Iraket laguerre civile syrienne , les troupes de l’EI exécutent presque systématiquement les militaires et miliciens des armées irakiennes et syriennes faits prisonniers, ainsi que les rebelles syriens, y compris les combattants duFront al-Nosraou d’autres groupes djihadistes. Plusieurs massacres sont également commis contre des civils notamment contre lesYézidisou contre des tribus sunnites hostiles à l’État islamique, comme les Al-Cheitaat ou les Albou Nimr. L’EI fait aussi mettre à mort certains de ses membres ; des combattants auteurs de détournement de fonds ou de vols contre des musulmans [ 431 ]et des déserteurs [ 432 ] . Les méthodes d’exécutions les plus couramment employées sont lesfusillades , lesdécapitations [ 433 ]et lescrucifiements [ 434 ] . L’EI est accusé par l’ ONU , laLigue arabe , lesÉtats-Uniset l’ Union européennedecrimes de guerre , denettoyage ethniqueet decrimes contre l’humanité [ 428 ] , [ 429 ] , [ 430 ] , [ 435 ] .
Selon un rapport duComité des droits de l’enfant(CRC) du 4 février 2015, des enfants irakiens issus des minorités ont été vendus par l’EI comme esclaves sexuels, d’autres ont été décapités, crucifiés ou enterrés vivants. Des enfants ont également été utilisés comme kamikazes, en particulier des enfants déficients mentaux [ 436 ] .
En Syrie, selon le politologueZiad Majed , 400 personnes, en majorité des rebelles sunnites, sont exécutées par l’EIIL au cours de l’année2013et 1 000 à 1 200 ont été faits prisonniers [ 101 ] .
Le 10 juin 2014, après sa victoire à labataille de Mossoul , l’État islamique s’empare de la prison de Badoush et massacre 670 prisonniers chiites [ 437 ] . Selon le gouvernement irakien, 2 070 personnes sont exécutés par l’État islamique àMossoulet dans l’ensemble de la province deNinivede juin2014à août2015 [ 438 ] .
Le 13 juin, l’EIIL revendique le massacre de1 700 prisonniers chiitesde l’armée irakienne àTikrit [ 439 ] , [ 440 ] . En mars 2015,Human Rights Watchconfirme que le bilan du massacre a dépassé les 1 000 morts [ 441 ] . Le 14 juin, un compteTwitterconsidéré comme proche de l’EIIL publie des photographies d’exécutions de prisonniers ; elles montrent des dizaines de corps fusillés dans des fosses communes par les djihadistes, les cadavres ont les mains liés et sont vêtus d’habits civils [ 442 ] , [ 409 ] . SelonAdrien Jaulmes , reporter pourLe Figaro  :« Ces séries de photos sont sans doute le premier cas dans l’histoire où un crime de masse est ainsi documenté et mis en scène par ses auteurs, comme s’il s’agissait d’un glorieux fait d’armes » [ 443 ] .
Selon Human Rights Watch, au moins 40 chiites turkmènes, dont des enfants, ont été massacrés le 16 juin dans quatre localités proches de la ville deKirkouk [ 386 ] .
Du 3 au 15 août 2014, les populationsyézidiesdu nord-ouest de l’ Iraksont victimes de massacres dans lesMonts Sinjar [ 444 ] , [ 445 ] , [ 446 ] . Selon un bilan donné en août 2015 par leGouvernement régional du Kurdistan , sur les 550 000yézidisirakiens, 400 000 ont été déplacés, 1 500 sont morts et 4 000 sont retenus en captivité [ 447 ] . Selon leHaut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme , ces attaques « pourraient constituer ungénocide  » [ 448 ] .
Enaoût 2014 , dans legouvernorat de Deir ez-Zor , enSyrie , la tribu des Chaïtat se révolte contre l’État islamique. Selon l’ OSDH , les forces de l’EI répliquent en massacrant en deux semaines 900 à 1 000 membres de cette tribu, dont une grande majorité de civils. 300 personnes sont notammenttuées en une journée à Ghraneidj [ 449 ] , [ 450 ] , [ 451 ] , [ 452 ] , [ 453 ] .
Les 27 et 28 août, après labataille de Tabqa , les djihadistes de l’État islamique exécutent 160 à 200 prisonniers de l’armée syrienne [ 454 ] .
Fin octobre et début novembre 2014, l’EI exécute 322 à 500 membres de la tribu des Albou Nimr, près deHit , dans laprovince d’al-Anbar , enIrak [ 455 ] , [ 456 ] .
Le15 décembre 2014 , l’organisation publie des photos d’une exécution de masse de 13 hommes décrits comme des combattantssunnitesopposés audjihadistes [ 457 ] .
Le16 décembre 2014 , le ministère irakien des Droits de l’homme affirme que l’État islamique a exécuté, àFalloujah ,« au moins150 femmes , parmi lesquelles de futures mères » , ayant« refusé d’accepter le « djihad par mariage » » , sorte de« prostitution légalisée » , le temps d’une« guerre sainte » [ 458 ] , [ 459 ] .
Endécembre 2014 , selon le témoignage d’un activiste syrien auFinancial Times , l’État islamique a exécuté une centaine de ses hommes en Syrie pour avoir tenté de déserter [ 460 ] .
Selon l’ OSDH , les massacres et les exécutions commis par l’État islamique font au moins 4 467 morts enSyrieentre le28 juin 2014et le28 octobre 2016 . Parmi eux figurent2 436 civils , certains mis à mort pour sorcellerie, homosexualité ou collaboration avec la coalition des « croisés », 86 enfants et 131 femmes, 1 204 soldats et miliciens du régime syrien, 333 rebelles syriens, y compris des djihadistes duFront al-Nosraet des Kurdes desYPG . L’EI a également exécuté 494 de ses propres hommes pour tentative de désertion, « extrémisme » ( ghuluw ), ou espionnage. L’OSDH estime cependant que le bilan réel est probablement plus élevé et évoque notamment plusieurs centaines de disparus dans les prisons de l’EI [ 461 ] .
Selon un travail de recherche de l’ Associated Press , 72 charniers sont recensés en Irak et en Syrie, à la date du30 août 2016dans des territoires ayant été contrôlés par l’État islamique. Le nombre des morts est estimé par l’agence de presse entre 5 200 et 15 000 [ 462 ] , [ 463 ] .
En Irak, l’État islamique commet régulièrement des attentats contre les populations civiles, essentiellement leschiites . Selon l’ONU, les attentats de l’EIIL font 6 000 morts demarsànovembre 2013 [ 70 ] .
Le Global terrorism database tenue par l’ Université du Marylandcomptabilise 1 681 attentats et massacres commis par l’EI deavril 2013ànovembre 2015dans les pays suivant ;Irak ,Syrie ,Iran ,Arabie saoudite ,Koweït ,Yémen ,Libye ,Tunisie ,Égypte ,Liban ,Afghanistan ,Pakistan ,Turquie ,FranceetBangladesh , qui causent la mort de 12 500 personnes — dont 9 565 enIraket 1 834 enSyrie— et font plus de 13 000 blessés [ 464 ] .
Le8 août 2014 , date du début desfrappes aériennes occidentales , marque un changement de stratégie de la part de l’État islamique vis-à-vis de l’Occident. Le groupe passe à une logique de « djihad régional » — focalisé à la lutte contre les États de la région — à une logique de « djihad global », en se déclarant en lutte contre le reste du Monde et en particulier contre l’ Occident [ 465 ] , [ 466 ] . Dans un message publié le22 septembre 2014 , Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole de l’État islamique appelle au meurtre des citoyens des pays de la Coalition :« Si vous pouvez tuer un incroyantaméricainoueuropéen— en particulier les méchants et salesFrançais— ou unAustralienou unCanadien , ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munitions, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierres, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le [ 467 ] , [ 468 ] . »
En 2016, l’EI revendique des attentats ( Orlando ,NiceouAnsbach ) dont les auteurs ont pu avoir des contacts avec lui mais qu’il n’a pas organisés : le chercheurOlivier Royrelève ainsi que l’EI« frapp[e] complètement au hasard, alors qu’Al-Qaïda s’efforçait de choisir des cibles symboliques. Non pas dans la perspective de soulever les musulmans partout dans le monde en créant une guerre de civilisation, comme le penseGilles Kepel , mais pour obliger les Occidentaux à renoncer à leurs frappes, parce que les frappes lui font mal » [ 469 ] .
Le journalLe Monderecense 83 attentats — 32 kamikazes, 23 fusillades, 15 bombes, 14 exécutions d’otages, 7 voitures piégées, 2 prises d’otages, 1 colis piégés et 3 autres cas — commis par l’EI et ses filiales à travers le monde dejuin 2014ànovembre 2015 . Ces attaques causent la mort de plus de 1 600 personnes, dont 454 enIraket enSyrie(34 attentats), 418 auNigeria , auCamerounet auTchad(23 attentats), 310 morts enÉgypte(8 attentats), 250 morts auYémen(7 attentats), 88 morts enArabie saoudite(7 attentats) et 67 morts enLibye(3 attentats). Sur ces 83 attaques, 43 ont eu lieu dans des lieux et voies publics, 19 dans des mosquées, 13 dans le désert, 5 dans des lieux culturels, 4 dans des transports, 1 dans un camp militaire, 1 dans une église, 1 dans une synagogue, 1 dans un champ pétrolier et 1 dans un camp de réfugiés [ 470 ] . Un nouveau bilan est effectué parLe Mondequi recense 171 attentats commis par l’EI à travers le monde de juin 2014 à juin 2016 et qui causent la mort de plus de 2 500 personnes [ 471 ] .
Le 18 avril 2015, un attentat àJalalabadfait 34 morts et une centaine de blessés, tous civils. Les talibans nient toute implication et l’attaque est revendiquée par un ancien porte-parole duTehrik-e-Taliban Pakistan , limogé après son allégeance à l’État islamique [ 472 ] , [ 473 ] . Cependant le 26 avril, la branche afghane de l’État islamique dément, dans un communiqué officiel, être à l’origine de l’attaque [ 474 ] . L’EI revendique également l’ attentat du 8 août 2016 à Quettal’ attentat de l’école de police de Quetta , l’ attentat de Khuzdaret l’ attentat du sanctuaire de La’l Shahbâz Qalandar .
EnArabie saoudite , ladynastie des Saoudest considérée comme illégitime par les salafistes djihadistes [ 479 ] . Le13 novembre 2014 ,Abou Bakr al-Baghdadiappelle ses partisans à « allumer les volcans du djihad en Arabie saoudite » [ 479 ] . Le26 décembre 2015 , il appelle de nouveau à des soulèvements en Arabie saoudite [ 480 ] . De juin 2014 à novembre 2015, l’État islamique mène sept attentats dans le pays qui font 88 morts [ 470 ] . Ils visent principalement la minorité chiite et les forces de sécurité [ 479 ] . Le4 juillet 2016 ,trois attentats-suicidesfrappent le royaume durant la période du Ramadan, dont un àMédine . Ces attentats ne sont pas revendiqués mais selonLe Monde , le mode opératoire laisserait à penser qu’ils pourraient être le fait de l’État islamique [ 481 ] .
Uneprise d’otages a lieu à Sidneyles14et15 décembre 2014 , son auteur avait prêté allégeance à l’État islamique [ 482 ] .
Le28 septembre 2015 , un travailleur humanitaireitalienest abattu par des hommes armés dans la capitale duBangladesh ,Dacca . Il s’agit de la première action revendiquée par l’État islamique dans ce pays [ 483 ] . Le 3 octobre, l’EI abat ensuite unJaponaisàKaunia [ 484 ] . Puis le 24 octobre, l’EI commet un premier attentat, qui fait 1 mort et 80 blessés dans un lieu de culte chiite à Dacca [ 485 ] . Et le 4 octobre, l’EI revendique sa première attaque contre la police bengalie, un policier est tué au couteau près de la capitale [ 486 ] .
Dans la nuit du1 erau 2 juillet 2016, un restaurant deDaccaestpris en otage par des hommes armésdans un quartier prisé des diplomates et des expatriés. La prise d’otage a été revendiquée par l’État Islamique. Six assaillants ont été tués, et 13 otages libérés par les forces du Bangladesh [ 487 ] .
La première attaque en Occident liée à l’État islamique [ 488 ]est latuerie du Musée juif de Belgique , àBruxelles , le24 mai 2014 , commise parMehdi Nemmouche , un ancien geôlier d’otages pour l’État islamique en Irak et au Levant, présent enSyrieen2013et au début de l’année2014 . Lesattentats de Bruxellesdu22 mars 2016sont les premiers revendiqués par l’EI en Belgique [ 489 ] . Il revendique ensuite l’ attentat du 6 août 2016 à Charleroi [ 490 ]et l’ attentat de Schaerbeekle5 octobre 2016 .
Lafusillade d’Ottawa , le22 octobre 2014 , est commise par un sympathisant de l’EI.
Le 10 août 2016, Les forces d’élite canadiennes interviennent en extrême urgence pour neutraliser un homme qui allait commettre un attentat. Il est abattu au sud deToronto . Il avait plaidé allégeance au groupe État islamique dans une vidéo interceptée quelques heures plus tôt par leFBIqui a immédiatement alertéla Sécurité publique canadienned’une attaque imminente [ 491 ] .
Lafusillade de Copenhague , les14et15 février 2015 , est menée par un homme ayant prêté allégeance à l’État islamique [ 492 ] . Le31 août 2016 , un homme tire sur deux policiers avant d’être tué, l’attaque est revendiquée deux jours plus tard par l’EI [ 493 ]
Le 31 octobre 2015, il revendiquela destruction d’un Airbus A321 russeparti deCharm el-Cheikhet détruit en plein vol par une bombe [ 494 ] .
Le 9 avril 2017,deux attentas à la bombevisent des lieux de cultes coptes [ 495 ] .
L’ Attaque du Curtis Culwell Center , le3 mai 2015 , est la première revendiquée aux États-Unis par l’État islamique [ 496 ] . Lafusillade de San Bernardino , le2 décembre 2015 , est commise par un couple qui avait prêté allégeance à l’EI [ 497 ] , [ 498 ] , [ 499 ] , [ 500 ] . Lafusillade d’Orlando , le12 juin 2016 , est la deuxième attaque officiellement revendiquée par l’EI [ 501 ] , [ 502 ] . Le groupe djihadiste revendique encore l’ attentat du Crossroads Centerdu18 septembre 2016 [ 503 ] .
Le9 janvier 2015 , laprise d’otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennesest menée parAmedy Coulibaly , qui annonce avoir prêté allégeance à l’État islamique. L’attaque est coordonnée avec l’ attentat contre Charlie Hebdomené par lesfrères Kouachiqui agissent quant à eux au nom d’ al-Qaïda .
Lesattentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denissont les premiers en Occident directement planifiés, exécutés et revendiqués officiellement par l’État islamique [ 504 ] .
D’autres ne sont pas revendiquées, mais leurs auteurs sont soupçonnés d’avoir voulu agir au nom de l’EI : l’ affaire Sid Ahmed Ghlamen avril 2015, l’ attentat de Saint-Quentin-Fallavier , le26 juin 2015et l’ attentat du train Thalysle21 août 2015 .
La première attaque probable de l’État islamique enPalestinea lieu le19 juillet 2015 , dans le quartier de Cheikh Radouane, au nord deGaza . Cinq explosions frappent des véhicules desBrigades Izz al-Din al-Qassam , branche armée duHamas , et desbrigades Al-Qods , branche armée duJihad islamique palestinien . Ces attentats ne font cependant aucune victime [ 508 ] .
L’État islamique revendique pour la première fois un attentat enIndonésiele14 janvier 2016 , cinq assaillants et deux civils, dont unCanadien , sont tués ce jour-là lors de l’ attentat de Jakarta [ 509 ] , [ 510 ] .
le24 mai , l’État islamique revendique un double attentat-suicide à un terminal de bus àJakarta . 3 policiers sont tués et 10 personnes sont également blessés dans ces attaques [ 511 ] .
Le3 juillet 2015 , l’État islamique revendique sa première attaque contreIsraël . Ce jour-là deux ou trois roquettes tirées par des hommes de laWilayat Sinaïatteignent le sud de l’État hébreu sans faire de victime [ 512 ] , [ 513 ] . Le27 novembre 2016 , un accrochage oppose pour la première fois des soldats israéliens à des djihadistes de l’EI sur leplateau du Golan [ 514 ] , [ 515 ] .
Le11 septembre 2016 , trois femmes sont tuées àMombasa , au Kenya, après avoir tenté d’attaquer un commissariat avec une bombe incendiaire et de couteaux [ 516 ] . Cette attaque est la première revendiquée au Kenya par l’État islamique, ses auteures sont qualifiées de « partisanes » [ 517 ] . C’est aussi la première fois que l’État islamique revendique une attaque commise par des femmes [ 518 ] .
EnTunisie , l’EI revendique l’ attaque du musée du Bardocommis le18 mars 2015 [ 522 ] . Puis l’ attentat de Soussele26 juin 2015qui fait 38 morts sur une plage touristique. L’organisation vise principalement à déstabiliser l’équilibre démocratique et économique du pays en tentant d’anéantir le secteur du tourisme tunisien [ 523 ] . Il commet également unattentat le 24 novembre 2015 à Tunisqui tue 12 soldats de la garde présidentielle [ 524 ] . Ilattaquesans succès la ville deBen Gardanele7 mars 2016 [ 525 ] .
Le5 juin 2015 , des adeptes de l’État islamique commettent un attentat à la bombe qui fait au moins 2 morts et 100 blessés dans la ville deDiyarbakır , lors d’un meeting duHDP [ 526 ] , [ 527 ] , [ 528 ] . Commis le20 juillet 2015contre des étudiants de la Fédération des associations de jeunes socialistes qui devaient participer à la reconstruction deKobané , l’ attentat de Suruçest vraisemblablement la première attaque directe de l’EI enTurquie [ 529 ] . Bien qu’il n’ait pas revendiqué ces attaques [ 530 ] , l’EI est également soupçonné d’avoir commandité l’ attentat d’Ankara du 10 octobre 2015 [ 531 ] , l’ attentat d’Istanbul du 12 janvier 2016 [ 532 ] , l’ attentat d’Istanbul du 19 mars 2016 [ 533 ] , l’ attentat d’Istanbul du 28 juin 2016 [ 534 ]et l’ attentat de Gaziantep du 20 août 2016 [ 535 ] . L’ attentat de Diyarbakır du 4 novembre 2016est le premier qui soit revendiqué par l’EI [ 536 ] . Il est suivi par l’ attentat d’Istanbul du1 erjanvier 2017 [ 537 ] .
L’État islamique revendique ledouble attentat de Téhéran , commis dans le Parlement iranien et au mausolée de l’ ayatollah Khomeinile 7 juin 2017 [ 539 ] .
Le soir du17 juillet 2014 , une jeune veuve de 26 ans accusée d’« adultère » estlapidéeà Tabqa, près deRaqqa  ; selon l’OSDH, c’est la première exécution de ce type commise en Syrie par l’État islamique. Le lendemain, une deuxième femme subit le même sort à Raqqa [ 540 ] , [ 541 ] . D’autres exécutions de ce type suivent [ 542 ] .
Leshomosexuelssont également exécutés parlapidation . La première exécution connue a lieu à Mayadin, dans legouvernorat de Deir ez-Zorle25 novembre 2014 , une seconde suit de lendemain dans la ville deDeir ez-Zormême [ 543 ] . Vers début décembre un homme accusé d’homosexualité est jeté du toit d’un immeuble puis lapidé, cette exécution aurait été ordonnée après un jugement du« tribunal islamique de la wilaya Al-Furat » , soit dans la région deBoukamaletAl-Qa’im [ 544 ] , [ 545 ] . Plusieurs autres exécutions de ce type suivent, au moins 36 homosexuels sont mis à mort en Irak et en Syrie pendant l’année2015 [ 546 ] . Certains homosexuels rejoignent alors les rangs de l’État islamique pour sauver leurs vies [ 547 ] .
Selon l’ OSDH , les djihadistes de Syrie exécutent au moins 14 personnes dejuillet 2014àjanvier 2015pouradultèreethomosexualité . Parmi ces exécutions, au moins cinq sont commises par l’État islamique ; trois femmes mises à mort pour adultère et deux hommes pour homosexualité [ 548 ] .
De2013à2015 , l’État islamique rassemble 23 otages occidentaux dans une prison deRaqqaqui se veut la réplique ducamp de Guantánamo . Les détenus sont notamment vêtus de combinaison orange et torturés. L’ingénieur russe Serguei Nicolayevitch Gorbounov, enlevé en octobre 2013, est le premier prisonnier exécuté, en mars 2014 d’une balle dans la tête [ 549 ] .
Le 19 août, en représailles des bombardements effectués par les États-Unis en Irak, l’État islamique affirme avoir décapité un otage américain, le journalisteJames Foley , enlevé au nord de la Syrie le22 novembre 2012 [ 550 ] , [ 551 ] . D’autres exécutions pardécapitationsuivent. Le 2 septembre, l’EI revendique l’exécution d’un deuxième otage américain, également de nationalité israélienne,Steven Sotloff , un journaliste capturé le4 août 2013àAlep [ 552 ] . Le 13 septembre, l’EI annonce la mort deDavid Cawthorne Haines , un travailleur humanitaire britannique enlevé le12 mars 2013près d’Atmeh, non loin de la frontièreturque [ 553 ] , [ 554 ] , [ 555 ] . Le 3 octobre,Alan Henning , un humanitaire britannique, est exécuté à son tour [ 556 ] . Puis, le 16 novembre, l’État islamique annonce l’exécution dePeter Kassig , un humanitaire américain, ancien soldat [ 557 ] .
Au total, sur les 23 otages occidentaux, six ont été exécutés et 15 relâchés [ 549 ] , dont les journalistes espagnols Javier Espinosa, Ricardo Garcia Vilanova et Marc Marginedas libérés le29 mars 2014 [ 549 ] , les journalistes françaisNicolas Hénin , Pierre Torrès,Didier Françoiset Edouard Elias libérés le18 avril 2014 [ 558 ]et un otage allemand, dont l’identité n’est pas révélée, en juin 2014 [ 559 ] . Le6 février 2015 , l’État islamique annonce la mort deKayla Mueller , une jeune travailleuse humanitaire américaine, tuée par une frappe de la coalition [ 560 ] , [ 561 ] . Le dernier otage, le BritanniqueJohn Cantlie , est utilisé comme journaliste par l’État islamique dans une série de vidéos de propagande diffusées à partir du18 septembre 2014 [ 562 ] .
Le20 janvier 2015 , l’État islamique publie une nouvelle vidéo dans laquelle il menace d’exécuter deux otagesjaponais . L’EI réclame le versement dans les 72 heures d’une rançon de 200 millions de dollars contre leurs vies, soit l’équivalent de l’aide fournie par le Japon aux pays en lutte contre le mouvement djihadiste. Le Premier ministreShinzō Aberefuse et le 24 janvier, l’EI annonce avoir décapité un premier otage ; Haruna Yukawa, enlevé en août 2014. Les djihadistes réclament ensuite la libération deSajida al-Rishawi , une kamikaze irakienne condamnée à mort et emprisonnée enJordanie , en échange de celle du deuxième otage. Ils menacent également le pilote jordanienMouath al-Kassaesbah , capturé le 24 décembre. Le 31 janvier, l’EI annonce avoir exécuté son deuxième otage,Kenji Gotō , un journaliste de 47 ans enlevé en octobre [ 563 ] , [ 564 ] , [ 565 ] , [ 566 ] , [ 567 ] .
Le pilote jordanienMouath al-Kassaesbahest finalement brûlé vif dans une cage, le 3 février 2015 l’EI met en ligne la vidéo de son exécution [ 568 ] . En représailles, le 4 février, la Jordanie exécute parpendaisonla djihadiste irakienne Sajida Al-Richaoui, impliquées dans lesattentats du 9 décembre 2005 à Amman , aux côtés d’un autre Irakien, Ziad Karbouli, un responsable d’Al-Qaïda [ 569 ] .
Le 18 novembre 2015, l’EI annonce l’exécution de deux otages dont l’enlèvement avait été annoncé le 10 septembre par l’EI pour réclamer une rançon. Les photos de Fan Jinghui, un consultant chinois et Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, un universitairenorvégien , probablement exécutés par balles, sont publiées dans le magazineDabiqavec la mention :« Exécutés après avoir été abandonnés par les nations et les organisations infidèles » [ 570 ] , [ 571 ] .
À ses débuts, les vidéos produites par l’EI sont de piètre qualité [ 572 ] . À partir de 2013, l’État islamique se distingue des autres groupes djihadistes par son appareil médiatique [ 573 ] . Il s’inspire des vidéos de propagande deAnwar al-Awlaqi , principal idéologue d’ Al-Qaïda dans la péninsule Arabique(AQPA), qui avant tous les autres djihadistes a commencé à exploiter les réseaux sociaux et internet [ 574 ] . L’État islamique franchit cependant une nouvelle étape sur la forme des vidéos, plus que sur le fond, en ayant largement recours aux effets spéciaux d’inspiration hollywoodienne [ 575 ] .
Les deux principales cellules de communication de l’EI sontAl-Furqan , canal officiel, etAl-Hayat , branche médiatique dédiée au cyberdjihad, mais le groupe dispose également d’autres branches plus locales [ 575 ] .Al-Furqan , qui s’occupe de la production des médias, des CD, des DVD, des livres, des posters ainsi que des communiqués officiels et de la propagande sur Internet s’adjoint en 2013 deux branches supplémentaires :Al-l’tisam Media Foundation , chargée de la vidéo etAjnad Foundation for media production , spécialisée dans la production de «  nasheeds  » [ 572 ] . La grande majorité de la propagande de l’EI est diffusée par Al-Furqan qui communique en arabe,Al-Hayatse spécialise quant à elle dans la propagande à destination des étrangers, qu’elle traduit en plusieurs langues [ 576 ] . Ces cellules diffusent des vidéos de batailles, d’attaques kamikazes, de destructions de lieux de cultes jugés « impies » et d’exécutions de prisonniers de guerre, d’adultères et d’homosexuels [ 573 ] , mais aussi des vidéos présentant un contenu plus idyllique, mettant en avant la fraternité entre combattants, l’entraide, la vie facile et la joie régnant au sein de l’EI, des aspects attrayants de la vie au sein de l’EI [ 572 ] .
Al-Hayattemploie plusieurs centaines de professionnels étrangers, qui jouissent d’un statut, de salaires [ 577 ]de conditions de vie supérieures à ceux des combattants ; leurs responsables reçoivent le titre d’« émirs » et participent aux décisions stratégiques de l’EI au même titre que les autres chefs [ 578 ] .
À partir de fin2014 , l’État islamique se dote d’uneagence de presse ,Amaq . Elle dispose également d’une radio, Al Bayan [ 579 ] .
Ces vidéos sont également utilisées comme unearme psychologiquepar les djihadistes de l’EI afin de terrifier leurs adversaires. Elles auraient notamment joué un grand rôle lors de labataille de Mossoulen juin 2014, au cours de laquelle l’armée irakienne, totalement démoralisée, a pris la fuite devant un adversaire pourtant largement inférieur en nombre [ 580 ] .
Un des principaux films de l’EI est « Flames of War », diffusé par Al-Hayat en septembre 2014 et long de 55 minutes. Il reprend les codes des superproductions hollywoodiennes, montre des images de combats et d’exécutions et vante la prospérité de l’État islamique. Il s’adresse principalement aux jeunes occidentaux [ 575 ] . Al Furqan diffuse également tous les six mois une série appelée « Le tintement des épées », chaque épisode étant long d’environ une heure [ 575 ] . Parmi les autres vidéos figurent « What are you waiting for ? » diffusée par Al-Hayat en novembre 2014, où trois djihadistes français brûlent leur passeport et appellent leurs sympathisants à lahijraou à assassiner des Occidentaux [ 575 ] .
Dans « N’en déplaise aux mécréants » réalisée par Al-Hayat en novembre 2014, 18 soldats syriens sont égorgés par 18 djihadistes, dontJihadi John . Les 18 bourreaux, tous à visage découvert saufJihadi John , sont chacun originaires d’un pays différent [ 575 ] .
« Plusieurs nationalités sont représentées, non seulement pour montrer que le message transcende les frontières, mais aussi parce que l’impact de la vidéo est décuplé dans chaque pays dont est originaire l’un des bourreaux. En aurait-on autant parlé s’il n’y avait pas eu de Français à l’écran ? Là encore, Al-Hayat montre sa maîtrise des ressorts médiatiques européens. Cette diversité sert aussi des fins de recrutement : il faut que les candidats au djihad puissent s’identifier aux combattants qu’ils voient. En montrant Maxime Hauchard, qui a grandi enNormandie , n’a pas connu la guerre et s’est converti seul derrière son ordinateur, l’EI montre que n’importe qui peut le faire [ 575 ] . »
Dans cette même vidéo, la tête tranchée dePeter Kassigest également montrée aux pieds deJihadi Johnqui cherche à provoquer les pays occidentaux et déclare :« Nous voilà en train d’enterrer le premier croisé américain à Dabiq. Et nous attendons avec impatience l’arrivée de vos autres soldats pour qu’ils soient égorgés et enterrés ici même » . Symboliquement, les djihadistes enterrent le corps de Peter Kassig à Dabiq, lieu de labataille de Marj Dabiqen1516qui avait marqué l’abolition ducalifatdesAbbassidesd’ Égypte [ 557 ] , [ 581 ] , [ 582 ] , [ 583 ] , [ 584 ] .
Avec l’intervention de lacoalition , les djihadistes de l’EI sont galvanisés et sont alors convaincus que la prophétie de Dabiq va se réaliser et qu’une grande bataille finale dans ce village va se terminer par la défaite des « Romains » et le début de l’ Apocalypse [ 585 ] .
« Dabiq est un village situé au nord d’ Alep , près de la frontière turque, et qui, d’après plusieurshadiths , sera le site d’une ultime bataille avant le Jugement dernier dans le cadre d’une guerre de civilisations où les musulmans vaincront définitivement les armées des chrétiens.Byzance , puisRome , seront alors conquises [ 573 ] . »
« Dans ce film, le masque tombe et le double discours est révélé : ce que cherche l’État islamique, ce n’est pas à obtenir la fin des interventions militaires occidentales, mais au contraire à les provoquer. Cette fois-ciJihadi John , comme il a été surnommé, invite presque l’armée américaine et prévient qu’elle trouvera à Dabiq sa fin [ 585 ] . »
Du18 septembre 2014au9 février 2015 , Al-Furqan et Al Hayat diffusent une série de huit reportages, appeléeLend Me Your Ears(littéralement « prêtez moi vos oreilles » ou « accordez moi votre attention »), dans laquelle l’otage britanniqueJohn Cantlieest mis en scène. Dans la première vidéo Cantlie est vêtu comme les autres otages d’une combinaison orange (en référence aux costumes des prisonniers ducamp de Guantánamo ), il explique qu’il est forcé de faire cette vidéo, première d’une longue série où il exposera les points de vue du « califat ». Par la suite, il apparaît vêtu d’habits civils et joue le rôle d’un envoyé spécial pour une chaîne de télévision, dans plusieurs villes deSyrieet d’ Irakil interviewe notamment des membres de l’État islamique et dément les affirmations des gouvernements et des médias occidentaux [ 586 ] , [ 562 ] , [ 575 ] . PourDavid Thomson ,« Cantlie est menacé d’exécution, mais il parle de façon naturelle, à tel point que le spectateur se demande s’il agit vraiment sous la contrainte. C’est peut-être une stratégie futée de sa part pour sauver sa peau, puisque les partisans de l’EI s’attachent à lui, ce qui rend délicate son exécution » [ 575 ] .
Par la suite l’État islamique réalise des nouvelles vidéos allant toujours plus loin dans la violence En juin2015 , seize « espions » irakiens sont exécutés dans laProvince de Ninivepar diverses méthodes ; cinq sont enfermés dans une cage et noyés dans une piscine, quatre sont enfermés dans une voiture qui est détruite par un tir de lance-roquette et sept sont décapités par l’explosion d’un câble relié à leurs têtes [ 587 ] . En octobre, un tankiste de l’armée syrienne est mis à mort en étant écrasé sous un char [ 588 ] .
La diffusion des vidéos produites est l’un des aspects-clefs de la communication de l’EI. Après que leur sortie est annoncée généralement surTwitter , et posté sur de multiples plateformes, leur diffusion se fait grâce à l’aide de nombreux sympathisants qui les répercutent sur de nombreux réseaux sociaux ou sur lessites collaboratifsqu’ils ont infiltrés [ 572 ] .
En juillet 2014, Al-Hayat publie pour la première fois un magazine de propagande appeléDabiq , publié en anglais sur internet [ 589 ] . En décembre 2014, l’EI lance la traduction en français intituléeDar Al-islam , du magazineDabiq [ 590 ] . Fin mai 2015, la version russe est publiée :Istok(« Source ») [ 591 ] . Le 29 mai 2015, « jour de la date d’anniversaire de la conquête de Constantinople par les Ottomans, le 29 mai 1453, fêté en grande pompe en Turquie [ 592 ]  », l’EI lance un magazine mensuel en langue turque,Konstantiniyye , dont les propos pacifiés appellent à « s’emparer de la cité d’Istanbul par une action spirituelle » car ne reconnaissant pas la prise d’Istanbul par le sultanMehmet IIen 1453 et appelle à une « vraie » conquête de Constantinople, « sans guerre ni sang [ 592 ]  ». « Dans un article intitulé « Immigration », l’organisation enjoint formellement les musulmans de Turquie à gagner les territoires ducalifat [ 592 ]  », l’objectif étant de recruter des personnes qualifiées (ingénieurs, enseignants, soldats).
En décembre 2015,Der Spiegelrévèle que l’EI utilise essentiellement des connexions àinternet par satellite , les infrastructures de télécommunication ayant été détruites sur son territoire. L’enquête du journal allemand affirme que des sociétés européennes, dont le groupe françaisEutelsat , l’opérateur luxembourgeoisSESet le BritanniqueAvanti , fournissent sciemment un accès internet via satellite à l’État islamique. Ces entreprises démentent et affirment notamment toutes ne pas être en contact avec les clients en bout de chaîne [ 593 ] , [ 594 ] .
À partir de l’été2014 , certains États refusent de qualifier le mouvement d’« État islamique », lui déniant ainsi la dénomination d’ Étatet tout caractèreislamique . LesÉtats-Uniscontinuent d’utiliser les acronymesISISouISIL . En septembre, le gouvernement français est le premier à adopter le terme de « Daech » (translittération française) ou « Daesh » (translittération anglaise) pour qualifier l’EI [ 595 ] , [ 596 ] , [ 597 ] , [ 598 ] .Laurent Fabius , ministre français des Affaires étrangères, déclare le 18 septembre à l’ Assemblée nationale  :« Je vous demande de ne plus utiliser le terme d’État islamique, car cela occasionne une confusion entreislam ,islamistesetmusulmans . Il s’agit de ce que lesArabesappellent Daesh et que j’appellerai pour ma part les égorgeurs de Daesh » [ 599 ] .
L’acronyme « Daech » apparaît pendant laguerre civile syrienneet est employé pour la première fois par des opposant syriens sur la chaîne de télévision saoudienneAl-Arabiya . SelonWassim Nasr , cette appellation est ensuite institutionnalisée par d’autres chaînes arabes car elle occulte les termes « État » et « islamique » et possède une connotation péjorative, carDaeshressemble au mot arabedaes(« celui qui écrase du pied ») etdahes(« celui qui sonne la discorde ») en référence à laguerre de Dahis et El Ghabra [ 600 ] , [ 601 ] .
Mathieu Guidèredéclare en août :« Cet État islamique n’est pas un État et il n’est pas islamique. Pour des médias et des politiques, continuer à l’appeler ainsi revient à participer à une vaste usurpation d’identité. La seule manière à laquelle je puisse penser pour désigner, correctement, objectivement, ce groupe serait juste l’organisation al-Baghdadi [ 602 ] . »
Cependant pour le chercheur Romain Caillet :« L’acronyme Daech est un terme impropre et péjoratif, utilisé par les opposants à l’État islamique. L’expression a été popularisée par le médiaAl Arabiya . La chaîne qatarieAl Jazeeran’utilise d’ailleurs plus ce terme. Si, en langue arabe, il peut y avoir une légitimité à l’employer, son utilisation en français est clairement idéologique [ 595 ] . »
Michèle Léridon , directrice de l’information de l’ Agence France-Presse(AFP), explique sur son blog en septembre 2014 que son agence de presse a décidé de ne plus employer l’expression « État islamique » et de lui préférer celui de « organisation État islamique » ou « groupe État islamique ». Ceci pour deux raisons :« Un, il ne s’agit pas d’un véritable Etat, avec des frontières et une reconnaissance internationale. Et deux, pour de nombreux musulmans, les valeurs dont se réclame cette organisation ne sont en rien islamiques » . Le terme de « Daech », jugé peu compréhensible, n’est pas non plus retenu [ 603 ] .
Wassim Nasr , journaliste spécialiste des questions djihadistes àFrance 24estime que« l’emploi de l’acronyme arabe “Daesh” pour désigner l’État islamique risque d’être contre-productif et se retourner contre ses inventeurs. Ceci notamment du fait qu’il se rapproche trop phonétiquement du terme de “Daes” qui désigne “celui (personne ou entité) qui foule ou écrase de son pied” » . Le journal françaisLe Pointa décidé pour sa part de parler d’« organisation État islamique » mais pas de « Daesh » afin de ne pas« servir la propagande des djihadistes tout en conservant notre objectivité de journaliste » [ 600 ] . À partir deseptembre 2014 , le mensuel françaisLe Monde diplomatiquedécide d’adopter la dénomination d’Organisation de l’État islamique (OEI),« parce que l’on n’a pas affaire à un État » [ 604 ] . La chaîne de télévision qatarie,Al Jazeera , préfère pour sa part de parler d’« organisation de l’État » (enarabe تنظيم الدولة ,tandhim ad-dawla ) [ 605 ] .
En juin 2015,David Cameron , Premier ministre britannique, demande aux médias de son pays de ne plus parler de «  Islamic state  » mais plutôt de «  ISIL  » (qui signifieIslamic State of Iraq and the Levant ) ou «  so-called Islamic state  » (lesoi-disant État islamique ) car « ce n’est pas un État islamique. Ce que c’est, c’est un effroyable régime barbare. C’est une perversion de l’Islam » [ 606 ] , [ 607 ] . Une lettre signée par 120 députés britanniques est adressée à laBBCpour lui demander de cesser d’utiliser le terme d’« État islamique » et de lui préférer celui de « Daesh », la BBC refuse, avançant son impartialité [ 608 ] , [ 609 ] .
Après lesattentats du 13 novembre 2015 en France , le secrétaire d’État américainJohn Kerryutilise l’acronyme « Daech » [ 610 ] , qu’il avait occasionnellement employé au cours de l’année précédente [ 611 ] .
Les partisans de l’utilisation de l’acronyme « Daesh » affirment qu’il est supposément abhorré [ 612 ]par les djihadistes en ce qu’il serait insultant en arabe [ 613 ] .
Legouvernement canadienutilise officiellement la dénomination « État islamique », qu’il considère comme « entité » terroriste susceptible de voir ses biens saisis, bloqués ou confisqués [ 614 ] .
Enjuillet 2014 , un sondage est effectué à la demande de l’agence de presse officielle russeRossiya SegodnyaparICM Research   (en)auRoyaume-Uni , enFranceet enAllemagne . La question suivante est posée à 3 007 personnes, dont 1 000 au Royaume-Uni, 1 006 en France, 1 001 en Allemagne :« De ce que vous connaissez, dites-nous si vous avez une opinion très favorable, assez favorable, assez défavorable ou très défavorable de l’État islamique en Irak et au Levant, aussi connu sous le nom d’Isis » [ 615 ] .
Enoctobre 2014 , un sondage mené auRoyaume-Uniauprès de2 000 personnes , leur demande de classer sur une échelle allant de 1 à 10 différents pays ou organisations terroristes, en fonction des sentiments« chaleureux et favorables »qu’elles leur portent. Ce sondage révélait que 14 % des adultes de moins de25anset 12 % des adultes de moins de35ans , avaient des« sentiments chaleureux »à l’égard de l’État islamique, en lui attribuant une note entre 6 et 10. Dans cette même tranche d’âge des18-34 ans ,5,2%lui donnaient la note 9 ou 10.
Bien que globalement 88 % de la population lui donne une faible note, les universitaires préviennent que l’État islamique surfe sur une vague de sentiments anti-politiques auprès des jeunes adultes britanniques de moins de 35 ans, qui voient du« courage »chez les djihadistes [ 617 ] .
Endécembre 2014 , sont publiés les résultats d’une étude réalisée par l’ université de Milan , entre le1 erjuilletet le22 octobre 2014 . Cette étude analysait le contenu de plus de deux millions de messages arabophones, postés sur lesréseaux sociaux ,blogsetforums , à travers le monde. LaBelgiqueétait ainsi le pays européen d’où se déploierait sur Internet la plus importante propagande en faveur de l’État islamique, avec 31 % de messages favorables à cette organisation. Parmi les autres pays étudiés, seuls lePakistanet leQatarprésentaient un pourcentage plus élevé, avec respectivement35,1%et47,6% . La France comptait quant à elle 20 % de messages favorables à l’État islamique, tandis que laSyrieen comptait7,6%et l’ Irak 19,7% [ 618 ] .
Selon une étude de The Clarion Project publiée en juin 2015, 85% des habitants dumonde arabeont une opinion négative de l’État islamique et 4% une opinion positive, ce qui représenterait 8,5 à 42 millions de sympathisants. Par pays, selon divers sondages, 2 à 6 % desIrakiens , 17 à 27 % desSyriens , 4 à 20 % desPalestiniens , 7 % desTunisiens , 3 à 10 % desÉgyptiens , 5 à 10 % desSaoudiens , 13 % desÉmiriens , 7 % desYeménites , 3 à 9 % desJordaniens , 7 % desLibyenset 1 % desLibanais sunnitesauraient une opinion fortement ou en partie positive de l’État islamique [ 619 ] .
En juillet 2015, un sondage commandé par laBBCest mené en Syrie par l’institut international ORB. Il porte sur un échantillon de 1 365 personnes, dont 674 en zone contrôlée par le gouvernement syrien, 430 en zone contrôlée par les rebelles, 170 en zone contrôlée par l’État islamique et 90 en zone contrôlée par les Kurdes. Les résultats sont cependant à prendre avec précaution, les sondés ayant pu orienter leurs réponses par craintes de représailles. À la question : « Que pensez-vous de l’influence de cet acteur (l’État islamique) sur la guerre en Syrie? » les réponses sont [ 620 ] , [ 621 ]  :
La proclamation est rejetée enjuillet 2014par le prédicateur salafiste djihadisteAbou Qatadaqui déclare qu’elle est« nulle et non avenue, et sans aucun sens parce qu’elle n’a pas été approuvée par les jihadistes dans d’autres parties du monde. […] Ce groupe n’a pas l’autorité pour diriger tous les musulmans et sa déclaration n’engage que lui » [ 195 ] .Abou Mohammed al-Maqdissi , le principal idéologue d’ al-Qaïda , dénonce également la proclamation du califat [ 622 ] .
Enfin, le4 juillet 2014 ,Youssef al-Qaradâwî , président de l’Union internationale des savants musulmans ( oulémas ), membre de la confrérie desFrères musulmansainsi que duConseil européen pour la recherche et la fatwa , déclare que l’État islamique« viole la charia » [ 623 ] . Selon lui, le titre du calife doit être« accordé par la nation musulmane entière »et« un groupe connu par ses atrocités et ses vues radicales ne sert pas le projet islamique » [ 624 ] .
Le19 août 2014 ,Abdul Aziz ibn Abdillah Ali ash-Shaykh ,Grand Muftide l’ Arabie saouditedénonce« les idées d’extrémisme, de radicalisme et de terrorisme »des djihadistes de l’État islamique et déclare que ces derniers sont« l’ennemi numéro un de l’islam » . Il estime par ailleurs que« les musulmans sont les principales victimes »de leurs exactions [ 625 ] .
Enoctobre 2014 , une centaine d’érudits musulmans écrivent une lettre ouverte àAbou Bakr al-Baghdadiet accusent son organisation d’avoir« sali l’islam » [ 626 ] .
Enseptembre 2015 , unefatwaest lancée contre Daesh par un millier de musulmans indiens pour dénoncer des« agissements inhumains et non-islamiques » [ 627 ] . Le texte a été rédigé par Mohammed Mauzar Hasan Ashrafi Misbahi, chef religieux deMumbai(Bombay), et signé par desimams(dont celui de la mosquée Jama Masjid àNew-Delhi ), ainsi que par des dirigeants d’institutions éducatives et de groupes civiques, qui qualifient les actes de l’État islamique comme« allant contre les principes de l’islam, qui n’autorise même pas le meurtre d’un animal. Il n’autorise pas le meurtre des gens au nom de la religion. Ce qu’ils font aux femmes… L’islam nous apprend à respecter les femmes. Ce que fait Daesh abîme l’image de l’islam » [ 627 ] .
Auteur de nombreuses exactions, l’État islamique fait aussi l’objet de fausses informations, parfois nées de la propagande des gouvernements irakien et syrien et reprises par des médias occidentaux. En2013apparaît enTunisiela rumeur du « djihad sexuel », selon laquelle des centaines de jeunes filles émigreraient enSyrieoù elles se prostitueraient à de nombreux combattants de l’EIIL et d’autres groupes djihadistes en étant « mariées » puis « divorcées ». La rumeur naît en décembre2012avec un message présenté comme étant un tweet du cheikh salafisteMohamed Al-Arifiqui autorise« les femmes musulmanes, à partir de 14 ans, à se marier avec un djihadiste pour quelques heures, puis à d’autres djihadistes, afin de renforcer le moral des combattants, et d’ouvrir les portes du paradis » . Le cheikh Al-Arifi nie rapidement avoir prononcé un tellefatwa , mais la rumeur se répand dans les médias et est relayée par les déclarations devant l’ Assemblée nationale constituantedu ministre tunisien de l’Intérieur,Lotfi Ben Jeddoule19 septembre 2013et par le régime syrien qui fait réaliser des reportages de propagande produisant de faux témoignages. Mais après contre-enquêtes plusieurs chercheurs et journalistes concluent en 2013 qu’il n’existe aucun témoignage crédible qui accréditerait la réalité d’un « djihad sexuel », d’ailleurs nié par toutes les sources djihadistes et qui ne repose sur aucun fondement religieux [ 640 ] , [ 641 ] , [ 642 ] , [ 643 ] . PourHuman Rights Watch , ces rumeurs s’appuient sur un fait bien réel, la pratique du « mariage provisoire » qui est en fort développement [ 640 ] .
En juillet2014 , Jacqueline Badcock, une représentante de l’ONU enIrak , affirme que l’EIIL a ordonné dans unefatwal’ excisionde toutes les femmes et jeunes filles de la région deMossoul . Mais le document sur lequel elle s’appuie se révèle être un faux [ 644 ] , [ 645 ] , [ 646 ] .
Pendant laguerre civile syrienne , plusieurs groupes armés sont soupçonnés d’utiliser ducaptagonlors des combats, une drogue qui permet d’oublier la douleur et la peur. Des membres de la rébellion et du régime syrien accusent notamment l’EI d’en faire largement usage. Cependant pour Wassim Nasr, journaliste deFrance 24spécialiste du djihadisme, l’État islamique ne distribue pas de captagon à ses combattants, tout au plus certains de ses hommes s’en seraient procurés individuellement [ 647 ] , [ 648 ] , [ 649 ] , [ 650 ] .
En juillet2015 , selon les déclarations d’un responsable militaire irakien àIraqiNews.com , ensuite reprises par des occidentaux, les djihadistes de l’EI font exploser un bébé orphelin dans un camp d’entraînement près de Sharqat, dans laprovince de Salah ad-Din [ 651 ] . Mais selon le chercheurRomain Cailletet le journalisteWassim Nasrl’histoire est inventée, ce dernier ajoute d’ailleurs :« Ce genre d’intox tout comme les histoires d’excisions imposées aux femmes et de jihad du sexe finissent par servir l’État Islamique » [ 652 ] , [ 649 ]
Selon David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Institut prospective et sécurité de l’Europe (IPSE) et à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) :« Quoi qu’il en soit en dépit d’éventuelles erreurs et du détournement de certaines informations sur Internet, il demeure que quand les combattants de l’EIIL commettent des exactions, ils ne s’en cachent pas. Au contraire, ils le revendiquent car cela fait partie de leur stratégie de communication. Ils n’hésitent pas à poster sur les réseaux sociaux des vidéos montrant leurs ennemis décapités et leurs têtes plantées sur des poteaux. C’est le cas notamment des soldats syriens, irakiens, des chiites qui refusent de se convertir. Cela vise à terroriser l’ennemi et à frapper les esprits » [ 646 ] .
Une rumeur courante est que Daesh est une « organisation d’illettrés ». Or, leurs discours prouvent, par leurs références anciennes nombreuses, une érudition importante de certains membres [ 653 ] . L’EI recrute parmi les ingénieurs et personnes ayant suivi des études universitaires supérieures [ 654 ] .
Devise  :La ilahi illa Allah
(« Il n’y a de dieu qu’ Allah  » ou « Point de divinité à part Dieu »)[ 1 ] .
Établissement d’uncalifatdans lemonde musulman
Instauration de lacharia
En Irak et en Syrie :
~ 5 000(en2011 )
11 000 à 13 000 [ 16 ] , [ 17 ] (en2013 )
20 000 à 100 000 [ 18 ] , [ 19 ] , [ 20 ] , (en2014 )
30 000 à 125 000 [ 21 ] , [ 22 ] , [ 23 ] (en2015 )
Contrebande depétroleet degaz naturel ,impôtsetracket , production dephosphate , vente deciment ,exploitation agricole , pillage debanques , pillages de sites archéologiques,rançons , trafic d’être humains, vente d’esclaves, donations privées [ 24 ] , [ 25 ] , [ 26 ]
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

que veut dire daech

ParFanny Marlier

30 novembre 2015
Fanny Marlier

Journaliste
« Il n’y a pas de question bête ». Depuis les attentats à Paris et en Seine Saint-Denis de ce mois de novembre, le mot « Daech » est partout. Si pour vous cependant, la signification de ce nom, les enjeux de cette organisation et ses origines restent confus, voici un petit éclairage.
On dit « Daech » ou « État islamique » ?
Le débat a ressurgi ces derniers jours à la suite des attentats de Paris et Saint-Denis, comment désigner cette organisation terroriste qui s’étend de Raqqa à Mossoul ?
« Daech » en arabe ou « L’État Islamique en Irak et au Levant » (EIIL) a révélé son existence en avril 2013. « Daech » serait l’acronyme du mot arabe « ad-Dawla al- Islāmiyya fi al-ʿIrāq wa-š-Šhām », « État islamique en Irak et dans le Cham ».
Seulement voilà,« Daech ne veut rien dire, cet acronyme n’existe pas en arabe. C’est simplement un élément de langage »note Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste du mouvement djihadiste.
L’expression a d’abord été utilisée par les médias du monde arabe. En France, la question du choix des termes a déjà été soulevée, accusée de prêter à confusion sur la nature-même de l’organisation. En 2014, Laurent Fabius avait notamment déclaré devant l’Assemblée nationale qu’il fallait utiliser « Daech » plutôt qu’ « État islamique » :« Il voudrait l’être mais il ne l’est pas. Et c’est lui faire un cadeau que de l’appeler ‘État’ » .
Cela dit, la vocation de l’É.I, c’est bien de devenir un État.  « L’É.I est un vrai événement socio-politique avec de réelles revendications. L’organisation est en train de construire un État viable, avec une population qui les soutient. En Syrie par exemple, la population n’a pas d’alternative viable » , déplore Wassim Nasr.
> A liresur le Courrier International: « Enquête. Ce que veut vraiment l’État islamique » 
D’où ça vient ? Comment est-ce devenu aussi puissant ?
En 2004 – un an après la déclaration de guerre des États-Unis à l’Irak – le jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui forme le groupe « Tawid al-Jihad », « Monothéisme et jihad ».« Avant l’invasion des États-Unis, le djihadisme était inexistant en Irak » , souligne Wassim Nasr. Abou Moussab al-Zarqaoui mène sa première grosse opération le 10 août 2003 :l’attentat contre le siège de l’ONU à Bagdad . L’année suivante, le mouvement prend une importance croissante. Al-Zarqaoui prête allégeance à Oussama Ben Laden, à l’époque chef d’Al-Qaïda. L’organisation devient une branche irakienne d’Al-Qaida et change son nom en « Al-Qaida au territoire Rafedin », ou « Al-Qaïda en Irak ».
En janvier 2006, le groupe d’al-Zarqaoui est intégré à une coalition de plusieurs entités jihadistes, regroupées au sein du « Conseil consultatif des Moudjahidines d’Irak », dont l’Irakien Abou Omar al-Baghadi prend le commandement.Comme l’explique Romain Caillet , spécialiste des mouvements islamistes à l’Institut français du Proche-Orient,« Le but de cette réorganisation était d’ ‘irakiser’ le jihad en Irak contre l’occupation américaine, jusqu’alors géré par des étrangers » .
À la mort de Zarqaoui en juin 2006, Abou Omar al-Baghadi créé un groupe terroriste : « l’État islamique d’Irak » (E.I.I). Mais il est rapidement tué par les forces américaines. Abou Bakr al-Baghadi devient alors le nouveau leader de l’E.I.I.
En 2013, Jahbat al-Nosra (le Front al-Nosra)  est créé par l’E.I.I, sur l’ordre de Baghadi, un groupe armé salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda apparu lors de la guerre civile syrienne. Baghadi met Abou Mohammed al-Joulani, membre de l’E.I.I, à la tête de cette organisation. Et déclare qu’il s’agit d’une branche de son groupe qui oeuvre en Syrie. La fusion des deux groupes donne naissance à « l’État islamique en Irak et au Levant » (E.I.I.L). Seulement, Abou Mohammed al-Joulani, dirigeant du Front al-Nosra, rejette l’annonce de Baghadi, et prête directement allégeance à Al-Qaïda.
> A liresur Le Figaro: « Pétroles, taxes, trafics d’humains : comment Daech se finance »
Mais un an après, la relation entre les deux groupes se dégrade gravement, des affrontements éclatent. Al-Qaïda tente d’apaiser les tentions, et les encourage à se concerter à propos du combat à mener contre Bachar el-Assad, le président syrien en exercice. Ayman al-Zaouahiri, chef du réseau terroriste Al-Qaïda, demande à l’État islamique en Irak de se concentrer sur l’Irak, et de laisser la Syrie à Jabhat al-Nosra. L’État islamique rejette cette idée, et proclame son indépendance vis-à-vis d’Al-Qaïda, tout en restant en très mauvais termes avec al-Nosra.
A l’été 2014, Bagdadi poursuit le développement de son organisation par la création d’un Califat dont il prend la tête, sous le nom d’Ibrahim. L’État islamique s’étale désormais de la Syrie à l’Irak.
> Pour comprendre les différences idéologiques entre Al-Qaïda et l’E.I, c’estpar ici .
Pourquoi Daech se déclare être un califat ? Qu’est-ce que cela signifie ?
Le califat est un concept de gouvernement. Il réinstaure l’ordre sunnite qui règne de manière spirituelle ou réelle (il s’était terminé à la fin de l’Empire Ottoman), où le pouvoir politique et religieux est entre les mains d’une seule autorité.« C’est le rêve de tout groupe islamiste » , explique le journaliste Wassim Nasr. Il ajoute :« L’E.I veut installer ce califat afin d’avoir un État qui représente les musulmans du monde entier. Il veut que l’islam domine pour mener la bataille finale. »
Quels sont alors les liens de l’État islamique avec l’islam ? Pour Wassim Nasr,« l’E.I est une émanation de l’islam. Tout comme les Croisés étaient issus de la religion catholique. »
> A liresur l’Express.f r : Le « Califat islamique » instauré par l’EIIL, c’est quoi ?
Qui sont les combattants de l’É.I ?
Les leaders de l’É.I sont pour la plupart irakiens. Le commandement regroupe avant tout d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein reconvertis en jihadistes, suite à l’invasion américaine. Néanmoins, on y trouve des combattants de différentes nationalités. En Syrie,« les étrangers représenteraient près de 50% des troupes, qu’ils soient Arabes (Libyens, Saoudiens, Tunisiens…), originaires du Caucase (des Tchétchènes), de l’Occident (Français, Belges…) ou encore, à titre anecdotique, de la République Populaire de Chine (RPC) » ,explique Romain Caillet .
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Laurent Fabius et François Hollande refusent désormais de faire aux djihadistes qui sévissent en Irak et en Syrie le « cadeau » de l’appellation « Etat islamique ». Metronews nous explique pourquoi et ce que signifie l’acronyme qui la remplace…
Reprenant d’abord cette appellation [“Etat islamique”], les dirigeants occidentaux – comme les journalistes, d’ailleurs – ont fini par s’apercevoir qu’ils validaient ce faisant l’idéologie des djihadistes. Un raisonnement qu’a expliqué Laurent Fabius mercredi dernier à l’Assemblée :
« Le groupe terroriste dont il s’agit n’est pas un Etat, il voudrait l’être mais ne l’est pas, et c’est lui faire un cadeau que de l’appeler Etat. De la même façon, je recommande de ne pas utiliser l’expression ‘Etat islamique’ car cela occasionne une confusion islam, islamisme, musulmans. »
Et de proposer même, n’ayant pas de mots assez durs face aux exactions menées en Irak et en Syrie : « Les égorgeurs de Daech ! »
Outre-atlantique, la réflexion a également eu lieu. Et Barack Obama est arrivé aux mêmes conclusions. Mercredi, le président américain a, comme François Hollande, soigneusement évité dans son discours de parler d’Etat islamique, utilisant uniquement « ISIL », initiales en anglais de l’Etat islamique en Irak et au Levant. « Ce groupe se fait appeler ‘Etat islamique’ mais il faut que deux choses soient claires: ISIL n’est pas islamique . Aucune religion ne cautionne le meurtre d’innocents et la majorité des victimes de l’ISIL sont des musulmans. ISIL n’est certainement pas un Etat. Il était auparavant la branche d’Al-Qaïda en Irak« , a-t-il mis au point.
Alors, que signifie « Daech » ? Eh bien, c’est l’acronyme en arabe de « Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham », c’est-à-dire… « l’Etat Islamique en Irak et au levant ».
Le sens est exactement le même. Mais l’idéologie n’est plus affichée.
Albert Camus ne disait-il pas que « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » ?
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LE ROMAN HISTORIQUE RADEN AYOU DE SRI SAMBISSARI
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Daech, ISIS, Etat islamique : le vocabulaire au service de la guerre

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Kurdes combattant des soldats de l’Etat islamique à Kobané, Syrie
Crédits photo : Jake Simkin/AP
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alain Rodier analyse la sémantique qui entoure l’Etat islamique. Cette organisation terroriste qui se prétend Etat en a presque toutes les caractéristiques.
Spécialiste du terrorisme et de la criminalité organisée, ancien officier au sein des services de renseignement français, Alain Rodier est directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement ( CF2R ).
Etat islamique en Syrie et au Levant, Daech (Dawla Al-Islamiya fi al-ʿIrāq wa Chām), ISIS (Islamic State of Irak and Syria)… Ces termes signifient-ils la même chose?
Comment dès lors expliquer la guerre langagière en cours depuis que l’on évoque cette organisation terroriste?
Nous sommes dans le domaine de la sémantique saupoudrée de propagande (ou inversement).
L’Etat islamique est-il un État? En a-t-il les caractéristiques?
Il ne manque que le ministère des Affaires étrangères.
Il ne manque que le ministère des Affaires étrangères. Ils ont tout le reste: ministres au sein de la choura («conseil»), gouverneurs de provinces («wilayat»), fonctionnaires, justice (appliquant strictement la charia), police religieuse et de droit commun, éducation -même pour les filles, mais bien sûr séparées-, affaires religieuses, santé (avec nurseries et maisons de retraite), propagande, etc. Les marchés sont approvisionnés, les voitures circulent, l’électricité fonctionne (quelques heures par jours), des cybercafés permettent de communiquer (sous contrôle) et l’ordre islamique règne. Par exemple, les personnes qui ne respectent pas la prière sont battues sans parler de ce qui arrive aux délinquants de droit commun et aux homosexuels vrais ou supposés…
« Le groupe terroriste dont il s’agit n’est pas un État » a déclaré Laurent Fabius en septembre 2014. Il estimait que c’était « lui faire un cadeau que de l’appeler État », préférant parler des « égorgeurs de Daech ». Que révèle cette attitude du ministre des Affaires étrangères?
Il avait raison. En aucun cas on ne peut attribuer le statut d’ «État» à ces fous-furieux qui, de toutes façons, ne veulent rien négocier avec les kafirs (infidèles), c’est à dire à tous ceux qui ne respectent pas leur vision de l’islam. Ils considèrent que l’ensemble du monde, même les musulmans qui ne reconnaissent pas l’autorité du calife Ibrahim en lui prêtant allégeance, sont des ennemis à abattre ou à convertir. Même l’esclavage ne les rebute pas!
«Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.» écrivait Camus. Dès lors, comment désigner cette entité?
Il y a eu le nazisme, maintenant, c’est le salafisme-djihadisme.
Le Figaroen illimitéet un plaisir de lecture inéditdans votre nouveau rendez-vous avec l’information.
il leur manque aussi la Démocratie et la reconnaissance internationale donc c’est un état fantoche…………
Personne ne peut nier que l’obscurantisme et la barbarie qualifient parfaitement cette entité diabolique mais comme tout poison
il est possible de créer un contrepoison sauf que notre donneur de leçon Fabius qui pourtant aurait du tirer les leçons de la légèreté dont il a fait preuve dans cette affaire du sang contaminé ( qui ne l’oublions pas a favorisé une catastrophe humanitaire sans précédent ) n’a pas jugé utile de nommer avec conviction le bon adversaire. Ce personnage politique donne l’impression de mener une politique laxiste en s’acharnant volontairement à se tromper d’ennemi alors que la France entière réclamait depuis quatre ans une alliance russo-syrienne qui aurait sans doute éradiquer cette armée cruelle. Au regard des événements survenus ces derniers jours et compte tenu du comportement incompréhensible de certains de nos dirigeants, les français sont en droit de se poser certaines questions à savoir pour quels intérêts roulent réellement notre gouvernement. Cette fameuse enquête parlementaire réclamée par l’opposition n’est pas sans conséquence car elle a l’avantage de pouvoir faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres car de toute évidence elle exprime un doute qui n’est pas permis…
Ne pas oublier le poids des traditions…
Car en même temps se déroulait la déstabilisation de l’Ukraine ce qui a aveuglé beaucoup de personnes, au gouvernement comme dans l’opposition, en ne voyant da
on devrait trouver un nom qui lesridiculise comme « les porcs du levant »
je pense qu’ils n’apprecieraient pas que tout le monde les appelle ainsi.
ce n’est pas un etat c’est une secte qui lave le cerveau de jeunes paumés qui se suicident en tuant des innocents.
Il faut arrêter de nommer l’Etat islamique Daesh car même le président et le ministre des affaires étrangères l’appellent Dash comme la lessive.
Ce critère est à mon sens clivant, Daesh c’est pour ne pas nommer les choses ou mal les nommer, alors qu’Etat islamique, tout le monde c’est ce que c’est !
Qu’on arrête aussi de parler de terrorisme comme si çase militait à cela.
Derrière Action Directe il n’y avait pas que du terrorisme il y avait aussi une idéologie.
Bien nommer, quitte à désespérer les camarades, mais la gauche française va devoir procéder une fois pour toute à la clarification du débat ds ce domaine comme ds d’autres..
Tout le monde sait aussi ce qu’est Daesh…
Et le communisme mais chuuuutttt, il a trop d’amis en France.
J’ai toujours dis depuis le début qu’il ne faut pas écrire « Etat islamique » mais « état islamique ».
Et d’idéologie islamiste qui ne se limite pas à l’EI
Mais chuuutttttttt
Comme à l’accoutumé, les bien-pensants préférant le déni de réalité et donc ne jamais nommer un chat par son nom ils ont donné à l’Etat Islamiste le nom d’une lessive.
Sur l’ile de la Tortue, les pirates d’il y a 300 ans pensaient aussi constituer un état …on est au même niveau!
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que veut dire daech

Par

Cordélia Bonal

25 juin 2014 à 10:17

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Depuis que les jihadistes sunnites ontfait main basse sur le nord de l’Irak , un acronyme malaisé à prononcer s’est fait connaître : «EIIL» pour «Etat islamique en Irak et au Levant». C’est la traduction du nom arabe de l’organisation jihadiste,ad-Dawla al-Islāmiyya fi al-ʿIrāq wa-š-Šhām(الدولة الاسلامية في العراق والشام).
Initialement, ce mouvement né en 2006 de l’alliance de plusieurs groupes jihadistes s’appelait «l’Etat islamique en Irak». Le «Levant» a été rajouté en 2013 et c’est là que tout se complique. En arabe classique, Levant se dit «Sham». Ce mot désigne parfois Damas mais correspond aussi à un territoire englobant la Syrie, une partie de l’Irak, le Liban, la Jordanie, le sud de la Turquie, Israël et les territoires palestiniens. «L’Etat islamique en Irak et au Levant» dit donc bien le projet de l’organisation d’établir un califat islamique sur cette région. Le terme reflète aussi le recours fréquent à des mots anciens dans la rhétorique de l’EIIL.
En arabe, l’acronyme de l’Etat islamique en Irak et au Levant donne «Daech» (ou «Daiish»). Mais ce mot est surtout utilisé de manière péjorative par les non-jihadistes. Ces derniers utilisent plutôt le terme de «Dawla», l’Etat.
Quant à la traduction anglaise, tout le monde n’est pas d’accord, si bien que les journalistes d’une même rédaction s’emmêlent parfois les pinceaux. Le joli «Isis» s’est d’abord imposé. C’est l’acronyme de «Islamic State in Irak and Syria», traduction couramment entendue dans les médias anglophones, dont leNew York Times . Cela s’explique par le fait que l’EIIL, bien qu’originellement irakien, s’est fait connaître sur le terrain syrien. Mais aussi parce que le terme de Syrie peut aussi bien renvoyer au pays lui-même qu’à la «Grande Syrie» ( Bilad el-Chamen arabe), qui désigne un territoire comparable à celui appelé Levant.
L’EIIL gagnant du terrain en Irak, certains médias ont fini par troquer Isis pour Isil, «Islamic State of Irak and the Levant». C’est le cas de l’Agence Associated Press, quis’en explique sur son blog  :«Dire « en Irak et en Syrie » aurait laissé penser, à tort, que l’aspiration expansionniste du groupe se limite à ces deux pays actuels».  Les Nations Unies et le Département d’Etat américain ont d’ailleurs aussi opté pour Isil. D’autres médias ont gardé Isis mais en le traduisant maintenant par «Islamic State in Iraq and Sham» (Syrie et Sham commencent par la même lettre, c’est pratique). «Islamic State in Iraq and Sham» est d’ailleurs l’appellation utilisée par les jihadistes eux-mêmes dans leur communication anglophone. LeGuardian  et le Financial Times ont trouvé un drôle de compromis en écrivant «the Islamic State of Iraq and the Levant (Isis)». Résultat des courses, sur Twitter, beaucoup utilisent dans le doute les trois hashtags (mots-clés) à la fois : #EIIL #ISIS #ISIL. 
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Dépassée par le développement foudroyant de l’Émirat islamique qu’elle a elle-même créée, l’Agence centrale de Renseignement (CIA) sera profondément réorganisée. Mais le problème qu’elle rencontre est sans précédent : une rhétorique qu’elle avait imaginée pour signer des communiqués de revendication d’actes terroristes sous faux drapeaux s’est transformée en une puissante idéologie au contact d’une population dont elle ignorait jusqu’à l’existence. Pour Thierry Meyssan, la réforme de la CIA sera inefficace : elle ne lui permettra pas de gérer le cataclysme qu’elle a provoqué au Levant.
WWIII : Les Traîtres à la Nation préparent une très grave crise Politique. Poutine prend Macron dans ses bras pour l’étrangler.
WWIII : Jésus Christ et le Diable existent, donc Dieu existe.
WWIII : « Permis de tuer » des services secrets CIA, FBI, NSA, MI5,MI6, SVR, MOSSAD, DGSI-SE, LE DEEP STATE ET SES GUERRES ET ASSASSINATS PROGRAMMÉS.
WWIII : Apocalypse Annoncée. Tout est fait pour faire plier Poutine et la Religion Bénit les Guerres à venir. Le Massacre des Innocents.
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Laos signifie le Peuple de DIEU, la Nation prise dans son ensemble. C’est du mot grec LAOS que vient le mot Laïque. Seul le Peuple est souverain. Il est temps de réunir ceux qui veulent redonner le Pouvoir au Peuple de Dieu et au Libre Arbitre des Hommes.
Publié le

20 mars 2015

par José Pedro
Q ue signifie « Daech», son  acronyme d’abord  en arabe est de « Dawlat islamiya fi ‘iraq wa sham », qui veut dire  « l’Etat Islamique en Irak et au levant ». Le sens est  très bien   exprimé mais  l’idéologie n’est pas bien  affichée, la nuance restera un jeu politique. Daech, en tant qu’organisation, a été créée en Irak en 2004. Cependant, lorsque « le printemps arabe » a été déclenché en Tunisie fin 2010, Daech était restée cloitrer en Irak, elle avait un effectif environ 5200 élément. Daech a été dépêchée en Syrie juste après le premier véto sino-russe d’Octobre 2011 et une fois que « Jabhat al-Nosra », créée principalement pour nourrir  la crise syrienne. « Nosra » et l’ASL se sont avérées incapable de renverser le gouvernement syrien.
Il est de notoriété publique que Daech et Jabhat al-Nosra sont liées à  Al-Qaïda, elle-même créée par la CIA. US, de l’aveu même de Mme Hilary Clinton. C’est en Syrie que l’effectif Daech est passée de 5200 à 7000 éléments en 2012 dont une bonne partie venues d’ailleurs principalement d’Europe, alors qu’elle en compte aujourd’hui plus de 35 000 combattants.
  Daech connue ou médiatisée sous le nom  d’ »Etat islamique » . En juin 2014, lors  de la proclamation d’un « califat » sur les territoires conquis en Syrie et en Irak, ils ont qualifiés leur  mouvement de  djihadiste.
Daech et les talibans deux faces d’une même pièce que les USA avaient répandu pour défendre  principalement les intérêts d’Israël en premier et l’ occident en deuxième lieu .La carte  géopolitique du moyen orient devrait être redessiner au profit d’un seul et unique maitre qu’est Israël ou le mot résistance devrait être banni du lexique de la région( ni Hamas-ni HizbAllah-ni Syrie ni Iran),de micros états devront voir le jour.
La création des mouvements islamiques avait pour objectif dans un premier temps l’effondrement du communisme  en Afghanistan  que les islamiques du monde entiers  ont eu cette charge sous couvert bien entendu.
Les Moudjahidines vainqueurs  ont eu par la suite cette carte blanche pour contrevenir les violences portant sur les phénomènes d’islamophobie stimuler par des centres meneurs de cette stratégie.
Le 11 septembre représentait l’exacerbation  de cette stratégie  menée par les USA, un prétexte qui leurs ont permis d’intervenir en Afghanistan et en Irak  sans l’aval de l’ONU ( uni polarité US oblige !!).
Le même scenario se reproduit  actuellement avec la même  batterie stratégique dans un contexte différent (Israël+USA+ Occident FACE à  HizbAllah+Hamas+ SYRIE+IRAN et aussi face  aux BRICS)
DAECH après l’échec du printemps arabe en syrie ,il s’est montré de plus beau  en Syrie pour détruire l’état syrien tout en utilisant méthodes et procédés des talibans en attisant la haine contre l’islam  qui a été suivit par la proclamation du califat islamique. Leur atrocité  a permis de mettre en marche  cette ingérence militaire qu’Obama fredonne avec le refrain  de Bush  datant du 11 septembre2002.
Nosra-Daech- Qaida…. Ont tué des centaines de milliers d’innocents en Syrie en Irak et au Liban pendant plus de 03 ans  les youtubes nous montraient  en vidéos permises, toutes les atrocités inimaginables que les ONG des droits de l’homme et les occidentaux n’avaient jamais dénoncé. La communauté internationale n’a jamais aussi  fait un geste pour  empêcher le financement, le ravitaillement en armement sophistiqués US…   de ces groupes terroristes durant ces trois années écoulées.
Par ailleurs, concernant  l’exploit de l’attaque de Daesh à Mossoul le 6 juin dernier, c’était une mise en scène « Daechienne » .Plus de  25 000 hommes de la police et de l’armée de l’État irakien étaient présents à Mossoul et que Daech ne comptait que 500 combattants  selon la version irakienne.
Par conséquent, ce qui s’est passé à Mossoul n’était pas une guerre, mais un cas de trahison et de capitulation  (El harb  khi daa).La  guerre médiatique menée par les chaines TV Al-Jazeera et Al-Arabiya, ces chaines ont annoncé la capitulation de Mossoul six heures avant sa chute de Mossoul ! Exactement  le même  procédé pour Bab al-aziziya en Libye, annonçant la défaite de Kadhafi trois jours avant qu’il ne tombe.
En quelque  mois, Daesh a tué plus de 5000 personnes tous des civils et puis tout à coup  menace d’intérêt oblige !!  Trois mois après les crimes de Daesh, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France  et l’Otan entrent en jeu avec une nouvelle stratégie et des visions dissimulées. Ils  décident enfin de combattre Daesh, superficiellement (via le ciel), sans nullement s’intéresser aux conditions de création de cette organisation, ni aux facteurs de son évolution tant humaine, financière matérielle, politique et médiatique. Il  n’existe  ni  des réserves, ni  des interdictions, ni des mesures juridiques contre leurs dirigeants et leurs membres, ni même des tentatives de sanctionner les medias-phobies et les complicités d’etats qui les soutiennent et encouragent afin de proscrire Daech et consort.
Si ces mesures avaient été prises bien avant, le recours à la force militaire n’aurait aucune raison d’être.
C’est pourquoi, une suspicion  de tous ces agissements  politiques et médiatiques internationaux ne montrent pas du tout qu’il existe une volonté réelle et sérieuse pour mettre fin aux ressources militaires et financières de Daesh et de tous les autres groupuscules qui lui ont fait allégeance.
Par ailleurs, les  institutions financières internationales  font parties  du complot mais aussi de la chaine stratégique. Au temps des talibans, ils avaient ignoré la circulation des fonds qui provenaient du trafic de la drogue (dont la CIA puisait ses ressources financières), de même en ignorant  les sources de financement de Daesh. Les fonds de Daech  provenaient en grande partie de dons étrangers (pays du golfe). Ensuite, il y a eu la prise des puits de pétrole à Raqqa en Syrie, puis celui de  Mossoul en Irak et le pillage de la Banque centrale à Mossoul ce qui a permis à DAECH de devenir très riches.  Le pétrole était vendus à la Turquie à des pris très bas entre ne dépassant pas les 60 dollars pour chaque baril. Les acheteurs de ce pétrole sont évidement des sociétés américaines basées en Turquie qui tirent un grand profit et veulent avec obligation pour que la guerre dure le plus longtemps le perroquet des affaires étrangères de l’Arabie saoudite l’avait bien annoncé  (durée pour 10ans)  suivit d’un profit gigantesque !!
Les rentrées pétrolières de Daesh sont  estimées de  2 millions de dollars par jour. Chaque jour, des centaines de  camions citernes transportant du pétrole franchissent la frontière irakienne et syrienne  vers la Turquie.
Le  pourquoi du système bancaire international  qui adopte les mesures draconiennes pour empêcher la circulation des fonds du HAMAS,  en est-il incapable de prendre les mêmes mesures adéquates pour empêcher  les échanges de centaines millions de dollars qui résultent de la vente par Daesh du pétrole syrien ou irakien.
Par conséquent, le terrorisme takfiriste wahhabisme (Daech-nosra-aqmi…) contrairement à ses slogans  religieux,  ne vise qu’à servir les intérêts d’Israël  via le  sionisme et ses fideles  protecteurs.
Les objectifs les plus importants de ce cinéma ont été de renverser l’Etat syrien (chainon de la résistance), le second étant de répandre l’islamophobie et d’attiser l’animosité contre l’Islam, une nouvelle conception véhiculée,  servant à remplacer le sionisme par l’Islam…
Les atrocités de Daesh et Nosra  ont outrepassé de loin celles des Sionistes à Gaza et ont été appliquées et usées pour blanchir les mains des sionistes souillées de sang palestinien et Libanais.
Même le fait de détruire les mosquées, les églises les symboles et les mausolées…. par Daesh et Nosra  en Syrie et en Irak donne une justification, une diversion devant l’opinion publique internationale pour mettre à exécution son agenda secret de détruire la mosquée d’AlAqsa  et mettre en place  le temple de Souleïmane. Le déplacement de la tombe du prophète Mohamed (QLSSSL) vers un lieu inconnu n’est que le début de cette  stratégie monstrueuse.
Il est étonnant de voir ou d’entendre le 3 septembre dernier  un Obama  qui a  qualifié Daesh de cancer, empruntant un terme iranien, qui a été utilisé pour la première fois par Khomeiny  pour décrire Israël !
Cette volonté timide  de substitution non suivie d’action, n’en est que plus forte avec l’exploitation par Israël du phénomène Daesh. Un véritable cinéma  hollywoodien dont les cochons sont ceux qui « pétent trop  les $ ».
La fitna de ces takfiristes et wahabbistes est bien plus qu’une déviation  de la religion islamique. C’est un complot  réfléchi et muri qui correspond parfaitement aux objectifs de l’entité sioniste c’est pour cela que nous voyons que le courant takfiriste et wahhabismes ne fait rien  en actions, ni en paroles contre le projet sioniste ou encore contre l’occident et ne vise que les Musulmans ;d’ailleurs les éléments de Nosra et Daech sont  très bien soignés par Israël au Golan et ont eu l’honneur de la visite de B. Netanyahou  et ils leurs  avait bien dit : «  les Etats sunnites de la région devraient savoir qu’Israël n’est pas leur ennemi mais que nous devons lutter ensemble ».contre qui ? bien sur contre  Hamas-HizbAllah-Syrie et l’ Iran  via la fitna et autres formules sionistes que la CIA fabrique. Afin que l’état juif s’officialise devant des mini états : daechien-nosranien-aqminien………
Par contre la Syrie, considère que tout projet adopté pour faire face à cette crise n’a aucune chance de réussir (comme tous les autres projets) tant qu’il n’est pas global, radical et non sélectif et tant qu’il ne vise pas à éliminer ces organisations tout en respectant la souveraineté nationale de l’Irak et de la Syrie. Le printemps arabe s’est cassé sa gueule en Syrie, Daech  fait peur aux pays du golfe et même à l’occident. La Palestine restera le problème qui nécessitera une solution pour que le moyen orient se calme et la paix revient
La CIA est apparue, en novembre dernier, dans l’incapacité d’évaluer la situation en Syrie. Perdue dans ses mensonges, l’Agence ne parvenait plus à identifier les motivations de ses « révolutionnaires ». Pire, elle était incapable de dénombrer les soutiens à la « rébellion » et ceux à la République. Cet échec n’a fait qu’empirer comme l’a montré, fin février 2015, l’effondrement du Mouvement de la Fermeté (Harakat Hazm), l’armée officielle de l’Agence en Syrie [ 1 ]. Bien sûr, la vie continue et la CIA a déjà regroupé ses forces au sein d’une nouvelle formation, le Front du Levant (Shamiyat Front).
En créant al-Qaïda, puis Daesh, la CIA pensait engager des mercenaires pour réaliser des missions ponctuelles qu’elle ne pouvait pas revendiquer. Elle n’avait jamais envisagé que des civils puissent prendre au sérieux la phraséologie à quatre sous qu’elle avait imaginée pour rédiger des communiqués de revendication. De fait, personne n’a accordé d’importance au charabia d’Oussama Ben Laden selon qui la présence de militaires non-musulmans de l’Otan, lors de « Tempête du désert », sur le territoire saoudien était un sacrilège qui exigeait réparation. Nulle part on ne trouvera dans le  Coran  de justification de cette malédiction. Les mercenaires d’al-Qaïda n’ont donc eu aucune difficulté à se battre aux côtés de l’Otan en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. Il ne semblait pas y avoir de raison de croire qu’il en serait autrement aujourd’hui.
Pourtant, lors de la guerre contre la Jamahiriya arabe libyenne, j’avais observé que certains mercenaires d’al-Qaïda semblaient vouloir réellement revenir au mode de vie du VIIe siècle, le « temps du Prophète ». C’était au moins vrai dans l’obscur Émirat islamique gouverné par Abdelkarim Al-Hasadi à Dernaa. Or, il ne s’agissait pas pour eux du VIIe siècle levantin, alors chrétien et ne parlant pas l’arabe, ou même du VIIe siècle français du bon roi Dagobert, mais du VIIe siècle de la péninsule arabique, une société hors du temps, composée selon le  Coran  de bédouins fourbes et cruels que le Prophète tenta de convertir et d’apaiser.
Par la suite, durant la guerre contre la République arabe syrienne, j’observais que les Syriens qui soutenaient al-Qaïda (et aujourd’hui Daesh), sans mobiles financiers, étaient tous membres de familles très nombreuses dont les femmes n’étaient pas autorisées à contrôler leur fécondité. Le clivage qui s’opérait dans le pays n’avait rien de politique au sens moderne du terme. Désormais, l’idéologie des civils qui soutiennent les jihadistes se résume à ce retour à des origines mythiques, celle des gardiens de chameaux d’Arabie du Moyen-âge. Et la CIA qui l’a provoquée, n’en a pas compris la force et n’en a pas suivi l’expansion.
Il ne s’agit pas ici de « retour de bâton » —Daesh ne s’est pas retourné contre la CIA—. Mais de la transformation d’un groupuscule terroriste en un État et du triomphe d’une rhétorique ridicule parmi certaines populations.
La CIA se trouve face au problème de toutes les administrations. Son mode d’organisation, qui lui permit de nombreuses victoires par le passé dans diverses régions du monde, ne fonctionne plus parce qu’elle n’a pas su s’adapter. Organiser un coup d’État et manipuler des masses pour qu’elles soutiennent une organisation terroriste sont deux choses bien différentes.
C’est pourquoi le directeur John Brennan a annoncé une refonte complète de la structure de l’Agence, à l’issue de 4 mois de consultations internes.
Jusqu’ici, il y avait : 
• La Direction du Renseignement, chargée d’analyser les données recueillies ; 
• La Direction des Opérations, renommée Service clandestin, chargée de l’espionnage humain ; 
• La Direction des Sciences et de la technologie, spécialisée dans le traitement des informations scientifiques et techniques 
• La Direction du Soutien, chargée de la gestion du personnel, de la fourniture des matériels et du financement.
Le personnel était réparti selon ses compétences : les intellectuels au Renseignement, les baroudeurs aux Opérations, les matheux aux Sciences et les organisateurs au Soutien. Bien sûr, chaque direction s’était aussi adjointe des collaborateurs avec d’autres profils pour pouvoir faire son travail, mais schématiquement chaque direction correspondait à un profil humain particulier.
Les documents révélés par Edward Snowden nous ont appris que la CIA est la plus importante agence de Renseignement au monde avec un budget de 14,7 milliards de dollars en 2013 (soit le double du budget total de la République arabe syrienne). Mais elle n’est pourtant qu’une agence de renseignement parmi les 16 que comptent les États-Unis.
Bref, avec tout cet argent et ces compétences, la CIA était prête à vaincre l’URSS qui s’est effondrée sur elle-même sans son aide il y a plus de 25 ans.
Pour faire progresser l’Agence, John O. Brennan a décidé de généraliser le modèle du Centre contre-terroriste, créé en 1986 au sein de la Direction des Opérations ; un modèle ultra-sophistiqué mis en scène dans la série télévisée  24 heures . Cette unité pluridisciplinaire a fait merveille pour répondre presque instantanément aux questions qu’on lui posait. Elle est capable d’identifier un individu, de le localiser et de l’éliminer en un rien de temps pour la plus grande joie de la Maison-Blanche. Et l’on sait que le président Obama se rend chaque jour dans son bunker sous-terrain pour déterminer les cibles de ses drones et faire assassiner qui il veut, quand il veut et où il veut.
Selon M. Brennan, il s’agit ni plus ni moins que de faire entrer le Renseignement dans l’ère des nouvelles technologies, des ordinateurs et des satellites. L’Agence devrait donc être rapidement restructurée autour de 16 Centres chargés de chaque région du monde et de divers objectifs généraux.
Mais en quoi le modèle du Centre contre-terroriste aurait-il pu comprendre la transformation d’une phraséologie enfantine en une puissante idéologie ?
Le succès de l’Émirat islamique provient d’abord de ses soutiens étatiques, de son armement et de son argent. Mais le soutien dont il bénéficie chez quelques Syriens et certains Irakiens n’a rien à voir ni avec le  Coran , ni avec la lutte des classes. C’est la révolte d’un mode de vie en train de disparaître, d’une société violente dominée par les hommes, contre un mode de vie respectueux des femmes et contrôlant les naissances. Cette transformation s’est faite en Europe avec l’exode rural et les deux Guerres Mondiales, sans provoquer de guerres supplémentaires. Elle a été accomplie au début des années 80 par l’Iran de l’imam Khomeiny avec un succès éclatant et s’est progressivement étendue au monde arabe jusqu’à se fracasser sur Daesh ; un conflit qui n’a rien à voir avec la distinction théologique entre chiites et sunnites.
La suite des événements est, elle, prévisible. Comme toujours, les États-uniens pensent que leur problème sera résolu grâce au progrès technique. C’est avec une débauche d’informatique qu’ils vont tenter de comprendre la situation au « Proche-Orient ».
Mais comment les États-Unis, fondés il y a deux siècles, pourraient-ils comprendre le cataclysme qu’ils ont provoqué dans la plus ancienne civilisation du monde ? Comment les États-uniens —des Barbares friqués— et des Bédouins du Golfe pourraient-ils organiser des peuples civilisés depuis six millénaires ? Car c’est le secret du Levant : quantité de peuples différents, ayant leur propre histoire, leur propre langue et leur propre religion, y parlent une même langue vernaculaire et y collaborent ensemble [ 2 ]. Les nassériens et les baasistes ont tenté de transformer cette mosaïque en une unique force politique. Ils ont cherché à composer une « Nation arabe » avec des peuples majoritairement non-arabes. Un rêve dont il ne reste aujourd’hui que la « République  arabe  syrienne ». C’est ce projet politique qui était attaqué par Daesh et cette civilisation qui est aujourd’hui menacée par les civils qui le soutiennent.
Tandis que les États mono-ethniques sont faciles à conquérir, ils ont appris avec le temps que leur diversité et leur entremêlement les rend invincibles. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont protégé les survivants d’un ancien monde ; des survivants qui aujourd’hui se révoltent contre eux et les rongent de l’intérieur.
Comment la CIA pouvait-elle anticiper que de jeunes Européens, eux aussi nostalgiques de ces temps anciens, se joindraient par dizaines de milliers à Daesh pour s’opposer à la marche du temps et détruire des œuvres d’art millénaires ?
La défaite israélienne au Liban, en 2006, a montré que quelques citoyens déterminés étaient capables de faire échouer l’armée la plus sophistiquée au monde. L’homme a déjà triomphé des machines. C’est une erreur de croire que le progrès technique est un critère de civilisation, que des ordinateurs permettront de comprendre qui que ce soit, ni même de le dominer. Tout au plus peuvent-ils collecter de grandes quantités d’information, les trier et les synthétiser. La réorganisation de l’Agence va lui permettre de répondre à toutes les questions du jour, mais à aucune sur ce qui se passera demain.
Les États-uniens et les Européens sont incapables d’admettre que des peuples qu’ils ont colonisés ont rattrapé leur retard technique alors qu’eux-mêmes n’ont pas rattrapé leur retard en civilisation. Ils se trouvent confrontés à leurs limites et ne peuvent plus influer sur le cataclysme qu’ils ont involontairement suscité.
Publié dans
INFOS ,International ,INFOS ALTERNATIVES ,EUROPE ,Etats-Unis ,RUSSIE ,Moyen-Orient
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L’actualité internationale 24H / 24
Texte par
Wassim NASR

Il y a un point sur lequel les présidents américain et français, Barack Obama et François Hollande, ainsi que le Premier ministre britannique David Cameron sont d’accord : l’organisation de l’État Islamique (EI) « n’a rien d’islamique et rien d’un État non plus ». Mais les autorités françaises ont franchi seules un autre palier dans la guerre sémantique contre le groupe terroriste, en adoptant officiellement l’acronyme arabe  » Daech  » pour désigner l’EI. Leministre français des Affaires étrangères , Laurent Fabius,a d’ailleurs très concrètementappelé les journalistes à bannir les mots « État » et « islamique »dans leur description ou la désignation de l’EI.
La plupart des journalistes et des observateurs pensent que le mot « Daech » est un banal acronyme arabe pour désigner l’EI (al- D aoulaA l-[i]slamiya fi al- E rak wal- C ham), sauf que c’est faux. À quelques rares exceptions connues – Hamas palestinien ( H arakatA l- M ouquaouam Al-[i] S lamiya) – les organisations et groupes politiques ont peu recours aux acronymes dans le monde arabe.
L’ »État Islamique en Irak et au Levant » (EIIL), ancêtre de l’EI, a d’ailleurs d’emblée rejeté l’acronyme « Daech »,  lancé peu après sa création en avril 2013, par des médias qui lui sont hostiles dont al-Arabiya et plusieurs autreschaînes d’information iraniennes et libanaises. Cette dénomination a fait rapidement des adeptes dans les rangs de ceux qui se battent contre l’EI en Syrie, du côté des rebelles comme du côté du régime de Bachar al-Assad. Le but était justement d’occulter les mots « État » et « Islamique », pour minimiser l’influence de l’organisation au sein des populations de la région et empêcher toute adhésion à son idéologie.
L’expression, considérée comme « péjorative » par l’organisation terroriste,n’existe pas en tant que telle dans la langue arabe. Mais d’autres mots, proches phonétiquement, existent. Àl’instar de « Daes » – celui qui écrase avec son pied- ou de « Dahes » – celui qui sème la discorde ou la zizanie. « Dahes » fait aussi référence à de célèbres batailles de l’histoire du monde arabe, les batailles de Dahes wal Ghabra, entre 608 et 650 ap. J.-C. Elles opposèrent entre elles des tribus arabes dans la période pré- islamique, Jahilya – ignorance en arabe – qui finirent par s’unir « grâce à l’islam ».
« Daech » renvoie donc inévitablement à une image et à des concepts très négatifs pour l’EI. Son usage qui se faisait souvent de manière anodine, prend tout son sens en tant qu’ « élément de langage » depuis que les autorités françaises l’ont adopté. Une prise de position politique sans plus aucune ambiguïté…
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ParCatherine Gouëset ,
publié le

18/09/2014 à 17:21

, mis à jour à

23:37

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Des djihadistes de l’organisation Etat islamique à Raqqa, coeur de leur fief en Syrie, le 30 juin 2014.
Etat islamique, ISIS, Daech, Organisation Etat islamique . De quoi parle-t-on ? Comment doit-on parler du mouvement djihadiste qui sévit en Irak et en Syrie? Depuissa fulgurante progressionau début de l’été, la façon de qualifier ce mouvement issu de la nébuleuse Al-Qaïda provoque l’embarras dans les chancelleries, mais aussi dans les salles de rédaction.  
A son tour, l’agence France Presse, l’une des grandes agences de presse occidentales, reprise par une multitude de rédactions -dont LExpress.fr- est gagnée par le doute sémantique. Dans unpost du blog « Making-of » , sa directrice de l’information, Michèle Léridon, explique ce jeudi pourquoi l’agence a choisi de nommer désormais le groupe djihadiste « organisation Etat islamique ». 
« L’AFP a décidé de ne plus employer telle quelle l’expression ‘Etat islamique’ », écrit-elle. Désormais, l’AFP utilisera l’expression « l’organisation Etat islamique » ou ‘le groupe Etat islamique’ ». « Dans les titres des dépêches, nous utiliserons si possible l’expression ‘djihadistes de l’EI ‘ ».  
L’agence de presse estime, à l’instar du président de la République et du ministre des Affaires étrangères que l’expression  » Etat islamique  » est  » inappropriée pour deux raisons: un, il ne s’agit pas d’un véritable Etat, avec des frontières et une reconnaissance internationale. Et deux, pour de nombreux musulmans, les valeurs dont se réclame cette organisation ne sont en rien « islamiques ». Le nom « Etat islamique » est donc susceptible d’induire le public en erreur. » 
Pas question en revanche pour l’agence d’utiliser les périphrases des décideurs politiques comme le « prétendu Etat islamique », ni l’acronyme arabe deDaech , « difficilement compréhensible pour le plus grand nombre. » Une occasion de faire le point sur les multiples dénominations du groupe islamiste armé.  
Le groupe djihadiste en poupe au Moyen-Orient (au point d’avoir  » ringardisé Al-Qaïda , selon l’expression de Romain Caillet, l’un des spécialistes de cette mouvance) est né sous le nom d’ « l’ Etat islamique d’Irak( EII ) » en 2006, de la fusion de la branche d’ Al-Qaïda en Mésopotamieavec de petits groupes islamistes.  
Chassés d’Irak par les tribus sunnites organisées en milices, les combattants de l’EII s’installent dans la Syrie voisine à la faveur du conflit. L’EII y est à l’origine de la création duJabhat al-Nosra , le  » Front du secours des Moudjahidines du Châm aux Syriens dans l’arène du djihad « , en janvier 2012. Mais la majorité des recrues d’Al-Nosra sont alors syriennes. 
En avril 2013, l’annonce par l’EII de sa fusion avec le Front al-Nosra, est rejetée par le chef du groupe syrien, qui reçoit le soutien d’ Ayman al-Zawahiri , successeur deBen Ladenà la tête d’Al-Qaïda. Persistant dans son initiative en dépit de ce désaveu, le leadership irakien crée l’ Etat islamique en Irak et au Levant( EIIL ,ISILen anglais), ou selon une autre traduction, l’ Etat islamique en Irak et en Syrie( EIISen français,ISISen anglais). Cette variante du sigle provient du fait qu’en arabe le mot  » Cham « , figurant dans l’acronyme du groupe, peut signifier soit la Syrie soit de façon plus large le Levant. 
Daech , aussi orthographié « Daesh » ou « Da’ech » est l’acronyme en arabe de l’EIIL. Mais il est perçu comme péjoratif par les djihadistes. Cette connotation péjorative explique pourquoi ce terme est couramment utilisé dans le monde musulman par tous ceux qui sont hostiles à l’organisation … et par certaines personnalités politiques françaises. 
Sur ce tweet, un faux logo de Daech destiné à dénigrer le groupe.  
Un choix rejeté par certains confrères, commeLibération . Le spécialiste du Moyen-OrientJean-Pierre Perrinexplique que l’EI a bien  » exprimé sa volonté de créer un Etat. »  
L’Express n’est pas épargné par ces interrogations. Pour Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction, et spécialiste des questions internationales, « EI est la pire des appellations, ce n’est ni un Etat -ils détruisent toutes les institutions assimilées et tuent sur place les fonctionnaires et militaires- ni islamique -ils tuent en priorité et en grande majorité des musulmans. Les nommer Etat islamique, c’est servir leur propre propagande, qui voudrait les faire passer pour un califat ou un Etat transfrontalier d’un nouveau genre, ce qui a surtout pour but de les différencier d’Al-Qaïda. J’ai moi-même employé Daech dans mes chroniques à plusieurs reprises, comme d’autres journalistes, bien avant que Laurent Fabius ne le recommande. la plupart des journalistes arabisants (dont je ne suis pas) emploient le terme de Daech depuis le début. » 
Sur son site, L’Express utilise les dénominations « l’organisation Etat islamique » ou « les djihadistes d’EI », tout comme Daech. L’usage du terme « Etat islamique » seul y est désormais exclu. 
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Pour tenter de déterminer l’appellation la mieux adaptée, rappelons quelques faits parmi d’autres qui aideront à y voir plus clair. Ainsi, par exemple,lors de l’occupation de la ville de Mossoul par l’EIIL, les habitations des Chrétiens d’Orient ont toutes été marquées du signe « Nûn », signifiant « nazaréen », autrement dit « chrétien » en arabe. Les djihadistes ont exigés des chrétiens de Mossoul de se convertir à l’islam, ou bien de payer la « jizyia » (l’impôt islamique qui fait du débiteur un « dhimmi », statut inférieur au musulman) ou bien de quitter leurs habitations en y abandonnant tout, leur propriété devenant alors celle de l’EIIL, califat auto proclamé, ou bien de choisir la mort… ces exigences s’appuyant sur les textes du Coran et les Hadiths, la Suna, et donc la Charia. La persécution des Chrétiens d’Orient en Irak, l’interdiction qui leur est faite de pratiquer librement leur religion sous peine d’emprisonnement et d’être puni au fouet, l’interdiction de se convertir à la religion chrétienne sous peine d’être condamné à mort (y compris à l’extérieur de son propre pays), n’est ni plus ni moins que ce qui est actuellement pratiqué en Arabie Saoudite, au Quatar, aux Emirats Arabes, au Yemen, en Oman,aux Soudan, tous pays musulmans. Dès lors, il est justifié de faire paraître le terme « islamique » dans le libellé qualifiant les actuels djihadistes en Irak, qu’il s’agisse d’une organisation, ou d’un état.
On n’est pas près de la gagner cette guerre si on ne sait même pas à qui on s’attaque ! Quand appellera-t-on, en France, un chat un chat ?
De toute façon, quelle que soit la dénomination donnée à ce « groupe », ça ne change rien à l’affaire : ce sont des gens extrêmement dangereux. Quand on voit des pays aussi différents que l’Iran, l’Arabie saoudite ou les Etats-Unis se dresser contre eux, on voit bien qu’ils constituentune grave menace pour le monde entier.
Ce sont des terroristes !!!! » appelons un chat,un chat »
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que veut dire daech

Ces termes sont plus ou moins exacts.
Fanny Arlandis (234 articles)Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.
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Fanny Arlandis—25.06.2014 – 12 h 36 , mis à jour le 25.06.2014 à 12 h 36
Des combattants de l’EIIL vers Mossoul, le 11 juin 2014. REUTERS
Les noms donnés à l’organisation islamiste diffèrent d’un média à l’autre: l’ Etat islamique en Irak et au Levant ,  l’Etat islamique d’Irak et du Levant ,ISIS ,  Daech … 
Que signifie chacun de ces termes et leur emploi plutôt qu’un autre? 
En arabe, la formule « الدولة الإسلامية في العراق والشام» (ad Dawla al Islamiya fi al ‘Iraq wa ash Sham) signifie littéralement «l’Etat islamiqueenIrak etauLevant» (EIIL ou ISIL en anglais). C’est cette formulation, et non «l’Etat islamiquedeIrak etduLevant», qui est la plus proche de la syntaxe en arabe.
De nombreux médiasutilisent cependant l’acronyme arabe «Da’ech» («داعش»). Selon certains chercheurs, commeRomain Caillet , la sonorité de ce terme serait jugée disgracieuse. Ce serait donc pour cela qu’il est utilisé majoritairement par les opposants à l’EIIL. 
#LTVous avez remarqué qu’à l’instar d’al-Jazeera, Sky News Arabiya n’utilise plus l’acronyme controversé Daëch pour désigner l’ #EIIL .
«Le terme « Da’ech »n’est pas péjoratif en soi, il l’est devenu en raison du contenu qu’on lui associe: les exactions, les exécutions, les offensives, etc.» 
Si les partisans de l’EIIL n’utilisent pas ce terme, c’est qu’ils sont  «dans une logique de pureté de la langue,poursuit la chercheuse.  Leurs communiqués sont écrits dans un arabe parfait et donc choisi et sans fautes, ce qui leur permet d’affirmer leur identité et de recruter plus. Ils n’utilisent donc pas cet acronyme».
Les partisans de l’EIIL utilisent cependant, dans leurs communications sur les réseaux sociaux et autres, l’acronyme anglais «ISIS». Selon les médias, deux significations différentes lui sont associées: «Islamic State in Irak and Syria» [Etat islamique en Irak et en Syrie] ou «Islamic State in Irak and al-Sham»[Etat islamique en Irak et al-Sham].
Mais seule la seconde formule est correcte, car les objectifs de cette organisation ne se limitent pas à l’Irak et à la Syrie. Le Sham désigne le Levant, c’est le nom qui était donné historiquement à la Syrie, au Liban, à la Jordanie et à Isräel-Palestine avant le tracé des frontières coloniales.
«Pour l’instant, les combattants ne sont vraiment actifs que dans cette région, mais leur objectif est un califat sunnite qui va bien au-delà de l’Irak et du Levant et qui s’étendrait à l’ensemble du monde musulman. Ils parlent déjà de s’étendre à l’Egypte et dans les pays du Golfe. Et rien ne dit qu’il ne se rebaptiseront pas un jour.»
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que veut dire daech
Mehdi Merabtène est diplômé du Master 1Culture, Médiade l’université Paris Nord (Paris 13). En septembre 2015, il a soutenu sous la direction de Sarah Labelle un passionnant mémoire consacré à la stratégie de communication de Daech (« Daech : une communication structurée pour un discours destructeur »). Dans cet article rédigé pourEffeuillage , il revient sur les conditions de production et de circulation de ce nom devenu tragiquement familier. Les mots ne sont bien évidemment pas les armes les plus dangereuses… mais il importe de se rappeler qu’ils sont tout de même des armes et qu’à ce titre ils ne sont pas inoffensifs.
La dénomination d’une organisation terroriste a pour vocation, à la manière d’une marque, d’agréger les valeurs et les représentations constitutives de l’identité de cette organisation. Dans le cas de Daech (ou « Etat islamique ») ici présenté, le nom a évolué au rythme des différentes étapes de développement de ce groupe djihadiste. Les traductions et les reprises de sa dénomination par les différents énonciateurs ont entraîné des glissements sémantiques qui ont eux-mêmes conduit à une controverse : doit-on appeler Daech « l’Etat islamique » ?
On pourrait m’objecter, particulièrement dans le contexte actuel, que ce ne sont que des mots. Je rétorquerais que les discours souvent précèdent des actes. Ainsi, Victor Klemperer, qui a étudié le pouvoir des mots sous le III èmeReich, a notamment constaté que « si quelqu’un, au lieu d’« héroïque et vertueux », dit pendant assez longtemps ‘fanatique’, il finira par croire vraiment qu’un fanatique est un héros vertueux » [1] . Cet exemple extrême se reflète tout particulièrement aujourd’hui. Il nous aide à entrevoir l’étendue du problème communicationnel représenté par cette controverse du nom de Daech, au cœur d’importants enjeux politiques et sociaux.
Une dénomination aux enjeux géostratégiques
Entre 2006 et 2014, Daech passe par trois principales dénominations : d’abord « Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq », soit « l’Etat islamique d’Irak » (que j’abrègerai par « EII »), puis « Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa-š-Šhām » que nous traduirons par « l’Etat islamique en Irak et au Levant » (acronyme « EIIL »), enfin « Dawla al-Islāmiyya », soit « l’Etat islamique » tout court (acronyme « EI »). C’est à partir de la deuxième phase, celle de « l’Etat islamique en Irak et au Levant », que le problème de la désignation apparaît et qu’il s’amplifie, sous l’effet des multiples traductions et reprises dues à la médiatisation internationale de l’organisation.
À la mi-octobre 2006, considérant le gouvernement chiite mis en place par les Américains comme une force d’occupation, la branche irakienne d’Al-Qaïda et cinq autres factions djihadistes sunnites regroupées au sein du « Conseil consultatif des moudjahidines d’Irak » proclament l’ « Etat islamique d’Irak » [2](EII). Cette auto-proclamation, ainsi que les deux suivantes, sont des revendications qui s’inscrivent en dehors des cadres institutionnels internationaux dont les valeurs et les compétences sont niées.
Entre avril et novembre 2013, l’ « EII », qui a profité de la guerre civile en Syrie voisine pour s’y étendre, en affrontant avec opportunisme tous les belligérants, rompt avec Al-Qaïda : l’« Etat islamique en Irak et au Levant» (EIIL) est né [3] . Cette dénomination (ou plus précisément celle de l’ « Etat islamique en Irak et auSham  » (EIIS)) a été préférée par la communication de l’organisation à l’« Etat islamique en Irak et en Syrie », en partie à cause des accords Sykes-Picot [4] , la Syrie étant une création franco-britannique résultant du démantèlement de l’Empire ottoman. En outre, la région du « Levant » (ouShamen arabe) englobe la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël, et la Palestine. Préférer leShamà la Syrie, c’est donc, par le pouvoir des mots, se proclamer maître d’un plus grand domaine.
Le 29 juin 2014, quelques jours après la prise de Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak, le « Califat » est proclamé et l’organisation change une nouvelle fois de nom, devenant sobrement l’ « Etat islamique » (EI) [5] . Cet énoncé à visée performative [6]est un acte illocutoire, car il rétablit (aux yeux de ses sympathisants mais pas de la communauté internationale) un régime politique disparu depuis près d’un siècle. Il a également pour but de revendiquer un pouvoir d’autorité sur les musulmans du monde entier. C’est donc aussi un acte perlocutoire car cette proclamation entraîne une série d’allégeances. En effet, dans les mois qui suivent, des groupes djihadistes très actifs notamment au Nigeria, en Lybie, en Tunisie, en Egypte et au Yémen prêtent allégeance au « Calife » autoproclamé Abu Bakr al-Baghdadi, concrétisant une implantation intercontinentale.
Le changement de dénomination s’avère donc intimement lié aux expansions territoriales successives et aux velléités d’hégémonie mondiale de l’organisation. Dans le premier mouvement, ce sont les conquêtes qui induisent un changement de nom de l’organisation (de l’« EII » à l’« EIIL ») pour souligner et légitimer ces conquêtes. Dans le second, ce sont la proclamation du Califat et le choix du nom générique « Etat islamique » qui cristallisent les ambitions de ses dirigeants. Les deux dynamiques territoire/nom et nom/territoire se répondent et illustrent à quel point les actes de langage et le langage des actes peuvent être analogues.
Acronymes et traductions : plusieurs recettes pour une formule
La question des traductions du nom de l’organisation se pose sensiblement dès 2013 avec l’implantation de l’organisation en Syrie. En effet, afin de prendre l’avantage sur les factions rebelles concurrentes, Daech souhaite attirer la majeure partie des djihadistes étrangers (pas toujours arabophones) venus combattre le régime de Bachar al-Assad. C’est donc durant l’année 2013 et jusqu’au 29 juin 2014 que le cortège de traductions de l’appellation « Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa-š-Šhām » va être popularisé par les communicants du groupe djihadiste et relayé par les médias internationaux. La traduction anglaise officielle est « Islamic State of Iraq and as-Sham » (« ISIS »). Bien que Daech ne l’ait jamais utilisé dans sa communication officielle, l’acronyme « ISIS » a été employé par certains des sympathisants de l’organisation, notamment les responsables de l’attaque électronique de TV5 Monde [7] .
Du côté des médias francophones, l’acronyme employé alors est l’« EIIL ». La dénomination que l’on rencontre, en concurrence avec celle de l’ « Etat islamique en Irak et au Levant », est l’ « Etat islamique en Irak et en Syrie » (« EIIS »). Dans les médias anglophones, on a trouvé un temps « Islamic State of Iraq and the Levant » (acronyme : « ISIL ») concurrencé par « Islamic State of Irak and Syria », lui-même supplanté par son acronyme « ISIS » qui est en même temps l’acronyme de « Islamic State of Irak and as-Sham ».
Cette dénomination « ISIS » a été largement adoptée par les médias anglophones. Elle a la particularité de renvoyer à deux réalités à la fois, le deuxième « S » signifiant soit « Syrie », soit « Sham ». Cette double signification confère un aspect polémique renvoyant à la notion de formule définie par Alice Krieg-Planque [8] . Ainsi, une formule comporte-t-elle quatre caractéristiques essentielles :
– le caractère polémique, c’est-à-dire l’instabilité du signifié (ici cachée derrière le deuxième « S », et surtout derrière le premier, « State » : cette organisation est-elle un Etat ?) ;
– le figement, en d’autres termes, la stabilité du signifiant est remarquable dans le cas de l’acronyme « ISIS », puisque c’est aujourd’hui encore la dénomination largement dominante dans les médias américains et britanniques, alors même que l’organisation a officiellement abandonné les mots correspondant aux deux dernières lettres « IS » depuis le 29 juin 2014 ;
– la dimension discursive, qui prend en compte la tension entre le texte et le contexte socio-historique : c’est bien l’usage social qui donne du sens à cet acronyme ;
– le statut de référent social, c’est-à-dire qu’il s’impose dans le débat public et devient incontournable : aujourd’hui dans les pays anglophones, le terme est devenu prépondérant dans les discussions sur le djihadisme et le terrorisme, par exemple.
Quant à l’acronyme « Daech » (orthographe francisée) ou « Daesh » (anglicisée) ou encore « Da’esh » ou parfois « Daiish » (pour coller au plus près de la prononciation arabe), il est l’équivalent de l’« EIIL » en arabe : « Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa-š-Šhām (الدولة الاسلامية في العراق والشام) ». Cet acronyme pose un problème de sens. En effet, parmi les populations arabophones du Proche-Orient, seuls les opposants à Daech appellent ce groupe ainsi. Comme le relève Pascal Riché dansRue 89 , « Daech » signifierait « piétiner, écraser » et les djihadistes auraient menacé de couper la langue de quiconque utiliserait le mot « Daech » qui serait signe de « défiance et d’irrespect » [9] .
Depuis la proclamation du califat, les membres de ce groupe l’appellent soit « l’Etat islamique », soit « le Califat », soit tout simplement l’« Etat ». En arabe, c’est donc « Khilafah », « Dawla al-Islamiyya » ou simplement « Dawla » sans recours à l’acronyme péjoratif.
Les autorités et les médias opposés à l’idéologie et aux exactions de ce groupe djihadiste se sont donc retrouvés face à un dilemme : comment désigner cette organisation qui se revendique « l’Etat islamique », avec les enjeux géostratégiques que cette appellation entraîne, sans alimenter sa propagande ?
Une dénomination à revendication politique
Pour mesurer l’ampleur du problème, il faut se pencher sur la définition d’« Etat islamique ». Tout d’abord, le recours au substantif « Etat » renvoie à la conception partagée de l’autorité institutionnelle : elle définit un puissant instrument pour agir et elle permet une légitimité de ceux qui agissent en son sein. Ce nom est aussi révélateur de la stratégie territoriale des dirigeants de Daech, de leur volonté de prendre le contrôle d’une étendue géographique et de l’administrer de manière pérenne. En effet, Daech comporte quasiment tous les attributs d’un Etat : un territoire, une capitale (Raqqa), un drapeau, un chef et un gouvernement, des institutions publiques (une armée, un ministère de la propagande, un pouvoir judiciaire, une police, un système éducatif, des services hospitaliers,…). Il a le contrôle d’importantes ressources énergétiques, lève des impôts, frappe sa propre monnaie et profite d’une certaine autonomie financière.
L’attribut étatique le plus important et peut-être le plus problématique est celui de la reconnaissance internationale. Etant considéré comme une organisation terroriste par les Nations unies et par l’ensemble de la communauté internationale, Daech voit ses prétentions de statut étatique brisées par le droit international. Cependant, l’organisation terroriste bénéficie d’une certaine reconnaissance auprès des personnes qui décident d’adhérer à son projet ainsi qu’auprès des groupes djihadistes qui lui prêtent allégeance. Elle jouit par ailleurs d’une reconnaissance médiatique à chaque fois qu’un journaliste ou qu’un intervenant dit dans les médias : « l’Etat islamique ». Sans oublier que le fait que des pays déclarent la guerre à Daech comme on déclare la guerre à un Etat constitue un énoncé qui a pour effet perlocutoire de légitimer, dans une certaine mesure, ce groupe terroriste en tant qu’Etat.
Lorsque l’on se penche sur l’adjectif « islamique », il apparaît que cette organisation se réclame d’une légitimité qui ne lui est que très partiellement reconnue. En effet, le terme « islamique » est mobilisé pour revendiquer une certaine conception de la religion musulmane portée par le courant sunnite salafiste. Ce courant prône une application de la charia basée sur une interprétation très littérale des textes sacrés, et sa frange djihadiste appelle à prendre les armes pour imposer au monde cette idéologie. Le terme général « islamique » (par rapport à celui de « salafiste djihadiste » par exemple) est entendu du point de vue de la communication de Daech et l’on saisit l’intérêt stratégique de son emploi. Cependant, il s’avère dangereux de l’utiliser pour désigner cette organisation dans des sociétés peu familiarisées avec la notion d’islam, le risque de susciter des réactions islamophobes étant réel.
Un débat porté par des hommes politiques
Il y a donc de véritables enjeux dans la reprise de la dénomination de cette organisation par les autorités internationales. Ainsi on a pu voir de grands dirigeants occidentaux prendre clairement position sur la question, sans pour autant être experts en la matière. En effet, on mesure l’importance de cette question de la désignation de l’ « Etat islamique », qui déborde largement les sphères linguistiques, philosophiques et théologiques, à l’aune des enjeux politiques, diplomatiques et sociaux que la reconnaissance ou la reprise d’un simple nom entraînerait. Nous prendrons trois exemples pour l’illustrer.
Pour commencer, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, s’est très tôt préoccupé de cette question de l’onomastique : « l’ISIL n’est pas islamique. Aucune religion ne cautionne le meurtre d’innocents et la majorité des victimes de l’ISIL sont des musulmans. Et l’EIIL n’est certainement pas un État. […] [C’] est une organisation terroriste, tout simplement » [10] . Puis le Premier Ministre britannique, David Cameron, s’est lui aussi penché sur ce problème dont les médias ont parfois mis trop de temps, selon lui, à prendre la mesure, comme le rapporteLe Monde: « j’aimerais que laBBCarrête de l’appeler « Etat islamique », car ce n’est pas un Etat islamique. Ce que c’est, c’est un effroyable régime barbare. C’est une perversion de l’Islam » [11] .
Enfin, le Ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, conscient de ce problème sémantique, a décidé que la diplomatie française emploierait le terme connoté péjorativement « Daech » pour désigner cette organisation djihadiste, comme le font les ennemis arabophones de cette dernière. Il a donc tranché la question en résumant les enjeux de cette manière :
« Vous avez parlé d’un prétendu « État islamique » : permettez-moi de revenir, un instant seulement, sur cette expression. Le groupe terroriste dont il s’agit n’est pas un État. Il voudrait l’être, il ne l’est pas, et c’est lui faire un cadeau que l’appelerÉtat . De la même façon, je recommande de ne pas utiliser l’expressionÉtat islamique , car cela occasionne une confusion entre l’islam, l’islamisme et les musulmans. Il s’agit de ce que les Arabes appellent « Daech » et que j’appellerai pour ma part  les égorgeurs de Daech! » [12] .
S’adressant ici à un journaliste, Laurent Fabius le reprend sur l’emploi de la dénomination « Etat islamique » et lui rappelle, par l’adjectif qualificatif antéposé « prétendu », que cette formule n’est qu’une prétention, qu’un fantasme des dirigeants de cette organisation, car elle n’a aucune reconnaissance internationale officielle. « Il voudrait l’être » reprend cette idée de l’adjectif « prétendu ». Nous pouvons ensuite noter que la deuxième, la troisième et la quatrième phrase comportent une négation. « Le groupe terroriste dont il s’agit » pose le statut de cette entité comme une évidence (c’est un groupe terroriste), donc il « n’est pas un Etat ». Le Ministre s’oppose explicitement à cette aspiration par deux fois : il « n’est pas un Etat », « il ne l’est pas ». Monsieur Fabius explique que relayer la désignation choisie à dessein par le groupe terroriste serait « lui faire un cadeau » puisque ce dernier « le voudrait ». Laurent Fabius peut ensuite « recommande[r] » (rappelons qu’il s’adresse à un journaliste) « de ne pas utiliser l’expression « Etat islamique » ». Il poursuit en présentant une formule qu’il trouve convenable, empruntée à ses partenaires arabes : « Daech » et termine son intervention en proposant une expression qu’il endosse personnellement (à l’aide de la subordonnée relative « que j’appellerai pour ma part »), à savoir « les égorgeurs de Daech ».
Nous résumons ainsi la démarche du Ministre qui s’oppose tout d’abord à un élément de langage relayé tel quel par un journaliste. Il martèle en quoi cette désignation est illégitime en soulignant par deux fois sa négation du statut d’Etat et le but recherché par Daech. Il sépare les membres de l’organisation à la fois des musulmans et des Arabes. Il s’appuie ensuite sur ces derniers pour étayer son choix de la formule  Daech . De l’agglomérat des valeurs d’unité, de stabilité, de grandeur, de piété, de sérénité et de culture qui peuvent être accolées aux idées d’Etat et d’islam, nous sommes passés en quelques coups de boutoir à un groupe terroriste, puis à des individus « égorgeurs » cruels et violents. Cette déconstruction, d’une idée d’institution rassembleuse et pérenne à une poignée de fous sanguinaires, s’avère assez efficace. En effet, si la greffe de la formule « Daech » dans l’espace public a été assez longue à prendre, nous remarquons qu’aujourd’hui, bien qu’elle soit toujours en concurrence avec d’autres formulations, elle tend à dominer les débats en France (un peu à la manière d’ISIS aux Etats-Unis et au Royaume-Uni).
Par ailleurs les médias français, sensibilisés à l’importance de cette problématique, ont décidé de ne plus écrire « l’Etat islamique », mais « Daech » (notamment dansCourrier international , s’alignant ainsi sur la position de la diplomatie française), ou « l’organisation Etat islamique » ou « le groupe Etat islamique » ou encore « le groupe djihadiste EI », par exemple chez l’Agence France Presse. Malgré tout, on trouve encore régulièrement, dans les médias occidentaux, des brèves parlant simplement de « l’EI » ou même, davantage à l’oral, des journalistes ou des intervenants variés disant littéralement « l’Etat islamique ».
Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, nous pouvons remarquer le duel d’occurrences entre les deux formules « Daech » et « l’Etat islamique ». Si la dénomination Daech semble dominer (une étude quantitative serait éclairante à ce sujet), « l’Etat islamique » apparaît fréquemment.
Parallèlement à cette controverse, le fait que le Président François Hollande (tout en faisant attention à ne jamais dire « l’Etat islamique » mais « Daech ») ait employé clairement et avec insistance le terme de « guerre », est paradoxalement très valorisant pour une organisation terroriste si soucieuse de son image et de sa force. En effet, un acte de langage tel que « la France est en guerre » réalisé par un Président de la République en activité fait office de déclaration de guerre. Par cette rhétorique guerrière (sans doute attendue par l’opinion publique), le Président reconnaît à Daech le statut d’adversaire d’envergure. En effet, l’ampleur et la violence des attentats perpétrés inscrivent cette organisation dans une terrible réalité qui ne peut plus être niée. Pourtant, les bombardements français contre Daech ont commencé en septembre 2014 en Irak et en septembre 2015 en Syrie, et auraient pu se poursuivre et s’intensifier sans avoir recours à cette rhétorique. Le fait de ne lui déclarer la guerre qu’après les attentats du 13 novembre revient à reconnaître que Daech, par ces attentats, gagne de précieux points de reconnaissance internationale. Ainsi voit-il paradoxalement et malgré le recours à de basses méthodes terroristes, son curseur se déplacer sensiblement de la sphère de groupe terroriste à celle de stature Étatique.
La bataille de l’onomastique est donc loin d’être terminée.
[1]KLEMPERER Victor,LTI, la langue du 3 èmeReich , Pocket, 2002 (1975), p.40.
[2]OURDAN Rémy, « L’Etat islamique, un djihad enraciné »,Le Monde , 3 octobre 2014 :http://www.lemonde.fr/international/article/2014/10/03/l-etat-islamique-un-djihad-enracine_4499977_3210.htmlethttp://www.islamisme.wikibis.com/conseil_consultatif_des_moudjahidines_en_irak.php. Selon cette source, cette auto-proclamation correspondrait à un pacte réalisé le 12/10/2006 sur une vidéo que je n’ai pas été en mesure de me procurer : « Le pacte du Conseil consultatif des moudjahidines d’Irak »,Intelprotec , 16 octobre 2006 :http://intelprotec.com/breve.php3?id_breve=37.
[5]« L’Etat Islamique supprime de son nom « en Irak et au Châm » dans toutes les questions administratives ( sic ) et officielles et son nom devient « l’Etat Islamique » à partir de la date de cette déclaration. » AL-ADNANI Mohamed (porte-parole de l’organisation),Ceci est la promesse d’Allâh,traduction et retranscription écriteAl-Hayat , juillet 2014, p.5.
[6]Selon la théorie des actes de langage de J.L. Austin, un énoncé performatif est un message qui, par le fait même d’être produit, réalise ou entraîne une action. AUSTIN John Langshaw,Quand dire, c’est faire , Seuil, 1991 (1962).
[8]KRIEG-PLANQUE Alice, « Purification ethnique ». Une formule et son histoire. Paris : CNRS éditions, 2003,viaMAYAFFRE Damon, « Alice Krieg-Planque. — La notion de « formule » en analyse du discours. Cadre théorique et méthodologique. Besançon : Presses Universitaires de Franche-Comté, 2009, 145 pages. », Corpus [En ligne], 8 | 2009, mis en ligne le 01 juillet 2010, consulté le 19 novembre 2015 :http://corpus.revues.org/1775
[11]« Comment désigner l’Etat islamique ? », blogBig BrowserdansLe Monde-Blogs , 30 juin 2015 :http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/06/30/comment-designer-letat-islamique/.
[12]SOUBROUILLARD Régis, « Fabius lance la guerre des mots »,Marianne , 15 septembre 2014 :http://www.marianne.net/Fabius-lance-la-guerre-des-mots_a241436.html
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Stratégie, conflits, défense, sécurité…
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Symbole marquant de l’Etat Islamique, en passe de devenir après la croix gammée nazie, le symbole de l’ennemi “absolu” autour duquel toute la Société occidentale va progressivement se reconstruire, cet étendard frappe aujourd’hui les esprits.
(Mises à jour du 29 avril 2016 à 24h en italique)
drapeau intégré dans une peinture murale d’un bâtiment officiel – ville d’al-Raae au nord ouest d’Alep – Syrie (Merci à Wassim Nasr pour la précision)
Il devient un marqueur d’appartenance à l’EI de mouvements jihadistes, même s’il est employé bien au-delà de la sphère des mouvements ayant fait allégeance à l’EI.
Il est donc indispensable d’analyser ce qu’il signifie pour les musulmans, comme pour les non-musulmans. Cette analyse est nécessaire pour se rendre compte qu’à travers ce drapeau, c’est toute la relation, le “souchage” du projet de l’EI sur l’Islam qui apparaît, grâce à une maîtrise exceptionnelle des symboles qui fait de cette image avant tout un immense succès marketing.
Il s’agit d’un drapeau noir de forme carrée, avec des inscriptions blanches, construit en deux parties organisées verticalement.
Le choix de la couleur renvoie à l’étendard de l’aigle, “rayat al-`uqab”, qui selon la légende aurait été choisi par Mohammed pour combattre, simplement à partir d’une pièce de tissus noir qui avait servi de châle à son épouse Aïcha. D’après des Hadiths [1] , il serait carré et orné d’aucune inscription.
L’inscription sur la partie haute est tirée de la formule arabe : أشهد أن لآ إلَـهَ اِلا الله/ Achadou an lâ illâha illa-llâh, qui peut se traduire par « J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu ».(MàJ) Une traduction littérale pourrait être “j’atteste qu’il n’y a pas de Dieu sauf Allah”.
Il s’agit de la première partie de la Chahada (ou Shahada), la profession de foi prononcée par toute personne pour devenir musulman. Cette phrase constitue le premier des cinq piliers de l’Islam, et qui est directement liée au tawhid, le principe de l’unicité de Dieu. Dans l’Islam, et par réaction aux polythéismes pratiqués à l’époque de Mohammed, tout acte d’adoration ne peut être dirigé que vers le Dieu unique, et c’est cette phrase qui le proclame et le rappelle [2] .
Il existe de nombreux drapeaux qui comportent la Chahada (à commencer par celui de l’Arabie Saoudite), mais dans le drapeau de l’EI, la citation est incomplète.
D’abord, il manque le terme “j’atteste” (Achadou), ce qui transforme la formule en une affirmation “objective” sur l’unicité de Dieu, n’impliquant aucune adhésion du lecteur, à laquelle elle s’impose comme la première loi divine.
De plus, seule la première partie est citée, puisque la suite de la profession de foi “wa-achadou anna Mouḥammadan rassoûlou-llâh” c’est à dire «…et que Muḥammad est l’envoyé de Dieu », n’est pas reprise.
A la place, les chefs de l’EI ont opté pour la figuration du premier sceau connu de Mohammed, qui comporte les trois mots importants (de haut en bas) : Dieu – Envoyé (ou messager) – Mohammed.
Sources de ce premier sceau (une lettre de Mohammed)
Relevons que contrairement aux usages, la calligraphie utilisée n’est pasle Thuluth(calligraphie classique considérée comme la plus esthétique), mais lecoufique ancien .
Rien dans ces éléments descriptifs n’est innocent et c’est ce que nous allons étudier.
L’origine exacte de ce drapeau n’est pas connue.
La première trace historique de l’emploi d’une bannière noire date d’Abu Muslim, général perse des califes abassides de Bagdad, lors des guerres qui ont mis fin à la suprématie Omeyyade. Cet étendard concerne alors les troupes perses des abbassides qui vont vaincre les armées syriennes Omeyyades [3] .
A l’époque, le drapeau devait être noir sans motifs, chaque camp s’attribuant une couleur pour l’étendard (la “raya”) et une couleur distinctive pour reconnaître les combattants, qui n’ont pas d’uniformes (un turban, un morceau de tissus noué sur la tête ou le bras, appelé parfois “liwā” ou “alam”).
L’apparition de drapeaux noirs avec la Chahada daterait des combats en zone Pachtoune (Afghanistan) au XVIIIème siècle. L’idée s’étend et les Talibans puis Al Qaïda reprennent la composition étendard noir + Chahada selon des calligraphies et des motifs différents.
Le drapeau du mouvement jihadiste à l’origine lointaine de l’EI,le Jama’at al-Tawhid wal-Jihad( Unicité et Jihad ) d’Abu Moussab al-Zarqaoui reprenait déjà la structure, mais avec la calligraphie classique Thulut, et en associant le nom de l’organisation en doré.
La proximité avec le drapeau de l’EI est remarquable même si l’étude des différences est riche d’enseignements sur les évolutions de l’organisation.
Le groupe fondé en 1999 en Afghanistan par al-Zarqaoui va s’étendre en Jordanie et surtout en Irak avec l’invasion américaine de 2003.
En 2004, le groupe fusionne avec d’autres pour faire allégeance à Al-Qaida, et devenir Tanzim Qaidat al-Jihad fi Bilad al-Rafidayn (qu’on peut traduire par Organization de la base – Al Qaida – du Jihad en Mésopotamie / Irak).
Le drapeau évolue pour se rapprocher de celui d’Al Qaida, signe de cette allégeance. Parmi les nombreuses variantes qui ont existé, celle-ci représente une évolution graphique notable avec laquelle les concepteurs du drapeau de l’EI ont voulu trancher.
Le sceau est toujours vide, et le caractères (Chahada et nom de l’organisation) sont dorés, mais la calligraphie évolue.
Un exemple dans une vidéo de l’organisation à Bagdad (Rue d’Haïfa – contrôlée par Zarqaoui en septembre 2004) :
Cette organisation va rallier en janvier 2006 le Conseil consultatif des Moudjahidines en Iraq. Après la mort de Zarqaoui, ce Conseil se dissout pour proclamer l’Etat islamique en Iraq en octobre 2006 [4] .
Le drapeau actuel de l’EI apparaît en janvier 2007 notamment dans des vidéos de al-Fajr (agence Al Qaida), et il va rapidement s’étendre sur plusieurs continents.
En réalité ce drapeau est employé dès la fin 2006 dans les communiqués du mouvement, imprimés, photocopiés, et distribués à la sortie des Mosquées (au point que le gouvernement iraquien va interdire les imprimantes dans certaines zones).
Voici un exemple de communiqué de l’EII
Puis il apparaît dans les combats, comme sur différentes vidéos :
L’une des plus anciennes vidéos disponibles sur le net date de juillet 2007 et montre l’attaque d’un poste de police dans la province de Diyala [i] .
(Remerciements à @BiladFransa et @BrunFree pour leur aide dans mes recherches)
Il est intéressant de noter ici que le sous-titre est littéralement “état d’Iraq et islamique” Les mentions sont donc inversées par rapport au nom officiel (il n’a pas été possible de découvrir la raison de cette inversion).
En conclusion, le choix de ce drapeau, qui s’inscrit à la fois dans la continuité du mouvement jihadiste de Zarqaoui et en rupture avec les éléments figuratifs d’Al Qaida préfigure ainsi l’opposition qui va intervenir rapidement entre l’EI et Al Qaida.
Nous avons relevé plusieurs variantes à ce drapeau de mouvements proches de l’EI (liste non exhaustive).
En Syrie, on constate de nombreuses variantes, essentiellement par l’ajout du nom d’un groupe ayant fait allégeance à l’EI, ou souhaitant le faire.
Syrie – secteur sud-ouest Deraa – Brigade des martyrs de Yarmouk
drapeau de la Katiba des hommes de dieu dans le pays de Sham
insigne peinte sur un blindage d’un technical avec la mention “Etat islamique en Irak et au Sham”
Des variantes s’observent aussi dans les autres régions contrôlées par l’EI :
variante très originale an Nigéria (pris par l’armée).
Il existe aussi des variantes de ce drapeau au sein de groupes qui ne sont pas rattachés à l’EI.
Etendard utilisé par AQMI (variante par la calligraphie différente, y compris dans le sceau du Prophète).
Drapeau du bataillon vert (groupe jihadiste syrien qui va fusionner en 2014 avec le front Al-Nosra, donc Al Qaida) [5] .
On constate par ces variantes (liste non limitative) que le phénomène d’appropriation de ce drapeau par les jihadistes de groupes et de régions très différents, est complet. C’est le signe comme nous le verrons du succès du coup marketing de l’EI.
La force symbolique du drapeau de l’EI est extraordinairement efficace. Et il est intéressant d’aller au-delà de ce constat pour essayer d’analyser les signifiants qui sont derrière les symboles figurés sur cet étendard.
Le choix d’un drapeau de forme carrée découle d’une volonté de se conformer au modèle originel, en rejetant les formats occidentaux (drapeau en rectangle ou carré long).
La couleur noire est bien évidemment le premier élément qui frappe. D’autres couleurs auraient pu être choisies (par exemple le vert).
La référence historique à la bannière noire de Mohammed (rayat al-Uqab ou rayat al-Sawad) est classique et lisible. Pourtant ce choix n’a rien d’évident, y compris du strict point de vue des références jihadistes. La bannière la plus connue de Mohammed est en effet la bannière blanche (certains historiens doutant même de l’existence de la bannière noire puisque seuls certains Hadiths, certes jugés les plus sûrs, y font référence), sachant qu’il avait aussi une bannière rouge.
il existe d’ailleurs une version en blanc du drapeau de l’EI (comme aussi aux Philippines).
En réalité, dans l’histoire musulmane, les bannières noires ont d’abord été le signe de la révolte, et c’est pour cela que les chiites en ont aussi fait usage, comme les troupes perses d’Abu Muslim, général Abbasside en révolte contre les Omeyyades. Le choix de cette couleur n’est donc pas anodin pour des sunnites, historiquement plutôt portés à la soumission aux autorités. C’est le signe que l’EI veut porter un projet de nature révolutionnaire.
C’est aussi un premier marqueur “d’irakocentrisme” de l’EI [6] , le drapeau noir d’Abu Muslim étant celui des troupes du Calife Abbasside de Bagdad en guerre contre les armées syriennes [7] .
De plus, il existe une version du récit de l’arrivée du Mahdi sur terre, le sauveur, qui viendra délivrer la terre du Dajjal (version jihadiste de l’Antéchrist) accompagné de légions arborant des drapeaux noirs. La couleur noire est donc aussi une référence à la dimension millénariste et apocalyptique de l’idéologie de l’EI.
exemple de représentation du Dajjal – figure centrale de la dimension apocalyptique de l’idéologie jihadiste
Enfin, les étendards noirs ont toujours plus frappé l’imagination des populations, bien au-delà du monde musulman (pensons aux pavillons “Jolly Rogers” des Pirates anglais [8] ). Le noir est en Occident la couleur du deuil et des enfers, il possède donc un impact psychologique classique et largement utilisé dans l’histoire militaire (des Hussards de la mort français de la Révolution aux Waffen SS).
Les inscriptions du drapeau revêtent ensuite plusieurs dimensions symboliques qui dévoilent à la fois l’intention de ses concepteurs, et la nature de leur projet.
La reprise de la première partie de la Chahada, qui renvoie à l’unicité absolue du culte à dieu, a un lien direct avec l’idéologie jihadiste, qui prône un monothéisme extrémiste, rejetant tout culte associé (aux saints, aux savants, aux prophètes…), et allant jusqu’à détruire toutes les images de créatures de dieu.
Cette tendance est basée sur une conception extensive et ultra-rigoriste du Tawhid [9] , dont cette phrase est le rappel permanent. C’est aussi plus prosaïquement une reconnaissance de la filiation de l’EI avec le groupe fondé par Zarqaoui, et qui se réclamait du Tawhid au point de le mettre dans son nom.
Le drapeau de l’EI est parfois surnommé “rayat al-Tawhid”, c’est à dire la bannière de l’unicité ou du monothéisme.
(MàJ) La Chahada est aussi symboliquement importante pour les Jihadistes, car l’attestation de foi dans un dieu unique se matérialise par le sacrifice suprême, c’est à dire la mort au combat du croyant. L’autre sens de la Chahada est donc de mourir pour sa foi, en témoignage de sa croyance dans un dieu unique. Les musulmans morts pour leur foi en combattants sont donc appelés Chahîd, mot qui dérive de Chahada et qui a à la fois le sens de témoin (Châhid), mais aussi de martyr (Chahîd).
Afin de se démarquer à la fois d’Al Qaida et des nations arabes qui ont la Chahada inscrite sur leur drapeau, les concepteurs de l’étendard de l’EI ont fait deux choix très symboliques:
Rappelons que l’emploi du coufique ancien, qui n’est pas l’écriture originelle du Coran (c’est le Hijazi).
Un exemple d’un des plus anciens Coran connus, écrit en Hijazi (différent du Coufique ancien).
En n’employant pas le Thuluth pour se différencier de ses ennemis et concurrents (à commencer par Al Qaida), l’EI choisit aussi une calligraphie qui renvoie aux premiers âges de l’Islam (sans être l’écriture d’origine), comme pour se replacer dans les pas et les écrits des compagnons de Mohammed (les fameux salafs).
Mais le choix du Coufique ancien n’est pas innocent, puisqu’il ne s’agit pas de l’écriture originelle du Coran. Cet alphabet est d’abord le premier alphabet arabe émanant d’Irak, de la ville de Koufa dont il tire son nom. Nous avons donc là une nouvelle preuve de “l’irakocentrisme” de l’EI, dont l’idéologie, le projet politique, la structure comme la hiérarchie sont indissociablement liés à l’Irak post-2003 [10] .
Enfin, cette calligraphie est aussi celle qui fut imposée par les premiers Califes pour unifier l’écriture arabe, signe donc de l’instauration d’un Etat.
La calligraphie employée n’a donc rien d’un choix esthétique ou anodin, mais relève d’une volonté de marquer politiquement un projet idéologique conçu autour de la construction d’un état (l’état islamique) et qui n’est pas dénué de nationalisme sous-jacent par son “irakocentrisme”.
La reprise du sceau de Mohammed est d’abord destinée à compléter de manière originale la Chahada, qui serait sinon tronquée et donc hérétique.
La particularité est qu’alors que le drapeau se lit de haut en bas, le cachet doit se lire de bas vers le haut : Mohammed – Rassoul – Allah.
Cette particularité n’est pas un détail. Outre qu’elle se référe à un document connu (et déjà cité) sur lequel apparaît ce cachet, il s’agit aussi de renforcer l’importance du Tawhid dans l’idéologie de l’EI : rien ne peut être au-dessus du nom de dieu, pas même celui de son prophète [11] .
(MàJ) Cette présentation renvoie à la pratique de certains savants musulmans, qui commencent ainsi leurs exposés ou leurs textes par l’invocation du nom de Dieu, afin que rien ne le précède, pas même celui de son prophète.
Enfin, la référence du cachet employé par Mohammed, non dans ses actes de prophète – de messager de dieu – mais en qualité de chef d’état, de diplomate et d’homme politique, est aussi un signal fort adressé à toute la communauté sunnite : le projet de l’EI est d’abord politique. Et la construction d’un Etat suivant “à la lettre” l’exemple de Mohammed en est le cœur, l’ADN même.
On constate donc que la charge symbolique de cet étendard est puissante pour les sunnites, surtout ceux qui sont influencés par le Wahhabisme, forme d’Islam qui prépare à l’idéologie jihadiste de l’EI, sur la base d’un langage et d’une conception religieuse commune.
L’analyse de la symbolique de ce drapeau est donc nécessaire pour comprendre l’ampleur de son succès en tant qu’objet marketing [12] .
Il s’agit comme certains l’ont relevé très vite, d’une “prise en otage” de symboles communs à l’ensemble des musulmans sunnites pratiquants [13] .
En effet, contrairement au réflexe classique dans toute guerre, il ne sera pas possible aux sunnites opposés à l’EI d’humilier un drapeau chargé de symboles aussi sacrés pour eux, même s’ils ne partagent pas l’idéologie et le projet politique de l’EI.
Miliciens chiites brûlant un drapeau de l’EI capturé – un acte impossible pour des groupes sunnites ennemis de l’EI.
Et même, il existe des cas de sunnites arborant ce drapeau sans pour autant appartenir ou soutenir l’EI. Les exemples abondent où des sunnites reprennent ce drapeau simplement pour son contenu, et éventuellement pour sa dimension révolutionnaire et de restauration d’une fierté sunnite mise à mal depuis des décennies, et plus récemment en Iraq et en Syrie.
Voici quelques exemples avérés où le drapeau de l’EI a été arboré dans un tel cadre, complétement différent de toute adhésion au projet et à l’idéologie de l’EI :
Manifestation anti-Assad à Idlib en mars 2016 (avec un drapeau jihadiste classique à droite).
Drapeau de l’EI à côté de drapeaux du front al-Nosra à Alep (extrait reportage UOSLP sur la Syrie).
Manifestation en mars 2016 anti-Assad où le drapeau de l’EI est brandi à côté de ceux de ses ennemis (ASL, Ahrar al-Sham et Al Nosra)
bannière de l’EI déployée à l’été 2015 dans un stade de foot par des supporters en Tunisie (appelant à l’avènement du Califat par la grâce de Dieu).
Dans un collège de Konya en Turquie, la reprise de la partie basse du drapeau avec le sceau de Mohammed
(MàJ) La puissance symbolique du drapeau a aussi amené les ennemis de l’EI à tenter de l’utiliser dans les tracts lancés à Raqqa et dans d’autres endroits de Syrie. Mais le drapeau a été maladroitement représenté dans des tracts de la coalition, soit à l’envers, soit dessiné de manière stylisée avec des gribouillages pour figurer les mots et phrases arabes.
Cette seconde image ci-dessous, a été particulièrement exploitée par la propagande locale de l’EI (dans les mosquées notamment), pour déconsidérer un ennemi en apparence incapable d’écrire correctement la Chahada.
(MàJ) Le drapeau de l’EI a dès sa création été repris par toute la mouvance jihadiste, et particulièrement plusieurs branches d’Al Qaida. En fait, par sa charge symbolique, ce drapeau a séduit bien au-delà de l’Irak et de l’EI, et il s’est répandu au sein des jihadistes de groupes très divers, parfois  ennemis.
Citons l’utilisation de ce drapeau par AQMI (voir photo plus haut), mais aussi AQPA, les Shebabs (qui l’utilisent en version fond noir, ou fond blanc), le MUJAO et Ansar Dine.
De fait, à partir de 2007-2008, ce drapeau s’est imposé comme l’emblème du jihad mondial et c’est ce qui explique qu’on puisse le retrouver dans de nombreux endroits (Palestine, Mali, Asie etc.).
Il faut donc insister sur le fait que dans des zones sunnites, le fait d’arborer ce drapeau ne signifie donc aucunement la preuve d’une allégeance avérée à l’EI.
Son utilisation par les branches d’Al Qaida interroge pourtant puisque, comme nous l’avons vu, ce drapeau a été conçu dès le départ comme un signe de rupture avec cette organisation.
Pourtant, AQPA comme AQMI vont reprendre à leur compte le drapeau et l’arborer à de multiples occasions.
Dans un nasheed antérieur à la rupture de 2013, Abu Hajar al-Hadrami, chanteur réputé d’AQPA appelle ce drapeau “Râyat at-tanzim” (soit la bannière de l’organisation, signe d’une appropriation de ce drapeau par l’organisation Al Qaida).
Il est vrai qu’outre ses qualités intrinsèques que nous avons étudiées, ce drapeau offre pour les jihadistes d’Al Qaida deux avantages :
Même après la rupture de 2013, les jihadistes d’Al Qaida vont continuer à brandir le drapeau de l’EI, car ce drapeau est devenu pour eux, non un signe d’allégeance à l’organisation concurrente, mais le symbole du jihad global. Pris au piège de l’extraordinaire charge symbolique de cette bannière, il est difficile pour AQPA ou les Shebab ou le MUJAO de changer ce drapeau et surtout pas dans le seul but de montrer leur désaccord avec l’EI. Ce drapeau dépasse aujourd’hui le simple fait d’être le drapeau de l’EI.
Son utilisation par le groupe Ansar al Dine interroge également. Il est le drapeau d’origine du groupe (de juillet à novembre 2012). Ce mouvement est considéré au sein des jihadistes comme illégitime car poursuivant des buts nationalistes et pas vraiment salafiste jihadiste.
Mais pour se démarquer du MUJAO et présenter un profil plus “modéré” lors des négociations avec le médiateur Blaise Compaoré au Burkina Faso, le groupe va changer de drapeau et prendre un emblème moins marqué par la symbolique salafiste jihadiste.
Mais en 2014, le drapeau noir de l’EI est à nouveau adopté par le groupe Ansar Dine. La raison essentielle est la volonté du groupe de se rattacher à la mouvance jihadiste et d’en récupérer une partie de l’aura et du prestige (fin MàJ).
En réalité, la signification du fait d’arborer le drapeau de l’EI est différente selon l’endroit où il est brandi. Dans des pays sunnites, cela ne permet pas de tirer de conséquences quant à l’adhésion au projet idéologique et politique de l’EI. Cela peut valoir adhésion, ou non.
En dehors des pays sunnites, comme par exemple en Europe ou sur d’autres continents, le drapeau de l’EI est clairement lié, non aux symboles sacrés qu’il porte, mais à l’organisation qui l’a conçu.
Un exemple récent en Bosnie, analysé comme la preuve d’une implantation de l’EI dans les Balkans.
capture d’écran de la vidéo posthume d’Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque de l’Hypercasher au nom de l’EI (attentats de Paris – janvier 2015).
(MàJ) En France en 2013, ce drapeau est arboré lors de conférences d’une organisation musulmane (ANA MUSLIM), comme ici, lors d’une conférence de Thomas Barnouin (dont le thème est justement la première partie de la Chahada) :
Pour terminer, il faut donc rappeler que si au Proche-orient et au Maghreb, arborer ce drapeau ne présume en rien d’une adhésion à l’idéologie de l’EI, il en est différemment en Europe, où ce drapeau est un marqueur clair de la volonté de soutenir le projet de l’EI.
La puissance symbolique de ce drapeau dépasse dans tous les cas la stricte obédience de l’EI, pour séduire toute la sphère jihadiste, et plus largement les sunnites pratiquants.
Au-delà de l’analyse de ce drapeau, source d’informations sur la nature du projet de l’EI, il convient de constater que la richesse de la réflexion sur les symboles qu’il manipule a débouché sur un réel succès marketing.
Affichette protestant contre l’indifférence de l’Occident au sort des populations syriennes de la Ghouta est, reprenant la forme du drapeau de l’EI pour attirer l’attention des médias.
Au-delà, c’est la question du “souchage” sur l’Islam d’une idéologie politique jihadiste portée à son paroxysme par l’EI qui doit interroger.
Car les éléments de différenciations vont aller en augmentant à mesure que les projets politiques jihadistes vont pouvoir être appliqués. Jusqu’à quand ce “souchage” va-t-il profiter aux jihadistes ? En d’autres termes jusqu’à quand seront-ils légitimes à manipuler aussi efficacement les symboles communs au sunnisme ?
[1]Des sources jihadistes font référence à un Hadith tiré du Sahîh d’Al-Bukhârî, recueil de Hadith considéré comme le plus sûr et auhtentique pour les Musulmans.
[2]Cette phrase est dite par le père à l’oreille du nouveau né, elle est aussi prononcée à la fin de chaque prière, et au moment de la mort. Pour appuyer cette notion d’unicité de Dieu, la profession de foi est parfois accompagnée du geste de pointer l’index vers le ciel (signe que l’on retrouve également chez les jihadistes de l’EI).
[3]Nicolle, David & McBride, Angus, Armies of the Muslim Conquest, Men-at-Arms séries Nr. 255, , Osprey Publishing,‎ 1993, pp. 22-23 ;
[4]C’est ce qui explique la querelle qui agite les Jihadistes sur l’allégeance ou non de l’EI à Al Qaida. Pour les partisans de l’EI, seule une des organisations composant le Conseil consultatif avait fait allégeance, et cette allégeance prend fin lors de la dissolution dudit Conseil (et de ses composantes). Pour les partisans d’Al Qaida, cet enchaînement qui n’est pas sans rappeler certains montages juridiques “corporate” complexes de sociétés imbriquées pour échapper à des obligations (impôts, etc.), n’est qu’un artifice pour masquer une réalité : une allégeance originelle trahie de l’EI à Al Qaida. Nous ne pouvons trancher à ce jour et faute d’informations précises sur les évènements entre janvier et octobre 2006 sur une controverse qui a dégénéré en une guerre faisant de plus en plus de morts au sein des jihadistes.
[6]Au-delà du fait que l’Iraq est le pays où il est né, l’EI se réfère clairement à la tradition du Califat abbasside de Bagdad (et particulièrement au Calife Haroun Rachid), pourtant plus tardive que celle du Califat Omeyyade, reliée directement à Mahomet mais située à Damas et en Turquie, et non en Iraq.
[7]Bagdad occupe une place symbolique importante dans l’univers jihadiste, et ce depuis l’invasion américaine de 2003, avant même la création de l’EI.
[8]choisi pour frapper de terreur et amener la victime à se rendre sans combattre. En cas de résistance, le pavillon rouge était hissé, signal d’un combat sans quartier.
[9]Qui découle des conceptions religieuses du wahhabisme qui sont à l’origine du jihadisme moderne. Voir mon billet :https://blogs.mediapart.fr/cedric-mas/blog/300815/lideologie-de-letat-islamique-1-sur-2
[10]à noter que le drapeau de l’Irak adopté en 2008 est aussi écrit en Coufique, mais moderne.
[11]Il ne nous appartient pas de définir dans quelle mesure une telle présentation (à l’envers donc de la Chahada) est encore compatible avec l’Islam tel qu’il est pratiqué majoritairement. C’est aux savants et exégètes musulmans de se pencher sur cette question importante.
[12]Ce succès a aussi été alimenté par la réaction de l’Occident, orpheline de la figure d’un “mal absolu” à combattre depuis la fin du nazisme puis du communisme, et que l’image du jihadiste habillé en noir, cagoulé, en sandale, et brandissant le drapeau de Daech, est en passe de réincarner.
Bonsoir,
Merci de votre explication.
Petit bémol sur son utilisation:
– Il fut brandit TEL QUEL par des groupes Jihadistes et des individus se réclament d’un certain sens de l’Islam, AVANT MÊME la prise de Fallujah. L’EI (alors appelé :l’Etat Islamique en Iraq) ne contrôlait aucune grande ville contrairement aux Djiahdistes du Sahel.
Déjà utilisé en 2012 au Mali par le MUJAO.
Voir à partir de 1:27 de la vidéo de L’ORTM (avec un bon plan sur feu Omar Ould Hamaha)

Et (tristement je le dis) utilisé, à la même époque par certains (au moins un) manifestants à Paris en septembre 2012, pendant la manifestation devant l’ambassade américaine _> voir entre 0:18 et 0:20 de la vidéo de France 3

Merci encore,
Continuez à écrire!!!!
“La reprise de la première partie de la Chahada, qui renvoie à l’unicité absolue du culte à dieu, a un lien direct avec l’idéologie jihadiste, qui prône un monothéisme extrémiste, rejetant tout culte associé (aux saints, aux savants, aux prophètes…), et allant jusqu’à détruire toutes les images de créatures de dieu.”
Un lien direct avec l’idéologie jihadiste ou avec l’islam (qui par ailleurs est une idéologie) ?
Le Coran interdit tout ce qui n’est pas le culte d’Allah et seulement Allah, et historiquement, les statues de la Mecque ont été détruites lorsqu’elle s’est rendue à Mahomet.
bonsoir cédric,
tout d’abord je voudrais vous signaler ce qui me semble être une coquille.
juste avant la photo qui introduit les explications sur la symbolique importante que porte la calligraphie coufique ancienne je lis: “Rappelons que l’emploi du coufique ancien, qui n’est pas l’écriture originelle du Coran (c’est le Hijazi).” ce qui n’a pas de sens ni n’apporte quoi que ce soit puisque l’information est reprise plus bas.
concernant le jolly rogers, l’expression viendrait du français “joli rouge” car une grande partie des bannières pirates était de cette couleur qui porte aussi une forte charge symbolique en terme de révolte, d’utopie égalitaire et de violence (ces points pouvant effectivement permettre une certaine comparaison avec certains groupes djihadistes).
une question: pourquoi est ce concevable pour des chiites de brûler une bannière qui porte pourtant des inscriptions sacrées dans leurs croyances aussi nan?
enfin quelques critiques: selon moi ce qui pousse les sunnites à la révolte c’est surtout que tous les portent à croire qu’ils vont perdre de plus en plus leur position dominante dans le monde musulman, la question étant plus celle du ressenti du déclin car pour moi il est évident que jamais l’Iran ni d’autres chiites ne parviendraient à dominer un moyen orient largement hostile au chiisme ni même le monde musulman dans son ensemble; c’est davantage le sentiment qu’ils ne sont plus défendus comme depuis bien longtemps (notamment en Irak où les persans ne sont plus dominants depuis le 16è) qui pousse à une telle violence les groupes fondamentalistes locaux.
d’autre part je pense que davantage d’explications auraient été nécessaires à la fin du texte quand vous légendez les images où des musulmans qui ne sont pas forcément partisans de l’ei font usage de symboles qu’il utilise pour sa bannière: rien n’indique à celui qui ignore le turc que l’affichette portant le sceau du prophète n’a aucun lien avec l’ei ni à celui qui ne connait pas le contexte que les supporteurs de foot tunisiens sont partisans d’un autre califat que celui de baghdadi… d’autre part, si idlib et alep sont effectivement exempts de partisans de l’ei dans la sphère publique, rien n’indique que les porteurs du drapeau ne sont pas des sympathisants qui appellent à la réconciliation entre les factions djihadistes contre assad (on sait qu’il reste des cellules dormantes aussi même si je doute que leurs membres seraient assez idiots pour afficher leur idéologie en en arborant les couleurs aussi ostensiblement).
pour conclure je voudrais vous remercier pour ce travail passionnant et transmettre de même ma gratitude à jean marc lafon pour ce blog si intéressant.
cordialement
ps: merci pour votre travail sur la réforme constitutionnelle, vos billets m’avaient beaucoup appris, heureusement qu’elle n’est pas elle à son terme car l’inscription de l’état d’urgence dans la constitution aurait pu avoir des conséquences catastrophiques!
Bonjour!ma question est: au est il écrit exactement sur ce drapeau noir, brandit par ces groupes? Merci de votre éclaircissement!
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